Politique quantique

Il faut toujours un certain temps pour qu’une théorie physique ou mathématique filtre dans la culture générale. La théorie qui semble être en train de filtrer en ce moment est celle de la mécanique quantique. Évidemment, le fait que personne ne comprenne réellement cette théorie n’aide pas à sa diffusion de manière rationelle. Il faut dire qu’elle va à l’encontre de beaucoup d’intuitions sur notre monde. Néanmoins, la théorie quantique ouvre au moins une option dans les modes de réflexion, celle de réfléchir à un quelque chose de plusieurs manières en apparence contradictoires. Naturellement, ces apparences ne sont contradictoires que dans la mesure ou les modèles que nous avons pour appréhender la réalité sont limités.

Un domaine ou cette approche pourrait aider beaucoup est le domaine politique ou s’affrontent sans cesse deux manière d’appréhender la société, la première par des moyens quantitatifs et statistiques, la seconde par des principes généraux et des idéaux. Les deux manières sont à mon avis tout aussi limitées. La première tend à réduire un problème la complexité des activités humaines, et le caractère particulièrement non linéaire des réactions: un petit pourcentage dans une statistiques peut avoir de grand effets. La seconde approche tend à donner des politiques qui sont émotionellement et intellectuellement satisfaisante, mais n’ont souvent totalement inopérante dans une réalité différente du monde idéal sur laquelle elle est basée et ignorent tout simplement la réalité quantitative.

Je n’ai pas l’impression que cette différence corresponde à la séparation traditionelle gauche-droite, chaque mouvance politique a un certain nombre de centres d’intérêts, les choses proches de ce centre ont tendance à être comprises avec de grand principes, alors que les activités distantes sont comprises en termes statistiques et réduits à de simples processi dont on préfère ignorer la mécanique profonde. L’approche reste la même, simplement les pôles sont différents et les détails des antipodes tendent à devenir des sujets tabous. Ainsi le débat politique est simplifié et polarisé, ce qui simplifie probablement les discussion, mais garantit une totale absence de progrès.

En un sens, les deux approches, toute opposées qu’elles soient, partagent la même hérédité, que ce soient les grand principes sous-jacents à la pensée politique, ou les outils statistiques typiquement utilisés pour justifier telle ou telle politique datent au plus tard du XIXe siècle, époque ou la physique de Newton régnait de manière souveraine…

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