Au delà du Jeu de Rôle

Deux voies de chemins de fer avec quelques bâtiments

Je suis récemment allé à mon premier meeting de modélisme ferroviaire, un club nommé Helis qui tient des meetings tous les trimestres en moyenne. Une fréquence qui me convient, avec un club centré sur le matériel que j’ai (Märklin H0). C’était intéressant, malgré le fait que je sois un petit nouveau, et très détendu. Sur le chemin du retour (en train naturellement), je me suis demandé pourquoi je n’avais pas fait cela plus tôt.

Mon hobby principal depuis des décennies – en dehors de la programmation – a été le JdR. Le fait de passer de cela à une activité que je n’avais pas pratiqué depuis mon enfance sans le moindre regret m’a surpris moi-même, d’où les réflexions de ce billet. Je ne peux pas prétendre que le manque de temps soit le moteur principal, j’ai autant pas le temps pour jouer au jeu de rôle que pour le modélisme.

Je pense que plusieurs facteurs sont en jeu, le premier est la difficulté de faire de bonnes parties, le second est que le jeu de rôle met en œuvre des compétences que j’utilise déjà largement au travail et à la maison – un projet informatique implique pas mal d’entregent. Le soir, il faut raconter des histoires à la petite. Enfin, après près de 15 ans en dehors du monde francophone, je suis largement détaché de la communauté du jeu de rôle.

Organiser une partie de JdR implique déjà de réunir un certain nombre d’adultes dans une pièce pour une soirée, ce qui n’est pas trivial. Soit on fait cela durant la semaine, avec une contrainte de parties courtes, et de joueurs dont le cerveau est frit après une dure journée, soit on se rabat sur les week-ends, qui sont une denrée rare et précieuse. Bref, les parties sont un compromis qui n’est souvent pas très satisfaisant.

Vient ensuite la question de l’univers de jeu – c’est la richesse mais aussi la grosse faiblesse du JdR: d’un côté on veut un décor intéressant et original, de l’autre on veut faire une partie sans avoir un exposé académique avant. Je n’ai jamais réellement réussi à faire du jeu de rôle d’ambiance, le style de jeu que j’affectionne pourrait être le mieux décrit comme plan idiots, ma version de Tigres Volants était surnommé Silly-TV.

Cela ne veut pas dire que je n’ai pas essayé de développer le décor, au contraire, un de mes grands plaisirs dans le monde du jeu de rôle a été développer l’univers, que ce soit certains aspects du monde de Tigres Volants, où bien les villes un peu barges de Rêve de Dragon, ou les mondes parallèles de Convoi.

Le problème – qui n’est pas nouveau – est le manque de feedback positif. Lorsque je jouais à Rêve de Dragon, ou même Tigres Volants, chaque partie, que je joue ou que je maîtrise, était un retour, une source d’idée, de pistes à explorer. Aussi longtemps que je faisais jouer régulièrement, cela me suffisait, mais après une année à travailler en isolation sur Convoi, cette isolation draine le peu d’énergie que j’ai.

J’ai essayé de me raccrocher aux forums en ligne, même pour un jeu que j’adore comme Rêve de Dragon, j’ai de la peine. Dans le positif je mettrais mes interactions avec Jidus et sa campagne , mais c’était plus l’exception. Une bonne partie des discussions de forums concernant deux points qui m’indiffèrent : les systèmes de jeu et la .

J’ai passé bien trop de temps déjà à discuter de systèmes de jeu, et le débat me rappelle trop le thème récurrent en informatique que le problème est le langage de programmation. Un des secrets de polichinelle du milieu c’est qu’on a tous une pile de jeu de rôles qu’on a peut-être lus et qu’on ne ferra jamais jouer, donc un livre, une théorie de plus. La jeuderôlogie ressemble par bien des aspects à certaines discussions au boulot, avec une bonne dose d’égo en plus.

C’est un des aspects du jeu de rôle qui me fatigue le plus, les majuscules. Beaucoup de gens qui sont des Artistes (le jeu de rôle est-il un art ?), Créateur/trice, Concepteur/trice, avec des Idées ! Elles aussi à majuscules – c’est déjà pénible avec les gurus de l’informatique, je n’ai pas besoin d’une deuxième couche après le service. J’aimerais pouvoir affirmer que mon départ des forums est motivé par les différents scandales qui secouent le Landerneau rôliste, mais la vérité est que j’avais décroché il y a bien longtemps…

Avec le modélisme, je construit aussi des mondes, c’est une activité largement manuelle (ce dont j’ai besoin), qui implique des compétences que j’ai plaisir à redécouvrir (l’électronique notamment). Comme le faisait remarquer Antoine, du jeu de rôle sans rôlistes…

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