Convoi – Felsenstein

Industrial Winter – Carl Jones

Un élément important dans un univers de jeu de rôle est la base, un endroit neutre qui puisse servir de point d’eau pour les personnages. Idéalement cet emplacement devrait être un bon point de départ pour les scénarios et représentatif de l’univers.

Pour Convoi, il me fallait une grande gare située à une époque Dieselpunk. Mon idée initiale était de n’avoir dans ce monde que la gare, mais au fur et à mesure que se développait l’univers, je voulais éviter d’avoir des micro-réalités, c’est une construction très pratique pour les scénarios, et très utilisée dans Rêve de Dragon (micro-rêves), mais cela tend à rendre les mondes un peu irréels, quelque chose de parfaitement acceptable pour un jeu onirique, mais problématique dans ce cas précis.

Je voulais quelque chose de plus moderniste que le monde de Delicatessen, mais sans tomber dans le futurisme des années 50. Alors que je recherchais des références visuelles sur le style Dieselpunk, je suis tombé sur la collection Post War de Knapp qui m’a donné un ancrage visuel. Ainsi est apparu l’idée de Felsenstein, une gare isolée dans un monde où la seconde guerre mondiale s’est terminée par un hiver nucléaire. En un sens, cette ville est le contrepoint de Tunis Gare centrale. C’est aussi le point d’arrivée du scénario d’introduction.

Le Monde

Felsenstein est une ville située sur une terre alternative où la second guerre mondiale, appelée la très grande guerre a duré de 1939 à 1946. En l’absence d’alliance, les armées russes et américaines se sont rencontrée de plein fouet et Europe centrale et la guerre s’est terminée avec une série de largages de bombes atomiques. La région est à présent une zone dévastée prise dans un hiver nucléaire et les températures dépassent rarement les dix degrés. La végétation se limite à des forêts de conifères et la majorité des survivants s’est exilée, ne laissant qu’un grappe de villes liées par un important réseau ferroviaire.

La guerre s’étant terminée sur une armistice vague, et 20 après, en 1966, le moyen de transport dominant reste le rail, les échanges avec le Royaume Uni et les États-Unis sont limités. C’est un des rares mondes où l’existence des passages est connue du grand public, on soupçonne qu’ils ont eu une grande influence sur le déroulement de la guerre.

La région

Felsenstein est une ville située dans la région des alpes qui fut la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche, la ville est devenu un nœud ferroviaire, mais surtout un nexus de passages – de nombreuses voies aux alentours de la ville, et parfois dans la gare même sont des grandes aiguilles. La ville ne survit dans ce monde hostile que grace au commerce. Les vallées alentours ont été transformées en bassins d’accumulation, qui alimentent un labyrinthe de barrages électriques, tous sillonnés de lignes de chemin de fer. Les montagnes alentours sont hérissées d’antennes et généralement nimbées dans les nuages.

La ville

Felsenstein est la juxtaposition de trois villes  : d’abord la ville originelle, une vielle-ville de maisons à colombages sertie dans des vieux remparts formant un triangle entre l’église baroque, la gare et le château, autour d’une ceinture de maisons dans le style XIXe. La seconde ville est celle qui s’est développée depuis la fin de la guerre, structures art-déco dans de gigantesques cavernes creusées à même la montagne, c’est là que se trouvent les industries de la ville, notamment les fonderies qui réparent et construisent les trains qui sont la ligne de vie de la ville.

La troisième ville se situe dans le dédale de voies qui entourent la ville : il y a à tout moment un grand nombre de convois stationnés à Felsenstein, attendant que les wagons soient triés, les passages embarqués ou débarqués, l’équipement réparé. Des petites boutiques et des gargotes ont été construites entre les voies, ou dans les passages souterrains sous celles-ci. Si l’endroit est officiellement dirigé par la Felsenstein Bahn-Polizei (FBP), elle n’intervient que très rarement, il règne sur les voies une trêve entre les différentes factions et rares sont ceux qui la violent.

La technologie est un largement limitée par ce qui peut survivre aux passages, on y trouve donc des pièces et des matériaux avancés importés d’autres mondes, mais pas d’électronique. Les techniques les plus avancées concernent les serres ou sont produit le peu de nourriture locale et tout ce qui a trait aux trains : nombreux sont les convois qui viennent à Felsenstein faire une révision, ou obtenir des améliorations. La mode est plus proche de celle des années 40, austère ; même si la guerre est terminée, la vie est rude.

Le commerce est le moyen de subsistance de la ville, qui ne saurait survivre en autarcie, mais les passages entre les mondes sont plus qu’un moyen de survivre : les habitants ont en horreur la guerre et envoient régulièrement des trains pour emporter les réfugiés issus des conflits dans les mondes accessibles vers des univers plus cléments. Si les autorités de Felsenstein insistent sur le fait que cette action est purement humanitaire, nombreux suspectent qu’il y ait anguille sous roche.

Industrial Winter © Carl Jones, CC BY-NC 2.0

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