Tigres à la retraite – Intégration

Une épée, une guitare, un fusil devant un heptagramme

Le fil RPGaDay de cette année à été l’occasion pour et de mentionner mon rôle dans le jeu . Si c’est un jeu que j’ai cessé de pratiquer il y a plus d’une décade, j’y avais à l’époque investi pas mal d’énergie. C’est une bonne occasion pour parler de différentes idées que j’avais à l’époque sur ce jeu et j’ai donc décidé d’écrire quelques billets rétrospectifs pour expliquer mes idées de l’époque, avec un peu de recul…


Le plus gros problème que j’ai eu avec Tigres Volants, était l’intégration avec le jeu officiel. En théorie la proximité de l’auteur aurait dû aider, en pratique j’ai l’impression d’avoir eu beaucoup plus d’impact pour où j’ai simplement écrit des scénarios, publiés dans le Tinkle Bavard réguliers ou hors-série, ou bêtement comme PDFs sur ce site.

Avec le recul, cela m’apparaît surtout comme un problème de communication, Tigres Volants, en tant que projet collaboratif n’avait à l’époque pas été clairement défini. J’étais habitué aux flot continu de scénarios Rêve de Dragon (la moitié des membres du groupe maîtrisaient à tour de rôle), et le rythme de parution semi-régulier du Tinkle Bavard, dans ces deux cas, le flow était bien plus important que la réalisation d’une œuvre.

Plus généralement, le monde d’intégration n’a jamais été clairement défini, j’ai généralement évité de m’approcher de trop près des zones centrales de Tigres Volants : les États de la Frontière, la République Eyldarin, les États-Unis. Alias avait une approche top-down, avec une vision abstraite de l’univers en entier, des suppléments à thèmes très généraux. J’avais une approche plus bottom-up, avec surtout des cadres locaux et des scénarios pour jouer. Je pense que nous avions des préoccupations assez différentes : j’essayais surtout d’aménager le monde de ce jeux pour que je puisse y jouer de parties qui me plaisait, Alias, je suppose, avait une vision plus générale.

Il y avait aussi un problème culturel, Tigres Volants partageait pas mal de problèmes que j’ai aussi observés dans d’autres jeux français de l’époque, un sain mépris pour l’économie et la logistique. Animonde était un monde de végétarien avec des castes, mais oubliant complètement de mentionner l’agriculture, Bloodlust était un monde fantastique avec une cité d’un million d’habitants, en était de siège la moitié de l’année – ne me demandez pas d’où venait la nourriture. Pourquoi les Eyldar n’ont-ils sauvés que les amérindiens ? Comment une armée surgit-elle d’un néant industriel et prend le contrôle du monde en quelques années ? C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup…

Si je partageais pas mal de références, pas mal de sources d’inspirations avec Alias (c’est lui qui m’a fait découvrir Masamune Shirow et Elfquest) je pense avoir été plus influencé par le science-fiction classique : Vance, Asimov, Heinlein, mais aussi la mouvance Cyberpunk, qui m’a beaucoup marqué par son caractère multi-culturel : tout à coup, on parlait de l’Asie, du moyen-orient, des frontières. À l’opposé, le côté post-apocalyptique, , m’est largement passé à côté.

Les problèmes culturels, les frontières dans Tigres Volants me sont souvent apparus comme sous-exploités, pauvres, moins marqués que ce que j’éprouvais dans ma vie de tous les jours. J’ai toujours un problème lorsque les extra-terrestres sont moins bizarres que les Japonais. Peut-être que c’est un problème de référentiel, si ma langue dominante est le français, je ne me sens pas très proche de la culture française. Peut-être que je cherchais à corriger des choses qui n’étaient pas un problème. En un sens, Tigres Volants suit beaucoup plus les codes de la fantasy que ceux de la science fiction (elfes, personnages historiques très puissants).

En fin de compte, ce qui m’a probablement causé le plus de frustration, c’est que Tigres Volants en tant que projet n’a pas été géré clairement – ce qui a résulté en beaucoup de malentendus et d’énergie dépensée en vain. Le paradoxe, c’est si je n’étais pas proche d’Alias, cela aurait probablement été beaucoup plus simple de publier un supplément non-officiel – dans le Tinkle Bavard, nous avons publié beaucoup de matériel pour Rêve de Dragon sans trop nous soucier de l’avis de Denis Gerfaud. Évidemment, si je n’avais pas connu Alias, je n’aurais probablement jamais connu Tigres Volants…

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One thought on “Tigres à la retraite – Intégration

  1. J’étais jeune, j’étais con. Maintenant, je suis moins jeune et toujours con, mais différemment.

    Le vrai problème, c’est que pendant très longtemps, Tigres Volants a été MON jeu. J’avais une idée vague d’où je voulais aller et, surtout, une très bonne idée de là où je ne voulais pas que d’autres aillent. J’étais très fort pour dire non, en d’autres termes.

    L’idée de bosser en collaboration est venue plus tard; je ne suis pas certain qu’aujourd’hui, ce serait le bonheur, mais je crois que ce serait plus facile.

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