Deux wagons dotés d'attelage court

Attelage long, attelage court

Deux wagons dotés d'attelage court

Un des mystères des trains Märklin de mon enfance étaient les rails gris, c’était des rails compatible Märklin (ce qu’on appelle aujourd’hui les voies M), mais dont la chaussée était d’un gris uniforme au lieu du mélange de bruns. Je n’ai appris que récemment que c’étaient les voies de la marque Primex, une sous-marque à bas pris de Märklin, destinée à la vente dans les super-marchés. En Suisse, il n’y avait que Märklin.

D’après ce que j’ai compris, Märklin maintient trois lignes de produits à l’échelle H0, plus ou moins compatibles :

  • les produits adultes, avec une limite d’âge de 15 ans.
  • la ligne Start-Up qui contient des trains simplifiés et plus robustes, avec une limite d’âge de 6 ans.
  • la ligne My world qui pour les enfants de 3 à 6 ans, avec des trains alimentés par pile, des rails compatibles, mais dénués de conducteurs, et un système d’attelage différent.

Deux wagons reliés par un attelage long (classique)Quelle sont les différences effectives entre des wagons adultes et des wagons Start-Up ?

Mon coffret de démarrage était le № 29711 Service de la voie de la Bundesbahn, un produit adulte, j’ai acheté le coffret de wagons № 44803 Coffret de wagons marchandises “Chantier”, un produit Start Up. Ce qui est intéressant c’est que les deux coffrets offrent des wagons similaires, un wagon plat avec un véhicule, un wagon citerne et un wagon couvert ce qui rend la comparaison plus facile.

À première vue, la différence n’est pas très frappante, la qualité des wagons Start-Up ne fait pas cheap, on est loin des wagons à bas coût de Lima de mon enfance. La différence la plus frappante est un autre sujet qui était une technologie du futur dans mon enfance : l’attelage court.

Les (vrais) trains tournent en général mal, ils ont un très grand rayon de courbure, en particulier les longs wagons à bogies. Pour des raisons de place, les modèles réduits ont virages bien plus marqués, mais cela fait que le système d’attelage ne peut pas fonctionner de manière réaliste : si les tampons se touchent, ils pousseront le wagon vers l’extérieur dans un virage, ce qui causera un déraillement. La solution classique est un attelage long, qui laisse beaucoup d’espace (irréaliste) entre les tampons.

Vue du châssis d'un wagon start-up
L’attelage court consiste à avoir un mécanisme d’attelage court en ligne droite, et long dans les virages, ce qui implique un peu de mécanique, décrite par la norme . Les wagons normaux (première image) disposent de cet attelage court, les wagons Start-Up (seconde image), non. La différence est plus frappante avec les wagons voyageurs à deux bogies qui sont typiquement liés par des soufflets, sans attelage court, ils ne se touchent pas.


Là où la différence de finition entre les deux lignes de wagons est plus visible, est si l’on regarde la partie inférieure des wagons. La version Start-Up (troisième image) est beaucoup moins détaillée. Sur la version adulte on distingue bien plus de détails : structure des fixations de roues, tampons, les nervures des planches en bois du chassis. Il faut quand même admettre que c’est une partie du modèle qu’on ne devrait normalement pas trop voir.

Ces deux images permettent aussi de voire d’une part la mécanique de l’attelage court, et l’autre la différence d’attelage, le wagon Start-Up possède un crochet Relex du même type que celui des wagons de mon enfance, l’autre un crochet plus complexe et plus large.

Locomotive Diesel V 80, locomotive à vapeur série 23, wagons Silberling.

Modélisme ferroviaire

Locomotive Diesel V 80,  locomotive à vapeur série 23, wagons Silberling.

L’automne dernier, mon épouse m’a offert pour mon anniversaire un coffret de train . C’était un cadeau inattendu mais qui m’a fait très plaisir, je suis fasciné par les trains et cela faisait bien 30 ans que je ne n’avais plus joué avec un train miniature. Si c’est la même marque et la même échelle (H0, 1:87) que j’avais enfant, pas mal de choses ont changé: le contrôle numérique qui était de la technologie très avancée est à présent la norme, les rails ont à présent un ballast en plastique et un système de clip avancés, les rails sont plus fins.

J’ai profité des vacances en Croatie pour me remettre à jour, comme dans beaucoup d’industries, il y a eu une grosse vague de consolidations : Märklin a racheté Trix, pour se retrouver intégré dans le groupe Simba Dickie, Lima, Rivarossi, Arnold, et Jouef on fusionné pour ensuite se faire racheter par Hornby.

Plus intéressant, il y a eu un gros effort de standardisation, évidemment il un organisme de standards nord-américain () et un organisme européen ( qui émet les normes ). Ces normes incluent les écartements, la forme et les dimensions des essieux, les décodeurs, les attelages, et les fiches de connections pour les attelages, les prises de décodeurs, mais aussi les époques (je suis né à l’époque (Suisse) IVa nous sommes à présent dans l’époque VI.

Un standard qui a retenu mon attention est celui de module. J’en avais déjà vu en application au Salon du Jeu et la Maquette lorsque je m’y étais rendu pour y démarcher le Tinkle Bavard, le concept s’est développé depuis. L’idée est de construire un modèle de réseau ferroviaire en assemblant des modules construits par différentes personnes. Les connections entre modules sont standardisées : les dimensions du caisson et la position des voies est définie. Les modules sont conçus pour être transportables et ainsi assemblé lors de conventions.

S’il y a 30 ans la partie statique de la maquette m’intéressait peu, je trouve à présent cette idée beaucoup plus séduisante. Peut-être que c’est l’âge, peut-être mon passage au Japon, mais j’éprouve une grande admiration pour les dioramas ferroviaires. Comme mon intérêt pour le jeu de rôle semble d’essouffler, c’est peut-être une autre forme de narration pour moi. Plutôt que de raconter mes histoires de trains Dieselpunk, pourquoi ne pas les mettre en scène ?

Il existe évidemment de nombreux standards de modules, selon les pays, les clubs. La plupart ont comme but en grand réalisme et demandent des soins et une attention aux détails qui me dépassent de loin. Ils sont aussi pour la plupart basés sur des voies en courant continu (Märklin est en alternatif). Celui qui a retenu mon attention est le standard qui a l’avantage d’être simple et basé sur les voies C de Märklin (celles que j’ai). Le club qui le supporte a sa base près de Zürich.

Au delà du décor, j’ai réalisé qu’il était possible de fabriquer ses propres wagons grâce à une imprimante 3D, voici par exemple les données pour un petit wagon de marchandises à deux essieux. Ici toutes les pièces sont imprimées en plastique, mais il est possible de commander essieux et crochets en lignes vu qu’ils sont standardisés.

Mieux que Märklin…

Capture d'écran - site web swisstrain.ch

Un des intérêts du web, et des systèmes distribués en général, c’est la possibilité de connecter plusieurs sources de données. Quand cela est bien réalisé le résulat est réellement plus que la somme des parties. Quelqu’un a connecté Google maps avec les données du CFF pour créer un site qui affiche en temps réel la position des trains sur une carte (nécessite Firefox), c’est littéralement fascinant.