Journal d’un Siyan

Une épée, une guitare électrique, un fusil devant un heptagramme

Ce texte est une tentative pour écrire une petite nouvelle dans l’univers du jeu de rôle Tigres Volants que j’ai écrit quelque part entre 2000 et 2003. Le but était de présenter le monde de manière pas trop ennuyeuse, le feeback n’avait pas été trop mauvais, mais je ne l’ai jamais continuée, principalement parce que j’étais bloqué, je pense que j’étais arrivé au bout de la bonne idée initiale, i.e. présenter l’univers avec une perspective inversée, celle d’une créature reptilienne et marchande présente dans l’univers. J’ai récupéré ce fichier sur la wayback machine et quelque peu nettoyé  : j’ai ajouté un peu de ponctuation et corrigé quelques fautes d’orthographe.

Entrée n°1

Nous nous approchons de la Terre, d’après nos rapports, l’objet se trouve ici. Nous ne savons pas combien de temps nous avons avant que le clan Virdel découvre l’affaire et rapplique. La bonne nouvelle, c’est qu’ils ne seront pas beaucoup plus avancé que nous sur cette planète de fous. D’après ce que nous savons, l’objet a été récupéré par un terrien, un mercenaire qui ignore très certainement sa vraie valeur. Notre vaisseau est suffisamment petit pour se poser en dehors des star-ports, sur un simple aéroport. Nous devrions nous poser dans deux jours dans l’entité politique nommée NAUS. Je fais principalement ces enregistrements textuels au cas où il m’arriverait malheur, afin que mon clone puisse poursuivre au mieux ma mission. Je suis accompagné par Illanel qui a une certaine expérience des humains – elle parle même certains de leur langages.

Entrée n°2

Nous sommes arrivés hier, et n’avons pas été aussi discrets que j’aurais aimé. Il semblerait que peu de marchands de denrées de luxe se posent sur ce Star-Port, et sur cette planète en fait. Néanmoins les officiels n’ont pas fait de problèmes, ils semblent plutôt faire des efforts pour attirer des commerçants. Les terriens semblent être très pauvres, ce qui semble expliquer le désintérêt commercial dont souffre la planète.

La ville où nous nous trouvons s’appelle New-York. C’est une ville très intéressante, qui ressemble très peu aux cités Eyldarin, ce qui m’a surpris en bien. Si les humains semble affectionner la symétrie que nous avons appris à associer aux mammifères, les habitants de cette cité semblent avoir dépassé ce stade  : ils brisent régulièrement et systématiquement la symétrie et l’ordonancement. Les bâtiments sont conçus de manières régulières et très géométriques, des volontaires, à ce que j’ai compris, viennent sur leur temps libre repeindre gratuitement la ville afin d’améliorer son esthétique. Une autre bonne surprise fut au niveau olfactif, les Elydar aiment bien des odeurs biologiques, mais parfaitement limitées et contrôlées. Les humains, ici, cultivent un système de canalisations très actives biologiquement. J’ai à certain moment cru être dans mon marais natal.

Je dois aussi insister sur le fait que les affirmations des Eylda que les humains sont dénués de sens social sont totalement infondées. Outre les activités artistiques déjà mentionnées, j’ai découvert une pratique aussi intéressante qu’amusante. L’administration de la ville est pauvre, ce qui veut dire que les infrastructures de transports sont en mauvais état. Dans une pratique sociale très intéressantes, les humains ont entrepris de refaire les revêtements des rues en utilisant une gomme spéciale. Toute la population est mise à contribution : les humains mâchent cette gomme afin de la préparer et déposent la matière préparée sur la chaussée, formant ainsi un revêtement qui forme une mosaïque très intéressante (et d’après ce que j’ai entendu – en couleur!).

Entrée n°3

Illanel nous a trouvé un guide local. C’est humain très vif, mais tout petit – il parait frêle à côté d’Illanel. J’ai tout d’abord cru qu’il n’avait pas atteint sa maturité, mais Illanel prétend qu’il est adulte – quoi que je dois avouer que son intonation laissait entendre qu’elle n’était pas elle-même convaincue. D’après ses réactions à Illanel, je pense que c’est un mâle. Je suis curieux de voir ses pratiques nuptiales.

Je dois dire que cet humain m’est très sympathique, il est très communicatif et fait de gros efforts pour apprendre le Siyani. Dès qu’il a appris que ma montre était faite sur mesure pour moi sur Czlastrill, il m’a expliqué une coutume locale, où des humains s’échangent leur dispositifs pour mesurer l’heure. Il m’a expliqué que sa montre est une véritable de la République de Duttweiler – je ne sais pas où c’est, mais cela semble avoir son importance – je lui expliqué qu’une montre venant d’une planète à des années lumières avait certainement plus de valeur qu’une venant d’un endroit sur la même planète. Il a insisté que c’est une tradition très importante – nous avons donc procédé à l’échange. Sa montre est lourde et très primitive, elle fonctionnerait avec un système mécanique ! En plus ils en tirent une fierté ! Enfin ce n’est pas très grave, je devais de toute façon jeter la mienne, sa réserve d’énergie arrivait au bout.

Entrée n°4

Nous faisons du progrès – aujourd’hui le petit humain, qui s’appelle Greg, a commencé à chercher notre cible. Il a pour cela été voir tout ses contacts. De base, les humains semblaient plutôt réticents, mais la plupart étaient facile à convaincre avec un peu d’argent – mais je soupçonne Greg d’avoir menacé physiquement certains de ses interlocuteurs – ou plus exactement, il a menacé que je risquait de les frapper physiquement. Je dois avouer que j’ai été blessé par cette idée, jamais je ne frapperait un individu pratiquant la noble activité d’échanges d’idées.

Nous avons profité de la journée, Greg et moi pour pratiquer quelques échanges, c’est pour moi l’occasion d’entraîner ma pratique de la langue locale. Greg m’a vendu une arme aux formes intéressantes, deux balles de base-ball signées ainsi qu’une jolie miniature de la ville dans une bulle en verre très intéressante (lorsque l’on retourne la bulle il neige, vraiment adorable), tout cela contre la majorité de mes parts d’un complexe industriel sur Presidium. Greg avait l’air très content.

Greg a trouvé un endroit où nous avons une chance de trouver notre cible. Son contact serait difficile à corrompre, mais aurait un faible pour les femelles (j’en déduis que cela doit être un mâle, bien qu’on m’ait dit que cela ne soit toujours le cas). Le plan de Greg était d’utiliser Illanel comme appât. Celle-ci n’était pas très enthousiaste, mais faute de meilleur plan, nous allons essayer. Je dois avouer que je me réjouis de voir une scène de parade nuptiale humaine. Vu leur tempérament enflammé, cela risque d’être plus intéressant que chez les Eylda.

Entrée n°5

Les activités de la période nocturne ont été très intéressantes. Si nous n’avons pas trouvé notre cible, nous savons où la trouver. Nous nous sommes rendus au lieu indiqué par les contacts de Greg, un endroit ou l’on sert des boissons et ou des humains font des danses distrayantes. Greg devait entrer avec Illanel, et moi je restais en arrière pour intervenir au bon moment.

J’ai été terriblement déçu par la parade nuptiale des humains. Illanel devait se préparer pour l’occasion, je m’attendais donc à une tenue complexe avec des décorations brillante. En fait, Illanel portait simplement une tenue sombre très moulante, avec ces chaussures que les petits humains portent pour s’agrandir – bien que dans le cas d’Illanel cela ne soit pas nécessaire. De même, elle n’a pas fait de danse particulière, elle s’est simplement assise dans un coin, a pris une pose très statique et fait semblant de se désintéresser de tout ce qui se passait dans l’endroit. Vu l’attitude de Greg, Illanel avait, malgré les apparences, respecté le rituel : Greg été très impressioné, au point de foncer systématiquement dans les poteaux. Je pense que l’attrait de cette tenue se trouve dans le jeu de réflexions que le matériau moulant offre – preuve là encore que les humains sont bien plus sophistiqués qu’on le croirait.

Finalement, le bon mâle a approché Illenel, et elle a entrepris de lui parler pour obtenir les renseignements qui nous intéressaient. Malheureusement, les compagnons du mâle voulaient l’empêcher de parler ce qui a dégénéré en bagarre générale. Greg s’est retrouvé coincé sous une table et Illenael étalée par terre – elle n’a visiblement pas l’habitude de ces chaussures. Je suis donc entré pour régler la situation, heureusement se battre contre les humains n’est pas très difficile, ils ne sont pas très forts, et n’ont aucune idée en arts martiaux – ils frappaient systématiquement des endroits sans aucune importance, notamment un point entre mes jambes. L’un d’entre eux avaient une arme cinétique comme celle que Greg m’a vendue auparavant, mais mon écran a tenu bon.

Après avoir jeté un humain par une fenêtre, la situation s’est calmée. Suite à quelques instants de négociation, j’ai obtenu d’un humain que lui et ses amis maintiendraient le calme pendant que nous discutions avec notre contact. En échange, je lui ai donné la montre de la république de Duttweiler de Greg et le numéro de communicateur d’Illenael. Je pense qu’il veut faire affaire avec elle.

3 thoughts on “Journal d’un Siyan”

  1. Sympa que tu l’ais retrouvée, je l’avais bien aimée à l’époque.

    Bon, à part qu’au singulier, c’est “Siyan”. ;)

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