Incendies

Affiche du film Incendies de Denis Velleneuve

Le cinéma Riff-Raff est un endroit très sympa à Zürich, bien situé, on y passe régulièrement des films qui ne sont pas issus d’Hollywood, notamment des films en français. C’est là que j’avais déjà vu Persepolis et l’Illusionniste, hier j’ai été voir Incendies de Denis Villeneuve d’après une pièce de Wajdi Mouawad. Le film retrace la vie d’une Libanaise exilée au Québec, au travers des explorations de ses deux enfants. Le film commence avec la lecture du testament de la mère et recompose la vie de Nawal Marwan à travers une série d’épisode, chacun (sauf le dernier) portant le nom d’une des personnage. La guerre du Liban est présentée à travers ce prisme.

Incendies est un film dur, ce qui n’est pas étonnant vu les événements dont il parle – mais le rôle de la politique y est très secondaire, la vie de l’héroïne en est le centre de gravité, avec, en écho, la quête de Jeanne, sa fille pour redécouvrir cette histoire. C’est un très beau film, même s’il a quelque faiblesses. Si les rôles de Nawal (Lubna Azabal), Jeanne (Mélissa Désormeaux-Poulin), et du notaire (Rémy Girard) sont convaincants, j’ai eu plus de problème avec l’acteur qui jouait Simon, le frère de Jeanne (Maxim Gaudette), d’abord je n’ai pas trouvé le fait qu’il soit le fils de Nawal Marwan et du père mystérieux crédible, simplement pour des raisons d’apparence physique, ensuite c’est un personnage plus intérieur, qui a mon avis aurait pu être mieux joué / rendu.

Le second point faible, pour moi, est au niveau du montage. Le film est long: 130 minutes, et surtout j’ai eu l’impression qu’il est long (ce qui est plus un problème), je pense que le film aurait bénéficié d’un montage un peu plus serré, qu’on enlève certaines longueurs. J’ai adoré les plans larges des collines au Liban, et le contraste avec les sinistres immeubles au Québec était intéressant, mais je pense que faire cette juxtaposition une seule fois aurait suffit. J’ai trouvé l’idée des plans de la piscine intéressants, mais un peu brouillons. Finalement je ne suis pas entièrement convaincu par le découpage en épisodes, qui sont un peu artificiels à mon sens. Avant d’entrer dans la salle, je ne savais pas que ce film était basé sur une pièce de théâtre, mais quand cette information est apparue dans le générique de fin, je me suis dit évidemment.

Malgré tout c’est un très bon film qui porte une lumière intéressante sur un conflit qui fut pour moi le premier dont je vis des images à la télévision. Si vous avez l’occasion de le voir, ou d’acquérir le DVD, je vous le conseille chaudement.

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