Scrivener

Scrivener vue des notes sur le panneau de liège

Je suis entouré de gens qui écrivent, qui participent à des des concours et des ateliers d’écriture, et qui en général, font les choses de manière sérieuse™. Si ma période d’écriture sérieuse est clairement dans le passé, j’écris encore, dans ce blog évidemment, mais aussi des scénarios de jeu de rôle que je mets parfois en ligne.

Jusqu’à présent, je me suis intéressé aux outils d’écriture que de manière marginale : je n’ai pas de workflow à optimiser, et je n’ai jamais réellement vu l’intérêt d’éditeurs de texte qui évitent les distractions. Je suis suffisamment distrait par moi même pour que ne pas pouvoir blâmer le reste de l’interface de l’ordinateur, mon processus d’écriture étant plutôt champêtre, je n’ai pas de raison de me bloquer sur la page blanche. Bref, je suivais les discussions des amis sur les outils d’écriture, mais les outils généralement mentionnés semblait résoudre des problèmes que je n’ai pas.

Capture d'écran de la vue texte de Srivener avec la hiérarchie de fichiers

Les discussions sur Scrivener m’ont suffisamment intrigué pour que je télécharge la version 2.3.1 et essaye la bestiole. Après 24 heures d’essai, je l’ai acheté sans hésiter : à environ 50 francs, ce n’est pas un gros investissement. J’ai utilisé Scrivener pour écrire un nouveau scénario Rêve de Dragon, et si je n’ai pas encore fini l’écriture, j’en suis déjà à 6500 mots. On est loin des 50K mots des concours d’écriture ou de ma thèse, mais j’ai écrit tout cela en moins d’un mois, durant mon temps libre. Ce qui est certain c’est que Scrivener a rendu l’écriture plus agréable pour moi.

Mais qu’est ce qui rend Scrivener particulier ? Pour moi c’est principalement le mode de travail, qui est un compromis entre le brainstorming graphique, l’écriture dans différent fichiers et les macros à la manière de Laτeχ et un IDE pour programmer. Cela permet de passer d’une phase où l’on pose les idées à plat sur un panneau en liège vers un éditeur de texte qui permet de « remplir » les cartons qui correspondent aux idées développées durant la phase précédente. Les textes sont organisés dans une hiérarchie, où chaque texte peut être un répertoire avec des enfants. L’ensemble peut naturellement être visualisé comme un document linéaire.

Le système reconnaît quelques macros, ce qui m’a permis par exemple de définir une citation pour chaque fiche et de simplement référence le titre et la citation de la fiche dans son texte. Au moment de la composition finale, elles sont substituées. J’ai aussi ajouté les substitutions typographiques françaises à la phase d’exportation, je peux ainsi écrire avec des espacements anglais (pas d’espace avec les doubles ponctuations) et le texte généré est adapté. Le fait qu’il s’agisse d’une vraie application Cocoa fait que toutes la puissance d’OS X est à disposition : services, substitution de texte du système, raccourcis clavier emacs, tout fonctionne. L’application contient enfin quelques outils spécialisés pour l’écriture : un générateur de noms que j’ai trouvé plutôt pratique, notamment.

Scrivener n’est certainement pas parfait : l’application a des airs de créature de Frankenstein, avec ses différents modes, le format de fichier n’est pas très propriétaire, c’est une collection de fichiers XML, RTF et texte qui semble être différente selon les plateformes, et en cas de collaboration, j’imagine que la gestion des conflits. Cela dit, j’ai essayé la synchronisation avec Simplenote, et cela a l’air de fonctionner. Malgré ces défauts, cela reste une très bonne application pour l’écriture, et je vous conseille de l’essayer, surtout si vous travaillez sous Mac OS X.

4 thoughts on “Scrivener”

  1. Après essai, c’est tout simplement impossible d’utiliser Scrivener pour collaborer à plusieurs sur un projet, à cause de la manière dont le programme trace les modifications à l’intérieur d’un projet. En fait, c’est même difficile de collaborer avec soi-même à travers un Dropbox, et encore plus quand on est sur plusieurs plateformes différentes… J’ai essayé un moment, et finalement je suis revenu à LibreOffice, c’est encore ce qui me convient le mieux (avec mes multiples carnets de notes) même s’il me manque vraiment les fonctionnalités d’outliner de Scrivener, qui sont vraiment bien pensées.

  2. Tu n’es pas le premier à en parler et je suis tout de même très dubitatif. J’ai l’impression que ce n’est pas quelque chose qui est adapté à mes habitudes de travail — surtout, si, au final, je dois faire une mise en page professionnelle sous InDesign.

    En même temps, ce serait peut-être à moi de changer mes habitudes d’écriture, mais j’en doute un peu.

  3. Je ferrais probablement la mise en page avec un autre programme, genre Pages. L’avantage de Scrivener c’est que je peux poser toutes mes idées sous forme de fiches sur un panneau, gérer la hiérarchie, et avoir une vue structurée sur ce que j’écris et pouvoir changer la structure facilement. Comme je n’ai absolument pas une manière de penser linéaire, le flux de Pages ou InDesign est super lourdingue: je me retrouvais à sans cesser copier-coller les bouts dans tous les sens.

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