Ceinture blanche

Matthias Wiesmann en tant que uke

L’aïkidō est une activité que je pratique plus ou moins régulièrement depuis un bon moment: j’ai commencé aux alentours de 1995 au club des Eaux-Vives, à Genève, où j’ai obtenu une ceinture orange (5e kyū), j’ai arrêté lorsque je suis parti à Lausanne pour ma thèse. J’ai repris la pratique à Meyrin lorsque je suis allé habiter à Saint Genis-Pouilly pour travailler au .

Faute de dōjō, je n’ai pas pu pratiquer au Japon, malgré une tentative d’établir un cours avec un collègue de , j’ai à la place fait du shōlinji kempō, art dans lequel j’ai obtenu une ceinture brune (3e kyū). Lorsque je suis retourné en Suisse, j’ai repris la pratique de l’aïkidō ici, à Zürich, il y a maintenant sept ans. Je n’ai plus passé de ceinture depuis… Techniquement, je suis donc toujours une ceinture blanche, ce qui est un échec assez intéressant, et justifie une nouvelle entrée pour l’été de l’échec. Cela ne signifie pas que je me considère comme un débutant, simplement que je n’ai pas de niveau officiel.

Mes passages de ceinture précédents, que ce soit en aïkidō ou en shōlinji kempō, se sont passé grosso-modo de la même manière : un jour le prof m’a dit tu vas passer le Xe kyū à tel moment, j’ai fait ce qu’on m’a demandé le jour donné et voilà. Mon dōjō actuel a une approche plus scolaire : il faut s’inscrire des semaines à l’avance, trouver un partenaire, et l’attente générale est que l’on prépare le passage de ceinture en sus des cours normaux. Bref, il faut bachoter pour l’examen. Étant donné que c’est un grand club avec de nombreux enseignants, cela n’est pas dénué de sens.

La pratique de l’aïkidō est pour moi un élément stable durant des semaines qui sont assez chaotiques, pouvoir y aller et repartir à heure fixes est important pour moi. Comme il faut parler avec la Californie, j’ai tendance à travailler tard et aller au cours du soir, il me faut encore 30 minutes de vélo pour rentrer, ce qui fait que j’ai le temps de manger un morceau, de prendre une douche et il est l’heure de dormir. Donc préparer l’examen une demi-heure de plus le soir veut dire aller au lit plus tard, pas une bonne idée.

En même temps, je voyage beaucoup, donc il y a des semaines où je ne suis simplement pas là, peut-être que je pratique de l’aïkidō, mais ailleurs (notamment au dōjō Aikido West dans Silicon Valley) cela permet d’aller à des stages et d’avoir une pratique variée, mais ce n’est pas idéal pour préparer un examen.

Ayant fait une thèse, j’en ai un peu ma claque des examens, et mon boulot comporte suffisamment de reviews et d’évaluations à 360° pour que je ne sois pas en manque, la ceinture en soi ne m’intéresse pas tellement ; j’ai assez de titres comme ça ; j’ai le droit de me faire appeler Herr Doctor et de le faire inscrire sur ma boîte au lettre, je suis Tech Lead au boulot. Les grades sont liés aux clubs et fédérations : changez de fédération, et votre belle ceinture redevient blanche. J’ai pratiqué dans quatre clubs en Suisse, trois sont dans des fédérations différentes, le dernier est indépendant.

Je ne suis pas fondamentalement hostile à un passage de grade, simplement cela implique de structurer plus ma vie, d’assoir certaines structures et de planifier plus loin. Après sept ans de vie à Zürich, la notion de que je vais partir sur un coup de tête est devenue plutôt abstraite, mais je ne veux pas non plus trop stratifier ma vie: même si mon expérience de faire du karaté au travail n’a pas été un succès, c’était une expérience intéressante.

En attendant, le seul changement certain, c’est que mon dōjō va déménager, ce qui devrait ajouter 5-10 minutes à mon trajet à vélo. Ce n’est pas un drame, mais cela signifie moins de marge, et peut-être re-penser la manière dont j’organise mes journées.

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