Le propre de l’humain…

Coureur Humain

La question de ce qui distingue l’homme (et la femme) des diverses créatures qui nous entourent est probablement une des plus anciennes. Je suppose que c’est une question importante, mais c’est à mon avis surtout une occasion de dire beaucoup de bêtises. Certains ont proposé le rire, mais quid de la hyène? D’autres ont proposé l’intelligence, ou la raison – ce qui prouve qu’ils ne regardent pas tellement les nouvelles à la télévision. Même en faisant abstraction de cela, l’intelligence est quelque chose de si mal défini que c’est un critère très nébuleux. Pour qu’une activité intellectuelle soit considéré comme un discriminant véritable entre humains et animaux il faut non seulement qu’aucun animal n’en soit capable, mais qu’en plus qu’un quidam kidnappé par des savants chinois, incarcéré et quelque peu passé à tabac (c’est une bonne approximation de ce va supporter un animal qui sera soumis à un expérience) en soit capable. Ça exclu définitivement la philosophie, les mathématiques et les échecs.

L’autre problème de cette concentration sur l’intelligence c’est qu’en vertu du sempiternal dualisme cela conforte les gens dans l’idée qu’ils sont des animaux lamentables, c’est à dire que les capacités physiques des humains sont négligeables. Comme le dit Calvin à Hobbes: No retractable claws, no opposable toes, no prehensile tail, no fangs, no wings… *sigh* (pas de griffes rétractables, pas d’orteils opposables, pas de queue préhensile, pas de crocs, pas d’ailes… *soupir*). Cela fait que les gens ont tendance à sourciller quand on leur affirme que les humains sont de meilleurs coureurs que les chevaux. C’est pourtant le cas – et la raison que les amérindiens ont pu capturer des chevaux dans des plaines. Les chevaux sont surtout des sprinteurs, mais il ne peuvent pas galoper très longtemps, alors que les humains peuvent courir admirablement longtemps, jusqu’au point où le cheval est épuisé.

Antoine m’a donné un lien sur un article intéressant sur la question (en anglais). Chaque année a lieu une course entre des cavaliers et des coureurs à pied sur un trajet de 35 Km. En 2004, pour la première fois, un coureur a gagné la course. Des chercheurs des universités de Havard et de l’Utah se sont mis en tête d’analyser la constitution humaine et sont arrivés que les humains sont, de par leur structure, de très bon coureurs.

6 thoughts on “Le propre de l’humain…

  1. En cours de théologie, mon prof avait donné un autre élément de distinction : les hommes construisent des outils.

  2. Les animaux se fabriquent des outils, les chimpanzés des lances notamment. Et comment considérer les barrages des castors, sinon comme des outils avancés pour pêcher?

  3. Je vois plutôt les barrages des castors comme des nids d’oiseaux. Quand aux chimpanzés, est-ce qu’ils les fabriquent vraiment ? Mais cela n’empêche pas qu’il s’agit d’une limite floue.

    Sinon on peut aussi proposer le traitement des morts.

  4. On peut probablement avancer que :

    l’art (i.e. le plaisir de faire un truc qui ne sert à rien, si ce n’est qu’il est “beau” pour le créateur de l’oeuvre / les témoins de l’oeuvre)

    ET

    les rites funéraires

    sont très caractéristiques de notre espèce.

    J’ai mis un ET pour corser le travail de mon éventuel contradicteur. Car il faudra me trouver une espèce animale qui danse/chante/peint/sculpte/creuse/etc… pour le plaisir de la chose ET qui accompagne la fin et/ou entretien le mémoire de ses ancêtres au travers de rites plus ou moins codifiés.

    Sinon, hormis l’Humain, qui est capable d’exterminer/torturer sa propre espèce de façon aussi méthodique et élaborée? Et ce même si il n’y as pas lutte pour la survie d’un (groupe d’) individu de ladite espèce (alimentation, espace territorial, reproduction, etc…)?

    Les fourmis se battent, certes, mais c’est une espèce contre une autre, non?

  5. Il y a des oiseaux qui font des arceaux de séduction – cela a un but reproductif, mais bon, je me demande combien d’œuvres d’arts ont été motivées par les mêmes raisons.
    Les insectes sociaux, comme les fourmis ou les abeilles se battent entre nids/ruches, même de la même espèce.

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