Piraterie d’arrière garde…

©

Ces derniers temps je vois régulièrement passer des billets sur différent créateurs, graphistes, illustrateurs sur le copie de leurs œuvres, qu’il s’agisse d’e-books piratés ou bien d’images réutilisées. Personne n’aime se faire spolier, que ce soit par une industrie qui n’a pas de scrupules en la matière ou la population indifférente.

Grogne compréhensible, certainement, mais assise sur une position morale bancale : parmi tous ces créateurs, combien peuvent honnêtement lever la main et dire j’ai toujours payé pour mes logiciels. Il y a certainement des créateurs qui ont tout fait avec des logiciels gratuits, ou simplement sans logiciel, mais je doute qu’ils soient la majorité.

La copie illicite des programmes a existé depuis le début de l’ère des micro-ordinateurs, le logiciel a été le premier bien numérique, et ainsi très facile à copier. Des trésors d’imaginations ont été déployés les 30 dernières années pour éviter les copies, en vain. Le monde de l’informatique s’est adapté, les logiciels sont devenus bien moins onéreux, souvent gratuits. Les petits indépendants ont largement disparus, qui se souvient des shareware d’antan ?

Le même scénario s’est répété avec la musique, les films, mais là où le piratage informatique était un problème de niche, on a sorti la grosse artillerie : avertissements du FBI, campagnes de pub. Rien n’y a fait. Aujourd’hui c’est au tour des livres et des arts graphiques de passer à la moulinette numérique. Demain il s’agira des petits objets, qui pourront être copiés par le tout venant grâce à son imprimante 3D.

On peut essayer de faire des distinctions, est-ce qu’il y a une différence entre le piratage d’outils ou celui de biens de consommation ? Entre les corps de métiers qui peuvent s’adapter et ceux qui ne peuvent pas ? Je doute que ce genre de pinaillages aidera à construire la moindre solidarité…

Symbole de Copyright par Oejitv Creative Commons – Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International (CC BY-SA 4.0)

One thought on “Piraterie d’arrière garde…”

  1. Bonne remarque.
    L’économie revient toujours à valoriser ce qui est rare, et tout écart (lois sur le copyright, loyers bloqués, prix du pain fixé…) est intenable sur le long terme.
    Dans un monde où la moindre des créations peut être répliquée à l’infini, on pourrait dire que plus rien n’a de valeur. Dans un sens tant mieux, c’est l’abondance assurée pour tous… en théorie.

    Un autre problème, c’est que tout le monde peut devenir producteur/concepteur puisqu’il y a moins de barrière majeure en matériel ou accès à l’instruction (voir la concurrence que font la masse de photos de bons amateurs aux vrais photographes, ou les Indiens ), donc le travail sur commande devient aussi peu rémunérateur.

    Il reste des créneaux protégés : la fourniture des matériaux de base NON duplicables, le sur-mesure de proximité, le service qui fait ch… J’hésite à recommander à mon fils de passer un Bac pro de plombier ou chauffagiste en parallèle de son doctorat d’égyptologie (que tout le monde pourra passer en 2015 par un MOOC incluant des visites en téléréalité des pyramides).

Leave a Reply

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.