Chroniques d’outre-scène

Une silhouette à contre-jour

Même si le français est ma langue dominante, il y a toujours eu une grande distance entre moi et la littérature française. La notion qu’il existât des écrivains romands (si on ignore Rousseau et Voltaire) est longtemps restée théorique, et le temps qui passe ne m’a pas rempli de bienveillance envers une culture qui encourage les textes longs et ronflants. J’ai donc découvert avec plaisir les auteurs romands et contemporains, à commencer par Nicolas Bouvier.

Ma dernière lecture dans cette catégorie sont les Chroniques d’outre scènes de Jeanne Perrin, deux petit livres brochés remplis de billets d’une page qui racontent les coulisses du monde du spectacle lausannois, festivals, guichet au théâtre de Vidy, happening dans un grand hôtel où tournée à Tōkyō, chaque page est un petit instantané depuis les coulisses. Le premier tome est illustré par Mercedes Riedy, le second par Mario del Curto et Nicolas Pilet.

Une femme pendue dans des cordes

Ça aurait pu être des billets de blog, mais c’est mieux écrit. C’est souvent drôle, parfois espiègle, parfois tendre, toujours finement observé. Le ton est proche, intime même, il n’y a pas de distance entre le lecteur et la scène. Le paradoxe, pour moi, c’est que si la langue du récit est proche, le sujet ne l’est pas : vision féminine d’une univers d’artistes. Une monde exotique dans une ville où j’ai vécu, à la limite de mon réseau social.

Tellement conscient qu’il n’y a pas d’ailleurs. Même à Tōkyō, même au bout de la nuit. Condamné à être quelque part, obligé d’exister. Il n’y a pas d’ailleurs, même pour les journalistes, les voyageurs de l’ombre.

Chroniques d’outre-scène tome 1

Illustrations : Mercedes Riedy
Éditions Paulette
ISBN : 978-2-97006532-6
Pages : 103
Chroniques d’outre-scène tome 2

Illustrations : Mario del Curto & Nicolas Pillet
Éditions Paulette
ISBN : 978-2-94047502-5
Pages : 105

Même si elles sont courtes, les Chroniques d’outre-scène ne sont pas rapidement lues, chaque page étant son petit monde, son petit praliné d’impressions, on préfère poser le livre un instant, savourer la page, lire autre chose pour aborder le souvent l’esprit frais, un peu comme un mange un lamelle de gingembre entre les sushis. Le temps de réaliser que les numéros de page du second tome sont côté jardin. En fin de compte, le sujet du livre n’est pas réellement ce monde d’acteurs, mais le regard et les reflets de la vie d’une personne dans l’ombre, Jeanne, tout simplement…

En conclusion deux petits livres qui sont une petit bouffée d’air vrai très bienvenue que je recommande vivement.

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One thought on “Chroniques d’outre-scène

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