Impressions Suisses

J’ai donc entamé des vacances en Suisse après un an au Japon. Après une année de vie à Kanazawa, Genève apparaît comme une cité latine, bruyante, désordonnée et assez sale.

L’endroit ou la différence culturelle m’est apparue très prononcée est les commerces. Même si elle est complètement ritualisée, la politesse des commerçant japonais est somme toute agréable. On vous remercie d’utiliser le commerce en question, et on s’excuse s’il y a de l’attente. Évidemment, cela fait un certain contraste avec la Migros, ou les caissiers reconnaissent parfois de justesse votre existence.

Ce désordre se retrouve aussi dans les trains. Une fois qu’on a pris l’habitude d’avoir l’emplacement des portes marqués sur le quai et des gens faisant bravement la queue à l’emplacement indiqué, le système Suisse paraît assez bordélique. D’abord le jeu de roulette pour essayer de deviner ou seront les portes, ensuite l’entrée assez chaotique dans les wagons. Finalement les CFF semblent avoir décidé d’annoncer la prochaine station avec une avance complètement aléatoire. Il peut s’écouler dix minutes ou vingt secondes avant que le train arrive dans la gare annoncée.

7 thoughts on “Impressions Suisses

  1. Je suppose que, si j’allais au Japon, je pesterais contre les commerçants qui ne me lâchent pas la grappe et leur obséquiosité hypocrite, ainsi que sur les agencements fascistes sur les quais. C’est une question de point de vue.

    Au reste, si j’étais caissier à la Migros, je suppose que je serais aussi parfois de mauvaise humeur; curieusement, la plupart du temps, quand je fais mes courses, je tombe sur des gens sympathiques. Peut-être cela tient-il aussi au fait que j’essaye moi-même d’être poli et aimable avec eux?

  2. Bah non, désolé de te contredire mais tu supposes mal… Si tu étais au Japon, à moins que ce soit dans tes habitudes je ne pense pas que tu réagirais de la sorte. La politesse des commerçants c’est aussi qu’ils te laissent tranquille une fois entré dans le magasin. Ce qui veut dire qu’en plus du fait qu’ils te disent systématiquement Bienvenue/Au revoir, que tu aies acheté ou non, tu peux rester aussi longtemps que tu le souhaites tu n’auras pas l’impression d’être observé, et si tu demandes un renseignement le vendeur prendra son temps pour te répondre et avec le sourire. D’ailleurs il est assez fréquent de voir des jap rester dans le rayon livres et d’y rester plusieurs heures. Que ce soit en plein centre-ville ou à perperte-les-oies et quelque soit le type de magasin. C’est au vendeur de se montrer poli, le client n’a aucune obligation à dire Bonjour ou Merci (c’est même plutôt rare). Bref, le client est roi.
    Concernant le métro, ça n’a absolument rien de fasciste (il ne faut pas employer ce mot à tort et à travers si on en connait un peu le sens). Le train est ponctuel et s’arrête très précisément devant des marques au sol (en couloirs d’entrée/sortie), ce qui permet à chacun de gagner du temps. Au final c’est même moins contraignant puisque ce système est très pratique et personne ne se bouscule pour entrer le 1er. Pratique aussi pour les personnes “fragiles” ou les aveugles. D’autres remarques : il y a des marques au sol pour indiquer les correspondances par couleur, un côté de l’escalier pour monter/descendre.
    Au reste rien ne t’empêche de rester toi-même et de rencontrer des gens sympathiques. Ca n’a vraiment aucun rapport.

  3. D’accord avec toi, mais je remarque que déjà les commercants sont malpolis et les groupes/files d’attente mal gérés quand on rentre de Londres et que la ville est sale au retour de Charente.
    Par contre, il y a aussi des côtés quinets et relativement prospères dès que tu sors de la ville que le Japon aide à mieux percevoir.
    En fait si tu as des sous et du temps, que tu habites la campagne genevoise et que tu as des horaires de vieille dame, que tu évites le samedi et les heures de pointe, tu peux rendre Genève nettement plus japonaise. Cela dit, à propos d’obséquiosité hypocrite, c’est un travers de la pensée occidentale de penser qu’être malpoli est être sincère et qu’exhiber son moi privé dans la sphère publique est une qualité. Alors qu’au fond, il faut être sacrément arrogant pour penser que qui je suis vraiment doit forcément intéresser les autres particulièrement quand je suis à la caisse.

  4. Je ne suis jamais allé au Japon, je ne peux donc pas vraiment comparer. Ce que je voulais dire, c’est que mon habitude d’un certain nombre de pratiques commerçantes en Suisse, France, Grande-Bretagne et États-Unis (pour ne mentionner que celles dont je me souviens) me laissent à penser que:

    1) Votre kilométrage peut changer; il y a des vendeurs désagréables partout et même Genève a ses boutiquiers aimables (au dernier recensement, ils étaient six).

    2) Il y a des jours avec et des jours sans; ça vaut aussi pour les caissières de la Migros.

    3) Personnellement, je pense que, dans l’ensemble, on reçoit ce qu’on donne. Si on part du principe qu’on mal se faire accueillir et qu’on se comporte en conséquence, on va se faire mal accueillir. Karma direct, merci d’avoir joué…

    4) Les conditionnements du genre “SBAM” (sourire, bonjour, au revoir, merci) ou “merci d’avoir choisi notre humble échoppe” ne me paraissent pas du tout naturels. C’est une forme d’asservissement et ça m’horripile.

    5) Il y a une différence entre obséquiosité et politesse naturelle, de même qu’entre l’impolitesse et la sincérité de caractère; même moi je sais ça.

    Donc voila. Pommes, oranges, Mac, Windows, Linux, tout ça.

  5. Bien sûr qu’il y a des variations dans la qualité du service, et cela partout, l’observation était surtout qu’en moyenne le service est bien meilleur au Japon qu’à Lausanne, où il est dans mon expérience meilleur qu’à Genève.

    Ce n’est pas parce que je suis client que je dois me comporter de manière impolie, soit mais je ne trouve pas normal non plus de devoir jouer le comique ou le diplomate chaque fois que je veux acheter une bouteille d’eau. De même je ne trouve pas normal de devoir faire du sémaphore pour attirer l’attention du garçon dans un bistrot car il est occupé à discuter avec son copain. De même je n’aime pas l’idée de devoir attendre d’être un habitué pour avoir un service vaguement valable, quand on voyage souvent, on est rarement un habitué.

    Alias, comme tu le dis, on reçoit ce que l’on donne, un des corollaire de cet état de fait est que je consomme plus au Japon: je vais plus souvent au restaurant, et j’achète plus volontiers souvent des petites quantités ou lieu de faire les courses le moins souvent possible.

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