Genève n’a pas d’Oberland…

Les Alpes, vues depuis Hombrechtikon

Les vacances scolaires ont été pour nous l’occasion d’aller faire de courtes randonnées, la petite est à présent capable de faire des trajets d’environ faciles d’environ deux heures. Pour la première, nous sommes partis de Grüningen et avons marché jusqu’au Lützelsee, où l’on peut voir des cigognes, avons fait des grillades, et continué jusqu’à Hombrechtikon où nous avons pris le bus.

Pour la suivante, nous voulions suivre le lac à partie d’Uerikon, mais lunettes et masque font mauvais ménage et nous avons fini à la gare d’Uetikon, nous avons donc simplement suivi le sentier pédestre jusqu’à Esslingen, où nous avons pris la Forchbahn pour retourner à Zürich.

Lorsque je me retrouve à discuter des différences de qualité de vie entre Genève et Zürich, une grosse différence est l’absence d’Oberland à Genève. Littéralement, Oberland veut simplement dire Haut-Pays, mais cela implique une relation entre la ville et son arrière pays. Genève à un arrière pays, le Genevois, mais cette région n’est pas réellement connectée à la ville, en terme de transports public, d’abord, mais aussi en terme d’hospitalité.

Lorsque nous sommes arrivés à Genève, en 1978, je me souviens que mes parents avaient essayé d’aller au vert durant le week-end, mais ce fut une série de déconvenues. Le téléphérique du Salève était à l’abandon, et se rendre dans les Voirons, permit de découvrir qu’il n’y avait pas de sentiers pédestres. Par contre il y avait des autochtones qui ne voulaient pas que l’on marche dans leur forêt.

Bien plus tard, lorsque j’ai habité à Saint Genis-Pouilly, il y avait bien une idée de sentiers pédestres dans le Jura, mais ils n’étaient accessibles qu’en voiture, et évidemment il fallait revenir à son point de départ, le sentier est une boucle. Quitte à y aller en voiture, on peut tout aussi bien partir d’un parking dans la nature, et acheter son pic-nique à l’hyper-marché le long de la nationale. Ce faisant on évite tout contact avec les locaux.

En Suisse, le réseau de sentiers pédestre connecte les nœuds de transport publics, qui sont généralement signalés avec des icônes. Ces nœuds sont très souvent à l’intérieur des localités, et c’est donc là que les balades commencent et se terminent. Cela veut aussi dire que les commerces dans ces localités vont être privilégiées, au départ pour compléter le pic-nique, à l’arrivée pour aller boire un café, ou manger une glace.

Comme une partie du sentier pédestre passe dans la localité, cela justifie l’aménagement de cette partie, au moins un trottoir, peut-être un petit parc. Ces améliorations améliorent plus la qualité de vie des locaux qu’un sentier pédestre en boucle à l’extérieur de la localité. Cela fait aussi un point de contact entre les locaux et les touristes.

Mon expérience à Saint Genis-Pouilly m’a montré que si la France a exporté le mot trottoir, ce n’est pas idée très populaire à la campagne. À l’époque, la ligne de bus qui venait de la Suisse était plutôt épisodique, et chaque soir un groupe de chercheurs marchait depuis le CERN jusqu’au super-marché Champion à l’entrée du village. Ce n’était pas un itinéraire de tout repos : à partir de la douane, il n’y avait plus de trottoir et il fallait passer le rond point de la mort (officiellement Porte de France) dépourvu de passage piétons et connectés à des nationales, avec les vitesses de voiture que cela implique. Ils ont ajouté des passages piétons, depuis.

Lorsque les sentiers pédestres forment un réseau, on y rencontre des personne qui font des trajets différents, plus ou moins longs. Les parents qui font une petite promenade avec des enfants en bas âge, les divers randonnée, et ceux qui suivent de grands itinéraires qui traversent le pays. Une boucle a une longueur inhérente, et elle peut au mieux se superposer avec d’autres boucles de longueur et de difficulté différentes.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de sentier pédestres dans la canton de Genève, il y en, certains très beaux. Mais comme beaucoup de choses, ils se terminent à la frontière, et ne permettent pas d’atteindre les différentes localités du Genevois…

3 thoughts on “Genève n’a pas d’Oberland…”

  1. “Des trajets faciles d’environ deux heures” – hey, c’est mon niveau, ça :P T’as un endroit où tu trouves/notes tes itinéraires ?

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