Convoi – Castel Rosso

Calcata

À côté des mondes Dieselpunk durs, je voulais pour le jeu convoi un contexte plus léger, quelque chose dans le style du film : l’époque entre les deux guerres, en Italie. Plutôt que les îles dalmatiennes, je voulais une zone de montagnes, inspirée par la ville de . Le roman Châteaux de la Colère m’a donné un élément de base intéressant, un riche entrepreneur qui fait construire une voie de chemin de fer un peu absurde.

Ce monde s’est développé pour devenir celui de départ pour le scénario d’introduction, l’Italie des années 20, ce n’est pas quelque chose d’hyper-exotique, mais c’est suffisamment flou pour qu’il y ait un peu de marge. Je voulais un contexte où les trains sont naturels, sans être quelque chose d’omniprésents, un endroit où une technologie réellement Dieselpunk serait très avancée, étrangère. Pouvoir jouer sur ce contraste.

Le Monde

Castel Rosso est situé sur une terre alternative dans les années 20, l’industrialisation a été un peu plus tardive et plus distribuée, la première guerre mondiale a eu lieu, mais a été plus une série de guerres entremêlées qu’un conflit polaire. L’Europe vit une paix troublée par de nombreuses agitations nationalistes. Les nations du vieux continent se sont divisée le monde, sans que l’Angleterre domine.

L’Italie s’est particulièrement développé dans ce monde: les colonies sont florissantes, la mécanique et les avions italiens réputés à travers le monde, et les ports sur l’adriatique et la méditeranée sont un point de transbordement majeur entre les lignes ferroviaires du continent européen et les navires qui voguent vers l’Asie à travers le canal de Suez.

Castel Rosso

Situé dans les montagnes au nord de la cité pontificale, c’est une ancienne bourgade fortifiée qui, grâce à sa ligne de chemin de fer jusqu’à la capitale, est devenu un lieu de villégiature privilégié pour les riches romains. L’ambiance mystique et la distance de la capitale font que c’est un lieu prisé pour l’ésotérisme et le spiritisme.

Castel Rosso dispose d’une gare, qui ne se trouve pas dans la ville à proprement parler, mais au pied de celle-ci, autours de la gare sont apparus quelques bâtiments, boutiques pour les voyages et entrepôts et ateliers qui ont quitté la ville par manque d’espace et pour être à proximité de la voie de chemin de fer.

La gare est bien plus grande que nécessaire pour desservir une petite ville touristique: la voie continue vers le nord de la ville, et se sépare au milieu des montagnes en deux tronçons, tous deux en chantier. La branche ouest va en direction d’Orvieto, la branche est en direction de Terni.

Les deux chantiers sont en compétition pour les faveurs du gouvernement, et les autorités locales sont fortement impliquées dans un camp ou l’autre. Il manque environ deux kilomètres de voie pour sur le premier segment et à peu près le double sur le second. Selon les semaines, les finances vont à l’un ou l’autre chantier, les ouvrier vivent dans un camp de baraques situé à l’embranchement. En attendant que l’un ou l’autre chantier soit terminé, un train touristique emprunte la voie les jours de beau temps pour laisser admirer au visiteurs les montagnes.

La famille Paulini

Monsieur Maurizio Paulini est le chef de gare, et le propriétaire de la petite auberge qui la jouxte, dans les faits ce sont surtout ses deux enfants, Graziella (27 ans) et Luca (25 ans) qui gèrent tout ce qui se passe autours de la gare. Tous trois sont des aiguilleurs, i.e. des gens qui connaissent l’existence des passages, et assistent les convois de passage, en échange de biens, ou de souvenirs effacés.

Luca est un un jeune homme de 25 ans, toujours habillé dans d’élégants costumes à rayures; il affectionne les cannes en bois exotiques. C’est un dandy, qui se veut indépendant, mais qui est incapable de résister à sa sœur. Il se venge en traitant ses conquêtes féminines de la pire manière. Les deux principales activités de Luca sont les petits traffics et les mondanités. Il obtient, grâce au passage, des vêtements et des étoffes exotiques, notamment des soies et des robes chinoises (Cheongsam) qu’il vend aux belles de Rome pour qu’elles aient ce je ne sais quoi d’exotique. En échange il fournit les convois en vins et fromages typiques, sans parler de l’eau et du charbon. Luca est de toutes les fêtes, toutes les soirées, à Castel Rosso même, mais aussi souvent à Rome, c’est pour lui l’occasion de trouver de nouvelles conquêtes et de nouvelles clientes. Luca est passionné par les étoffes et les vêtements qu’il acquiert, les mauvaises langues affirment qu’il ne séduit les femmes que pour pouvoir essayer les nouvelles toilettes sur elles. Une bonne part de l’entrepôt à côté de la gare est remplie de tenues qu’il a obtenues du passage, mais qui sont si exotiques que même lui n’ose pas les vendre.

Grazilla est une très belle femme, un visage large et harmonieux, des yeux verts très intenses et des cheveux bouclés. C’est la mécanicienne attitrée du village, elle répare et conduit le train touristique qui part de la gare Castel Rosso vers les montagnes, c’est aussi elle qui gère la logistique et les réparations des trains de passages. Elle s’enorgueillit de pouvoir réparer n’importe quelle locomotive. Elle porte invariablement une salopette maculée et une jaquette en toile qui semble être issue d’un uniforme. Graziella est connue dans toute la région pour son caractère impétueux et son manque total et flagrant de diplomatie: bagarres, insultes et cris sont son lot quotidien. Le dimanche est l’exception, elle met alors une sobre robe noire et se rend pieusement à l’église. Ce qui fait que le curé et toutes les vieilles dames de la ville l’adorent et défendent en toute occasion la pauvre orpheline.

L’épouse de Maurizio, la mère de Luca et Graziella est morte alors qu’ils étaient encore très jeunes, Maurizio a éduqué ses enfants comme il a pu. Même s’il est le premier à admettre que le résultat n’est pas parfait, il est très fier de sa progéniture. À présent, il se contente de surveiller les trains et les équipes de trains de passage. Il a souvent des invités et aime siroter du vin avec ses amis locaux, la gare a des airs de petit bistrot. Malgré ses airs débonnaires, Maurizio suit d’un œil attentif la politique locale, mais aussi se qui se passe ailleurs. Il soupçonne que comme dans d’autres mondes, il risque d’y avoir une grande guerre et prépare secrètement tout ce qu’il faut pour s’éclipser à travers un passage avec ses enfants le jour où les choses iront trop mal.

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