Une autoroute dans le Mordor

Une route abandonnée dans le lit d'une rivière avec au fond une palmeraie

Comme il n’y a pas de vol direct Zürich – Hyderabad, nous avons décidé cette fois-ci de faire escale à Oman, en nous laissant le week-end pour nous y reposer, et visiter un peu le Sultanat. Le samedi nous avons visité la vieille ville de Muscat et son marché, et le dimanche nous sommes allés en voiture jusqu’au barrage Wadi Dayqah.

Le vieille ville de Muscat est un vieux port traditionnel coincé au milieu des constructions et des palais récents, le bord de mer est à présent une promenade au parapets de marbre avec de nombreux jardins, pour la plupart déserts. Sur le marché, les marchandises sont prévisibles, épices, encens, on tente de nous vendre des Pashminas, paradoxes pour des clients qui vont en direction de l’Inde. Il n’en reste que la vieux port a une petite ambiance de port pépère qui n’est pas sans rappeler la Méditerranée.

Rochers depuis le lit de la rivière

Le voyage jusqu’au barrage fut beaucoup plus surprenant. Lorsqu’elle quitte Muscat vers le sud, on traverse une une chaîne de montagnes ; ce qui m’a frappé, ce n’est pas tant la hauteur de cette chaîne que la manière cavalière dont l’autoroute s’y faufile, comme une simple route de montagne, là où en Suisse l’on aurait construit un tunnel.

Les montagnes ont débouche sur un paysage étrange, une pleine désolée dans laquelle on semble avoir projeté des immenses roches verdâtres. Il n’y a pratiquement aucune végétation, quelques buissons. J’ai réellement eu l’impression que quelqu’un avait décidé de construire une autoroute dans le Mordor.

Alors qu’on s’approche du barrage, l’autoroute s’est changée en simple bande de bitume qui traverse les villages, point d’achoppement entre les automobilistes qui vont souvent à 100 Km/h et les villageois qui tentent des les ralentir à coup de dos d’ânes, sur les côtés de la route, des empilements de rochers pour éviter que les voitures ne passent à côté des ralentisseurs.

Le barrage ne produit pas de courant électrique, ici le pétrole est abondant et l’eau précieuse, il ne sert qu’à capter l’eau pour les villes alentours. L’endroit comporte naturellement aussi un petit parc, avec vue sur le lac artificiel. C’est un lieu de pic-nique populaire : l’air y est frais et la vue très belle. Pourtant j’ai trouvé le lit de la rivière, en contrebas du barrage, bien plus beau, on y voit une palmeraie, des dattiers si j’ai bien compris.

Visiblement l’accès à cet endroit n’est pas une priorité pour les autorités: l’ancienne route qui predate le barrage est partiellement détruite, et c’est un mauvais chemin de terre battue qu’il faut emprunter. Ici point de banc, ou de buvette, ce n’est pas très grave, les rochers sont magnifiques, et l’on imagine sans peine qu’ils pourraient receler une caverne secrète.

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