Zürich à l’usage des français

1895 Viennese Archetype – Switzerland – Creative Commons

Cela fait à présent quatre ans que je vis à Zürich, et je me suis retrouvé plusieurs fois à essayer d’expliquer la ville a des nouveaux venus Français. Si on peut trouver beaucoup d’informations sur la wikipédia, celle-ci ne met pas en avant ce qui est différent.

Commençons par ce que Zürich n’est pas. Zürich n’est pas la capitale de la Suisse, c’est le centre économique, mais si la ville a une certaine influence culturelle, ce n’est pas elle qui dicte la culture dans le reste du pays. Zürich n’est pas non plus une grande ville, l’agglomération complète atteint péniblement un million d’habitants, ce qui correspond à peu près à la ville de Toulouse. Cela ne veut pas dire que la ville soit provinciale : il y a une importante vie culturelle, un aéroport avec des vols inter-continentaux, et une visibilité internationale.

Enfin, Zürich n’est pas une ville allemande : si la langue dominante s’apparente à l’allemand, le visiteur teuton est généralement surpris par l’importante influence francophone. Enseignes de boutiques et publicités utilisent sans vergogne des vocables anglais et français, les empires francophones et anglophones ayant eu, à leur tour, une importante influence culturelle.

Le plus simple pour expliquer la ville à un rôliste, est de lui faire considérer une uchronie, une cité où aucun évènement politique depuis l’arrivée au pouvoir de Louis XIV ne s’est produit. L’édit de Nantes n’a pas été révoqué, les guildes n’ont pas été abolies:  leurs armoiries ornent les restaurants qui leur servent de base, et elles défilent une fois l’an dans la ville. Il n’y a pas eu de centralisation de l’état, les gens parlent le dialecte de la cité.

La révolution n’a eu que des effets limités, même si les armées révolutionnaires y ont combattu les forces autrichiennes par deux fois. On utilise encore aujourd’hui une unité monétaire calquée sur le franc germinal, même après qu’il ait été renommé, dévaluée, et aboli. La ville n’a été touchée par les deux guerres mondiales que par erreur, et le modernisme urbain de l’après-guerre n’a fait que peu de dégâts : il y a peu d’immeubles élevés et dans les rues circulent encore aujourd’hui tramways électriques et trolleybus.

2 thoughts on “Zürich à l’usage des français”

  1. J’aime beaucoup l’explication concernant l’uchronie, c’est joli et ca laisse rêveur…

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