Paneau de la Douane de Moillesulaz (côté Suisse)

Arpitan

Paneau de la Douane de Moillesulaz (côté Suisse)

Avec le recul, on réalise surtout ce qu’on ne vous a pas enseigné à l’école. Si j’ai dû apprendre le nom des ponts qui enjambent le Rhône et l’Arve à Genève, on ne m’a jamais parlé de l’. Ce qui est ballot, car derrière cette langue disparue se trouve l’explication de l’orthographe de nombreux lieux en Suisse romande et en France voisine.

Je n’ai découvert que ce printemps la raison des noms se terminant en x ou en z. Il s’agit en fait d’une translitération, d’un hack du IXe siècle pour encoder l’accentuation de la dernière ou de l’avant dernière syllabe. Pour ce faire on utilisa des lettres qui ne servaient à rien en français. Le x final ne se prononce donc pas dans Gex et Chamonix, ni le z dans Culoz (n’en déplaise à la SNCF), ou dans Moillesulaz (Moëllesulaz si vous êtes Français). Pour ce dernier lieu dit, l’orthographe dans différent documents montre les différentes approches pour encoder le nom : Moilleçule, Moillesula, Moillesulaz, Moellessule, Mœllesulaz, Moëllesulaz.

Le paradoxe c’est qu’en bon Genevois, j’ai appris un chant complet en Arpitan : le Cé qu’è lainô, mais j’ai l’impression que nos chers instituteurs ont glissé sur le fait que ce chant n’est pas juste du vieux français. Ce qui n’était probablement pas très malin, si on m’avait dit que c’était une langue dinosaure, je m’y serai bien plus intéressé…