Convoi – Cyberpunk

Vue de nuit de Shibuya, à Tōkyō

Dès le début de la conception de Convoi il me paraissait évident qu’il y aurait un monde cyberpunk, avec des voies rouillées sur des docks détrempés par les pluies acides. Si j’ai des idées assez claires sur ce qui devrait se passer dans ce monde dans le premier scénario, le monde à proprement parler est resté quelque chose de générique, ce qui m’ennuie.

La grande ironie c’est que nous vivons à présent dans le futur proche correspondant à la littérature Cyberpunk, et si un nombre de prédictions se sont révélées correctes, il n’en reste pas moins qu’un monde Cyberpunk relève à présent plus de l’uchronie que de la science-fiction, ce qui tombe plutôt bien, vu que c’est le thème de Convois. Repousser plus avant dans le futur un monde Cyberpunk dénaturerait son style, somme toute très ancré dans les années 90.

Il s’agit donc de concevoir une uchronie telle que des technologies qu’on annonce pour dans 10 ans soient disponibles en masse aux alentours de l’an 2000. Je ne peux pas simplement décaler toute les inventions technologiques, vu leur influence sur le déroulement historique et le style des époques. Il faut un point d’inflexion récent, quelque part durant la seconde guerre mondiale qui semble être la porte haute de ce qu’on considère comme l’histoire.

Vu l’importance de l’informatique dans la mythologie Cyberpunk, c’est là qu’il faut attaquer le problème, le personnage clef est donc , qui en quelques années est passé du statut d’obscure référence informatique à celui de personnage historique avec son propre film. Alan Turing est mort jeune, acculé au suicide par le gouvernement britannique qui l’avait condamné à la castration chimique pour indécence et perversion sexuelle.

Imaginons qu’Alan Turing ait quitté la grande Bretagne après la guerre, pour s’installer à un endroit plus accueillant, par example San Francisco : il y devient professeur et a une longue carrière, formant une génération de brillants informaticiens, ce qui permet aux États-Unis de développer des systèmes cryptographiques et de gestion de logistique avancés.

Naturellement, l’Union Soviétique développe elle aussi ses capacités informatiques, donnant beaucoup d’importances et de ressources à des personnes comme Andreï Ershov. Doté d’une meilleure logistique, l’union soviétique est capable de produire plus. Une course aux technologies cryptographiques a lieu en parallèle avec la course aux étoiles. Le premier microprocesseur est russe, et produit en 1961, cette technologie permet aux soviétiques de devancer le programme Apollo, Valentina Tereshkova est la première personne à mettre le pied sur la Lune en 1967. La course aux étoiles continue de plus belle, la guerre des étoiles, commence en 1971 même si elle ne porte pas ce nom (le film éponyme sort en salle six ans plus tard).

La révolution micro-informatique commence en 1976 avec des composants bien plus avancés: processeurs 32 bits et mémoire mesurée en megabytes. L’Apple I dispose d’une interface graphique. Internet se répand dans toutes les universités et organisations étatiques à partir de 1981, dès 1986, la majorité des universités dans le monde occidental sont connectées, et de manière indirecte, de nombreuses université dans le bloc soviétique. Le réseau devient le cadre de nombreuses escarmouches entre pirates des deux côtés. L’incapacité du bloc est à contrôler son réseau informatique est une des raisons principales pour la chute du mur en 1989…

Si j’ai à présent un cadre historique, il me manque pas mal d’éléments :

  • Quels sont les évènements historiques entre la 1990 et 2000 ?
  • Quelle ville utiliser comme cadre de jeu ?
  • Quelle rôle pour l’Asie ? C’est un élément prépondérant du style Cyberpunk…
  • Qu’est cette uchronie change par rapport aux Cyberpunk classique ?

Shibuya Night (HDR) © Guwashi from Tōkyō, Japan – Creative Commons – Attribution 2.0 Générique

11 thoughts on “Convoi – Cyberpunk”

  1. J’aime bien l’idée du POD.

    À mon avis, si tu veux ajouter du poids à l’Asie, tu peux imaginer que la Chine reste plus longtemps dans la sphère d’influence soviétique et finit par copier les technologies russes. Du coup, tu as deux “fronts” est/ouest: en Europe et en Asie, avec beaucoup de transferts de technologie (= vols).

    Dans un tel contexte, les villes “sur les frontières” entre les deux anciens blocs sont probablement les plus intéressantes: Berlin, Helsinki, Séoul, Hong Kong.

  2. Alternativement, on peut imaginer que la continuation de la guerre froide amène les US à partager plus activement les technologies avec le Japon et la Corée, si bien que des pôles émergent chez eux également. Ne pas oublier que dans nos années 80 le Japon devient un super-géant économique et technologique.

  3. Perso, je regarderai du côté des crises économiques : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_crises_mon%C3%A9taires_et_financi%C3%A8res

    Et partir sur le principe que les années 80, qui étaient assez riches, ont compensés la perte d’emploi intrinsèque au progrès et à l’automatisation.

    Les années 90 voient donc soudainement s’écrouler l’économie avec un taux de chômage qui passe aux alentours de 75%, les 25% restants développants des technologies qui ne font qu’aggraver de plus en plus le problème.

  4. “Turing n’est pas mort et la microinformatique commence fin 60” c’est pas aussi le point de divergence de l’uchronie Cryptonomicon/Samourai Virtuel/Age de Diamand de Neil Stephenson ? Y’aurait de l’inspiration à piocher.

  5. Quels sont les événements historiques entre la 1990 et 2000 ?

    Humble proposition :

    1990 : Mise en place de robot pour la production de produit de grande consommation (auto / appareil ménagé) l’interface homme / machine commence à se développé dans les universités.

    1991 : Avancé dans le domaine du stockage des données, les disque dure passe du Mo au Giga-O

    1992 : Premier logiciel qui apprend et mémorise, puis est capable d’optimisé ceci en fonction de critère qualitatif ou d’optimisation.

    1993 : Fusion de plusieurs logiciel adaptatif en un seul système, qualifié d’IA pour ce faire, elle se développe sur le réseau.

    1994 : Premier exo-squelette à destination de l’industrie, qui permet de décuplé la force des ouvriers dans certaine tache de construction du BTP, sauvetage ou encore en environnement extrème.

    1995 : Russe mettent au point une IA capable de piloter ces exosquelette sans opérateur humain à l’intérieur et exécuter des missions simple. Des soucis sur technique se pose toujours sur la visualisation.

    1996 : Miniaturisation des système de prise de vu, permettant une analyse de l’image et son traitement par un “logiciel” expert. Les robots ouvrier gagne une vision amélioré et même supérieurs à celle des humains.

    1997 : Au USA un logiciel pensant (Deep Blue) gagne un concours d’échec face à Kasparov… (chronologique historique réelle)

    1998 : Un satellite pensant arrive sur la lune avec pour mission d’installé une colonie viable pour les humain en moins de 20 ans, avec des système permettant de créer des robots sur place et des usines. La mission est un échec cuisant.

    1999 : L’impression 3D apparaît et rapidement, les système expert robotique sont capable de s’auto-réparer et même se produire à l’identique des “individus”.

    2000 : Les système robotique, se clone, mais en plus modifier leur “maître plan” et les optimises, les mécanisme d’évolution se mettent donc en place.

  6. Qu’est cette uchronie change par rapport aux Cyberpunk classique ?

    J’ai l’impression que contrairement à Cyberpunk 2020, on pourrait commencer ce JDR dés les années 2000 avec comme cadre à la fois les amélioration “homme / machine”, l’émergence de IA capable d’agir dans le cadre matériel via des Robots spécialisé ou non.

    Autre élément, qui pourrait être intéressant, c’est justement l’aspect “low-tech” des années 2000 par rapport à un monde cyberpunk où les gens s’immerge dans la matrice façon Matrix. Là, justement, l’aspect informatique nécessite toujours des écran cathodique, des claviers, le réseau n’est pas encore “sans fil” etc.

    On pourrait imaginer l’émergence d’un second réseau “sans fil” créer par les IA pour leur propre organisation et indépendant du web. Les personnages des joueurs découvrant à mesure des scénarios la réalité des choses, des hacker pouvant peut être exploité se second réseau pour leur propre compte (prise en mains de robot par exemple, en vu d’action illégale).

  7. Quelle rôle pour l’Asie ? C’est un élément prépondérant du style Cyberpunk…

    De part son avance dans le domaine de la robotique, on pourrait imaginer sans peine, que le Japon, la corée du sud sont des haut lieu de la mise au point des robots, des IA et des interface homme / machine et dans les années 2000 pourrait même être à la pointe des connexions Neuronne / Informatique. On pourrait aussi, imaginer, qu’en tant que locomotive technologique, les réseaux sans fil naisse au japon et ensuite, explose partout dans le monde.

    Enfin, l’asie pourrait être aussi, le réservoir à de nombreux Hacker, White Hate ou Black Hate.

  8. Quelle ville utiliser comme cadre de jeu ?

    Tout dépend de l’ambiance désiré ?

    A mon sens, dans les années 2000 je pense que l’inde pourrait être un bon lieu de jeu, décalé et surtout intéressante parce que plusieurs cultures s’y mélange, c’est aussi un pays émergent qui explose dans les années 2000.

    L’ambiance pourrait être sur fond de manipulation politique, banditisme, confrontation entre les cultures et la technologie, réflexion sur “ce qu’est l’âme”, la réincarnation, les IA.

    Une ville comme Bombay pourrait être un cadre de jeu intéressant. Nous sommes aussi pas loin de l’asie et de l’Europe et de la Russie, du coup, c’est un pays centrale au intrigue.

    Plus classique, tu as les USA, relativement stable politiquement, mais, les événements de 2001 pourrait avoir un effet d’accélérateur en terme de robot de combat dans la perceptive, d’envahir les pays du moyen orient.

    Du coup, un cadre pour une campagne militaire sur fond de terrorisme, de manipulation médiatique, avec la naissance de Robot de combat… Les 3 lois de la robotiques seront mise à mal.

    L’Europe me parait être un cadre chiant pour jouer dans les années 2000 dans ce contexte.

  9. Pour le cadre de jeu l’idée est d’avoir une ville ou le convoi passe, avec suffisamment d’élément cyberpunk pour que le genre soit reconnaissable, mais sans être complètement classique. Le but est d’avoir des personnages et un train Dieselpunk faire une des phases du scénario dans cette ville, avec un background suffisant pour que cela ne donne pas l’impression d’être une ville isolée.

    Je n’ai pas besoin d’un background super précis en dehors de la ville, et avoir une grosse histoire en toile de fond genre IA me semble superflu. L’Inde ne colle pas au style Cyberpunk, et faire quelque chose d’intéressant impliquerait trop de boulot. J’aime beaucoup l’idée sur les frontières, un peu dans l’idée de «The City and the City», Istanbul serait une option. Peut-être qu’en fin de compte Berlin pourrait être une bonne base, c’est un nœud ferroviaire et un port, et ça serait aussi un Private Joke sur mes contributions à Tigres Volants.

  10. Question : quelle branche des sciences et techniques a souffert du développement accéléré de l’informatique ? La conquête spatiale ? L’aéronautique ? La médecine ?

    Il serait aussi rigolo de voir les problèmes des années 2000, comme les MP3 & le piratage, transposés dans les 80s, avec les Soviétiques gérant des serveurs pirates. Je vois bien Napster et le logiciel libre (lancé par qui ? Turing himself ?) torpillés par la CIA pour collusion avec l’ennemi.

  11. Je ne suis pas sûr que le développement accéléré de l’informatique doit nécessairement avoir supplanté de manière significative une autre branche, peut-être que cela aurait éviter pas mal d’errances et de bizarreries dans le domaine de la cybernétique et la théorie du contrôle, ou bien les recherches psychiques de l’armée américaine (LSD et consorts).
    De fait, 10 ans d’avancée en informatique aurait probablement donné un coup de fouet à pas mal de branches techniques en rendant calculs et analyses plus faciles…

    Quand au piratage, on peut très bien imaginer les deux côtés fournissant programmes et média gratuitement à fin de propagande et de contrôle, peut-être infectés de virus. Le mouvement open-source aurait pu avoir un plus grand impact, étant présenté comme une idée ‘non alignée’.

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