Largo Winch

Largo Winch - Couverture

On parle souvent de fumée passive, mais peu de bande dessinée passive. Ces phy­lactères que l’on consomme chez les autres, ces albums qu’on connaît, mais qu’on a jamais acheté ou emprunté. Largo Winch entre pour moi dans cette catégorie. J’étais assez curieux de voir le film, comme je n’ai qu’un souvenir flou de la bande des­sinée, je ne pouvais probablement pas être déçu. Cela s’est réalisé, je n’ai pas réellement été déçu, mais je n’ai pas non plus été particuli­èrement impres­sionné.

J’ai parfois l’impression que les films à grand public sont aussi codifiés que les tragédies classiques. Mon impres­sion du film est que quelqu’un a pris l’idée de base de Largo Winch et y a appliqué les règles du cinéma holly­woodien. Attention, je vais révéler l’histoire…

Nous avons un jeune héritier multi-milliardaire aventurier qui doit reprendre l’empire de son père. La première partie du film est la présentation des protagonistes : le père mystérieux, le jeune héros impétueux et charmeur, l’homme de main loyal balafré. Puis vient l’intrigue elle même : la mort du père qui met son empire à mal, à moins que le jeune héros puisse montrer la preuve qu’il est réellement roi action­naire majoritaire en montrant ses actions. Il y a ensuite l’antagoniste, un milliar­daire mafieux russe. La suite de l’histoire est le trajet initiatique sur le lieu d’origine de tout le clan (la région baltique), l’inévitable trahison, la mort douloureuse de la mère et enfin le héros prend conscience des règles du jeu et parvient avec l’aide de l’homme de main à reprendre ce qui lui est dû par son sang.

Il y a naturellement des combats, des courses-poursuites, et des explosions. J’ai trouvé l’intro­duction avec la présentation de Largo Winch sympa­thique, et les retournements de la fin amusant. Le problème c’est que le film est lent, et la majorité du film est occupé par des figures imposées. S’il y a beaucoup de longueurs sur le début, on a l’impression que la fin a été bâclée avec même des éléments qui n’ont pas beaucoup de sens, comme la jeune médecin qui soigne Largo, on a l’impression qu’il devrait y avoir plus, de même pourquoi l’espionne traîtresse détruit elle la recon­naissance de dette à la fin du film. Je n’ai pas assez de souvenir du film pour que ces éléments aient un sens.

Graphiquement le film m’a surtout permis d’admirer la qualité d’un film en full HD, c’est la première fois que sur un écran chez moi, je vois distinctement le grain d’un film. J’ai trouvé que les couleurs rendaient bien l’ambiance du film en Amazonie et sur l’Adriatique, mais j’ai trouvé la partie à Hong-Kong terne. Ce qui m’a aussi frappé c’était la sobriété du fim sur la question fémi­nine. Dans mon souvenir la bande dessinée était remplie de top-models en tenues sexy, là il n’y a qu’une traîtresse qui porte une fois une robe de cocktail…

En conclusion un film acceptable, mais rien de spécial. Je doute qu’il ait satisfait les fans de la bande dessinée.

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