Musée Wagi

Intérieur du musée Wagi

Si on regarde Zürich en 2023, le fait que la ville était un hub industriel il y a 40 ans n’est pas totalement évident. Pourtant, après la seconde guerre mondiale, la ville était entourée d’usines de poids lourds du domaine ferroviaire: la MFO à Oerlikon, la SLM à Winterthur et la Wagi (Schweizerische Wagons- und Aufzügefabrik) à Schlieren. La SLM était spécialisée dans la fabrication de locomotives, la MFO l’équipement électrique et la Wagi la fabrication de wagons. Les trois entreprises ont disparus après la désindustrialisation des années 80, même si des éléments de ces entreprises ont été repris, qui par Stadler, qui par Alstom ou Hitachi.

Si Oerlikon et Winterthur sont devenus des endroits cools, et les halles des usines converties en salle de spectacle, en centre culturel ou commercial, Schlieren a une situation moins centrale, et l’immense complexe de la Wagi est resté une zone largement industrielle, une large partie des bâtiments a été détruite et remplacée. Un groupe de passionnés avait entrepris la construction d’un musée dédié à cette entreprise dans un des anciens bâtiments – la chaufferie. J’avais remarqué le panneau depuis le train – le complexe ayant naturellement été construit à proximité des voies – et suivi le projet depuis. Le musée a finalement ouvert en 2022, même si ce n’est que deux après-midi par semaine, le mercredi et le dimanche. Nous y sommes allé le mois dernier.

Si le musée est très visible depuis le train, son accès est un peu compliqué, vu qu’il est niché au fond d’une zone industrielle. Depuis la gare, il faut marcher presqu’un kilomètre pour y arriver, ce qui donne une idée de la taille qu’avait la Wagi, mieux vaut prendre le tram jusqu’à l’arrêt Wagonsfabrik. Nous nous y sommes rendus à vélo.

D’entrée, le fait qu’il s’agit d’un musée tenu par des volontaires s’est imposés : tout le personnel était assis devant l’entrée, et nous a donné un service royal, des crayons pour les enfants, un guide. Le rez-de-chaussée, qui décrit les origines, est clairement plus abouti, on y voit l’usine de carioles à cheval qui se convertit à la nouvelle technologie, l’évolution du chemin de fer, mais aussi les tentatives de percer dans l’aéronautique – un échec qui se soldera avec un avion planté dans un toit de la ville, les contrats avec l’armée suisse pour la fabrication (secrète bien sûr), de pièces d’avion de combat, la fabrication d’ascenseurs. La Wagi avait été rachetée en 1960 par l’entreprise Schindler, qui fabriquait aussi des wagons de chemin de fer et des ascenseurs.

Le premier étage du musée est beaucoup moins abouti, la section sur les ascenseurs n’était pas encore accessible, et celle avec le matériel ferroviaire est clairement en devenir. Il y a néanmoins des choses intéressantes : un modèle complet du complexe (à l’échelle N), des sièges de première classe, le poste de conduite d’une automotrice. Il y a d’ailleurs une automotrice complète stationnée devant la musée.

Bref, un petit musée sympa. Je ne pense pas qu’il justifie une visite à Zürich, mais si on est dans le coin un dimanche après-midi, il contient des pièces très intéressantes et les volontaires du musée sont très sympathiques.

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