Nouvel opera

Opéra de Zürich

Beaucoup d’encre virtuelle a coulé au sujet du nouveau Star Wars, ce qui m’a frappé c’est que ce film raconte de facto le même scénario que la version précédente du film.

De fait, Star Wars n’est pas un cas isolé. Les films de James Bond ont toujours raconté la même histoire, dans le dernier opus on retrouve aussi l’antagoniste. On glisse lentement de la série perpétuelle vers le reboot infini.

La raison principale de cette transformation est probablement financière, il est bien plus facile d’attirer les gens vers un spectacle s’ils ont un investissement émotionnel dans les éléments, qu’ils connaissent déjà les personnages. Les comités de scénaristes recyclent donc tous azimuts, et densifient le tissus émotionnel : tout les personnages ont des liens familiaux.

On pourrait parler de décadence, mais il se trouve qu’il existe des formes d’art ou on répète toujours la même histoire, et où les personnages sont souvent liés par le sang : le théâtre et l’opéra.

L’opéra me semble très pertinent vu l’importance de la musique et des thèmes musicaux dans les films hollywoodiens. John Williams s’est d’ailleurs très lourdement inspiré de morceaux classiques.

Certains films pourraient déjà être traités d’opéras parlés, et dans un contexte global, la proportion de spectateurs comprenant l’anglais est probablement similaire à celle du public des opéras comprenant l’allemand ou l’italien.

9 thoughts on “Nouvel opera”

  1. Rien d’étrange. Lucas suit fidèlement la théorie du monomythe, présentée par son défunt ami George Campbell dans « Le héros aux mille [et un] visages » : tous les voyages des héros ont le même schéma archétypal.

    • Oui mais de là à réutiliser le schéma robot porteur de secret / fuite d’une planète déserte / canon de la taille d’une planète / destruction par un point faible qu’aucun ingénieur digne de ce nom n’aurait laissé passer…

      • Tu m’as eu ! Je n’ai pas vu le nouvel épisode et je ne savais pas qu’il n’était pas réalisé par Lucas…

        • Oups, désolé pour le spoiler… mais ça n’est pas vraiment là que réside les Questions Existentielles du film.

          Le schéma archétypal est tellement courant (après tout, dès qu’il y a une histoire, il y a un personnage qui évolue, et le jeune homme qui évolue auprès d’un maître et surmonte différentes épreuves , c’est un peu notre vie à tous dans un sens), et doit concerner 80% de la production d’Hollywood, mais seule une toute petite partie rentre dans la série perpétuelle que décrit Thias. Il y a vraiment une volonté de ne pas sortir d’un cadre « rentable » et de refuser la moindre évolution ou originalité.

        • Maintenant que j’y pense : il y a une différence entre un opéra et les séries à reboot perpétuel. Dans l’opéra, c’est la musique justement qui prime, l’histoire est un peu accessoire, et une resucée des grands classiques suffit. Surtout dans ce milieu un peu conservateur (je fais peut-être dans le cliché, là).

          Tandis que les films d’Hollywood sont quand même censés être vus pour autre chose que la musique, ce ne sont pas des comédies musicales ! Ou alors on pourrait considérer qu’à la place de la musique ils proposent une autre forme d’art (le truquage vidéo, le monde de synthèse, le cataclysme sur grand écran) et l’argument devient accessoire — c’est après tout le thème de pas mal de films à gros budgets récents !

          • Il fut un temps où les effets spéciaux étaient un argument de vente. Les éléphants sur la scène d’Aïda, par exemple.

          • Je n’y connais rien en musique classique ni en opéra, mais ça ne m’étonnerait pas que Aïda soit pour les amateurs l’équivalent de Star Wars pour un cinéphile averti : un bon produit pour la conso de masse, en aucun cas un truc un truc original ou vrai amateur :-)

    • En fait tu viens de démontrer que Star Wars n’est pas de la science-fiction, où l’imagination et éventuellement la science sont censés jouer le premier rôle. Mais on le savait déjà en fait.

  2. Thias, oui mais non.
    Comme il t’a déjà été répondu, il n’y a rien de nouveau dans tout ça, bien au contraire, et tu oublies tout simplement presque toute l’histoire de la littérature dans ton analyse. :-)

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