Dans le blizzard

Dimanche dernier, comme il faisait beau, j’ai décidé d’aller faire un tour à vélo et de rendre visite à une amie. La région entre la Suisse et la France derrière le Mandement est très belle et un très bon endroit pour faire des balade à vélo. Le principal problème était la frontière, s’il y a beaucoup de petits chemins pour passer, notamment le moulin Fabry (46.23006, 6.01411), ou le Lion, la rivière qui passe en bas de chez moi, rejoint l’Allondon. ils sont tous fermés à la circulation, et donc je suis condamné à passer par la route de Meyrin qui est moche et a beaucoup de circulation. Le temps était magnifique, et le soleil a fait que j’ai même du ouvrir la veste tellement il faisait chaud.

J’ai profité du temps pour essayer de trouver un chemin rationnel pour aller du pont qui traverse le Rhône à Peney (46.20255, 6.04392) jusqu’à Confignon. Il y a une piste cyclable qui monte vers Bernex, mais c’est un méchant détour. Il y a aussi le chemin qui longe le Rhône, mais il n’est pas réellement praticable à vélo. J’ai essayé de trouver un chemin intermédiaire, si j’ai suivi un chemin très joli en forêt, ce n’était par réellement un raccourcis. Je suis arrivé passablement crotté.

Néanmoins le trajet de l’aller était réellement sympa. Par contre, au moment de partir, la météo au dehors était un peu moins hospitalière. Le vent soufflait, et il neigeait vraiment fort. Pour le retour, j’ai pris un chemin plus court, en passant par la passerelle de Chèvres (46.20394, 6.07833) puis via Vernier et enfin Meyrin village (46.22964, 6.07198).

Le vélo est un sport de sensations toutes les sens sont mises à contribution, le toucher naturellement, mais aussi l’ouïe et l’odorat. Contrairement à la voiture ou même la moto, on entend tout ce qui se passe autours et on peut sentir beaucoup de choses, chaque région, chaque quartier a une odeur propre.

Les sensations du vélo dans une (petite) tempête de neige sont curieuses. D’abord c’est beaucoup plus de travail pour avancer car la neige, ça freine. Ensuite, il faisait quasiment nuit, donc l’univers était entièrement en noir et blanc, les sons étaient absorbés par la neige et couvert par le bruit du monde. Enfin, le froid et le vent couvraient toutes les odeurs. Comme en plus, il n’y avait personne sur la route, on se retrouve complètement seul. Après le hameau de Chèvres jusqu’à la passerelle, ma roue traçait dans la neige vierge. Les seules autres traces étaient celles d’un chat à qui j’ai fait très peur et, je pense, un chevreuil. Après la passerelle, la montée du Canada (46.20926, 6.07989) était très rude, outre la dénivellation, le vent emportait de la neige des toits des villas par bourrasques.

C’est à ce niveau qu’il est devenu apparent que les dérailleurs Shimano, c’est joli, mais ça ne tient pas le neige. Celle-ci a tendance à s’accumuler dans les pignons arrières ou elle est compressée par la chaîne. Au contact de l’acier à -10°, celle devient de la glace. Quand au dérailleur avant, la glace s’y accumulent et forme des blocs qui empêchent toute mouvement. J’étais parti avec 21 vitesses, à l’arrivée il ne m’en restait que trois ou quatre de fonctionnelles. Ce n’était pas tragique car je n’avais pas réellement les moyens d’aller vite.

Ce qui m’a frappé, c’est l’importance des haies, aussi longtemps que je roulais dans des zones avec de la végétation, le vent était limité, et les accumulations de neige limitées. Par contre, la région après Meyrin-village est composée de grands champs ouverts, et là, rien n’arrête le vent qui pousse sans cesse la neige sur la route. Là, j’ai commencé à réellement avoir froid. Heureusement j’étais presque arrivé…

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