Une autre troisième voie Genève-Nyon

Gare de Divonne

Après la mise au placard du projet de troisième voie entre Nyon et Genève, c’est le projet Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA) qui est à présent menacé par un referendum. Autant dire que les trans­ports ferroviaires dans la région Genevois ne sont pas sorti du trou. Le trajet proposé en alter­native au CEVA est certes moins cher, mais fondamen­talement une distraction. Plutôt que de connecter la plus grosse agglo­mération à proximité (Annemasse) en passant par des quartiers très peuplés (Champel, Eaux-Vives), elle connecte à un petit village (Bossey). Naturellement, d’autres plans, impliquant la sempi­ternelle traversée de la rade ont été proposés. Autant dire que rien ne sera construit avant une génération.

Le plus triste dans cette situation, c’est qu’il existe une troisième voie construite pour moitié entre Nyon et Genève. De l’autre côté de la frontière, la ligne de chemin de fer entre Divonne-les-Bains et Bellegarde pourrit lentement. Si on regarde la carte, les tronçons en bleu sont les lignes existantes des CFF, les tronçons en mauve sont les tronçons SNCF à l’abandon. Les tronçons en rouge sont ceux qui n’existent pas ou plus et qui manquent pour faire la connection Nyon-Genève. Le tronçon entre Nyon et Eysins est encore utilisé pour des marchandises, et jusqu’en 1962, la ligne entre Eysins et Divonne-les-Bains existait (Ligne Collonges-Fort-L’Ecluse – Nyon). Elle ne devrait donc pas être trop compliquée à reconstruire. La connection entre Saint Genis-Pouilly et la ligne qui va de Genève à Bellegarde au niveau de Satigny serait plus compliquée, vu qu’il y a là une colline et qu’il faudrait probablement un tunnel.

Est-ce que cette ligne serait une alternative à une troisième voie le long du lac  ? Probablement pas. Par contre, je pense que ce serait un axe de développement intéressant pour le bassin lémanique. Ce développement aurait aussi l’avantage d’offrir une certaine tolérance aux catastrophes. Si la voie Genève-Renens est interrompue par des intempéries (comme c’est arrivé cet été entre Berne et Fribourg) Genève sera tout simplement coupée du reste de la Suisse. Malgré cela, vu la situation politique, la complexité des relations trans-frontalières, les finances et les mentalités dans la région, je doute voir une telle réalisation.

Un billet sur ce thème est paru sur le blog de la Tribune de Genève. Leur système de rétro-liens ne semble pas fonctionner), et le blog a entre-temps disparu.

Beaucoup d’informations et de photos se trouvent sur le site Promenade Ferroviaire dans la Pays de Gex.

L’association GexRail semble vouloir réaliser exactement la voie que je suggère.

11 thoughts on “Une autre troisième voie Genève-Nyon”

  1. Les mentalités changent. Pas vite, mais elles changent. Il y a aujourd’hui des organismes officiels transfrontaliers qui travaillent sur tous les aspects de la regio genevensis. Le fait même qu’on commence à considérer Genève comme une région qui va de Nyon au Fort-l’Écluse est déjà un signe.

    En parlant de cartes, une carte des projets de transports en commun dans la région à l’horizon 2020, qui illustre ce propos:
    http://www.way-tram.ch/documents/DTPRschema2020.pdf

  2. Les mentalités évoluent très lentement, le projet de tram vers Thoiry a, paraît-il lui aussi été bloqué. À voir toutes les lignes trans-frontalières construites au début du XXe siècle, on dirait que les mentalités étaient plus ouvertes pour ces problèmes à l’époque qu’aujourd’hui.

    Considérer que Genève est une région qui va du Fort de l’Écluse jusqu’à Nyon est une bonne chose. Croire qu’avec le développement urbain sur la côte entre Genève et Lausanne, les deux villes ne seront pas connectées en 2020 me semble myope.

  3. Actuellement, à Genève, les projets de tram sont:

    – Cornavin-Meyrin-CERN (en développement)
    – Cornavin-Lancy-Onex-Bernex (qui devrait commencer)
    – Nations – Grand-Saconnex (en projet)
    – Rive-Vésenaz
    – Connexions transfrontalières

    http://way-tram.ch/autres/index.html

    À voir ce qui peut être fait concrètement ces prochaines années.

  4. Le problème à Genève, c’est que les lignes de trams sont longues et ne connectent qu’à une seule gare. Résultat, les temps de trajets sont très longs. À Zürich, les lignes de trams se connectent typiquement à plusieurs gares. Par exemple, la ligne de tram 7, qui va chez moi, a quatre connections avec des gares.

  5. Ce n’est pas tout-à-fait exact.

    D’une part, le problème est qu’il n’y a à Genève qu’une gare principale: Cornavin. Ensuite, les lignes 12, 16 et 17 passent à la Gare des Eaux-Vives. Et ce, sans compter les gares secondaires, comme Lancy Pont-Rouge ou Sécheron.

    En fait, la seule gare importante qui n’est pas desservie par le tram est celle de Cointrin.

  6. Marche mal sous Thunderbird la carte est tout simplement illisible. Domage pour la CEVA j’aimais bien ce projet peut etre apres tout que tu as fait le bon choix en bougeant sur Zurich.

  7. La CEVA n’est pas encore enterré. Et puis bon, c’est un projet qui tourne depuis un siècle, il peut encore attendre quelques mois… ;)

  8. Je dois confirmer qu’ayant comme Thias déménager de Genève à Zürich, les tpg paraissent bien minable par rapport à la vvz. Toutes ces gares sont bien pratiques et c’est vrai que le réseau est si dense qu’on raccourci les trajet en prenant trois bus plutôt que deux trams.

  9. Les TPG s’améliorent. Certes, pas très vite et, comme ils partent de très loin, le niveau actuel n’est pas brillant, mais ça vient.

    Cela dit, entre Genève et Zurich, ce n’est pas exactement la même taille, ni les mêmes moyens, non plus.

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