Pompoko / ぽんぽこ

Pompoko

Si les studios Ghibli sont surtout connus pour les films de Hayao Miyazaki, ils ont produits des films de producteurs différents. Pompoko est un de ces films, réalisé par Isao Takahata. Il raconte, dans la bordure du Tōkyō des années 60, la lutte de deux tribus de Tanuki (chien viverrin) contre un projet immobilier qui empiète et détruit leur territoire. Dans la mythologie japonaise, les Tanuki ont la capacité de se métamorphoser et sont des symboles de chance et de prospérité.

Pompoko (1994)
Directeur : Isao Takahata
Durée : 119 minutes.

Le film adopte d’entrée un style documentaire, une voix off commente l’histoire des deux tribus, les présentant dans un contexte pseudo historique, le film commence par une bataille entre les deux clans présenté dans un style de guerre médiévale japonaise. Le style glisse peu à peu vers quelque chose de plus personnel et se centre plus sur des personnages, cela semble être un glissement voulu, peut-être une emphase sur le caractère individualiste des temps moderne, mais cela fait qu’il est difficile de s’attacher aux personnages qui sont nombreux et qui n’ont droit à l’attention du film qu’en cours de film.

Si les décors sont typiques des productions Ghibli, les Tanuki eux-mêmes ont trois apparences très distinctes : une apparence réaliste de chien viverrin – utilisée en présence d’humains, une apparence de personnage mythologique bipède, et une forme intermédiaire, caricaturale qui semble être utilisée dans les scènes de foule et dans les moments comiques, cette technique m’a rappelé les films d’animation du studio Gainax dix ans plus tard, j’ai trouvé son usage moins approprié ici.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans le film, c’est que la lutte des Tanuki n’est pas présentée comme une combat tant qu’une lutte interne, ceux-ci cherchant à comprendre les humains, mais aussi à surmonter leur faiblesses, notamment leur tendance à faire la foire à tout bout. Même s’il est présenté comme un film pour enfants, j’ai trouvé le message très adulte – plutôt déprimant pour mon enfant intérieur. Sans surprise, les tanuki ne parviennent pas à sauver leur colline et s’intègrent d’une manière où d’une autre dans la société humaine – à l’intérieur des villes.

La grande ironie, c’est qu’à peu près à l’époque ou le film est sorti, les tanuki ont atteint la Suisse. En effet, cette espèce fut introduite par l’union soviétique en Ukraine aux alentours de 1928, et s’est peu à peu répandue en Europe occidentale.

Outre leur capacité de métamorphose, les tanuki sont, dans la mythologie japonaise, réputé pour la taille de leurs testicules, qu’ils utilisent comme sac, tambour ou parapluie. Le film est fidèle a cette image, et les tanuki utilisent leurs attributs de différentes manières à travers le film, sans que cela soit particulièrement mis en emphase.

En fin de compte j’ai retiré une impression mitigée du film, principalement à cause du mélange de tons et les changements de focus qui brisent un peu la continuité du film. Ce n’est certainement pas un mauvais film, mais ce n’est pas non plus une œuvre majeure.

One thought on “Pompoko / ぽんぽこ”

  1. Je suis aussi assez mitigé sur ce film. Le bon souvenir que j’en garde est surtout que je l’avais vu sur place, à sa sortie, puisque c’est l’époque où j’étais au Japon.

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