Vallée de Tōno

Temple Tōno umedori-sama

La plupart des gens qui visitent le Japon se concentrent sur l’axe Tōkyō – Kyōto, pourtant mes meilleures expériences du Japon se situent loin de cet axe. Durant ce voyage, l’endroit qui m’a laissé le meilleur souvenir est la petite ville de Tōno. Littéralement le nom (遠野) signifie «champ lointain», est surtout connu par les Tōno Monogatari, un recueil de légendes populaires compilées par Yanagita Kunio.

Dans cette vallée les Kappa, sortes de génies des eaux facétieux sont omniprésents, c’est un des rares endroits du japon où l’ont trouve encore des fermes aux toits de chaume, et les temples shinto ont quelque chose de plus brut, de plus vivant, comme celui ou sont exposés des centaines de poupées colorées (galerie de Photos).

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Ces endroits reculés sont aussi l’endroit où l’on mange bien. On mange généralement bien au Japon, mais là on mange mieux. Je suis descendu au Minchuku Tōno, un petit minchuku qui ne paye pas de mine. Dès le moment ou je suis descendu dans la salle commune pour le repas du soir, j’étais heureux : un atre central au milieu des tatami ou des poissons embrochés grillaient lentement sur des braises de charbon. Lorsque l’hôte est venu prendre la commande des boissons (le menu est fixe), j’ai demandé une bière, et il m’a expliqué qu’il n’avait que la production du brasseur local : Tōnobräu. Les brasseries locales sont assez communes au Japon, durant mon précédent voyage nous avions visité une petite brasserie à Yudanaka, dans la préfecture de Nagano. Dans le cas de Tōno, la bière Zumona est réellement bonne et n’a rien à envier au bières européennes, j’ai particulièrement aimé la Weizenbier. On sent que la bière est prise au sérieuse lorsque les brasseurs savent où mettre l’umlaut dans le mot « Bräu ». Le repas commence et les plats se succèdent : soupe, salaisons, sashimi, et surprise, un plat de fromages et de viande séchée. À ma grande surprise, le camembert avait du goût et était bon. De même, la viande séchée avait un léger goût de noisette comme du Jamón serrano. Quand j’ai complimenté le cuisinier (qui faisait aussi le service), il m’a expliqué qu’il faisait lui même son fromage et sa viande séchée et son salami dans sa cave.

Le lendemain soir j’ai eu droit à une terrine, là encore faite maison. Si la nourriture n’était pas absolument parfaite, elle concurrençait sans problème ce que j’ai mangé dans des restaurants bien plus chers et cotés. Après le repas, nous avons un peu discuté, notamment sur la terrine qui était trop aqueuse à mon avis, il ne fait aucun doute que la qualité de la cuisine va encore s’améliorer : raffiner une technique est quelque chose que les japonais font particulièrement bien.

Dans tous les cas, je préfère l’ambiance de ces salles communes où l’on mange en yukata à celles des restaurants gastronomiques. Si j’étais un cuisinier français, je me ferais du soucis.

3 thoughts on “Vallée de Tōno”

  1. Je suis tout à fait d’accord. C’est dans des petites vallées aux alentours de Kanazawa, que j’ai retrouvé des ambiances dignes de Totoro.

    Tes récits et tes photos me rendent très nostalgique…

  2. je ne suis pas tout à fait certain d’avoir compris le paragraphe sur la bière, problème de copier-coller ?

    en tout cas je suis impatient de prendre l’avion. je pense que pour un premier voyage je vais rester dans l’axe Kyoto-Tokyo, mais tu me donne envie d’errer un peu.

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