Le retour de la guitare

Guitare Acoustique Egmond

Une chose que j’essaye de faire dans ma vie, c’est d’avoir moins d’objets. Il est très facile de se retrouver encombré d’objets, qui, individuellement, ne sont pas un problème, mais qui collectivement prennent de la place autant dans mon appartement que dans mon espace mental. La solution la plus simple pour cela c’est de ne pas acquérir les objets, résister à la tentation d’acheter, ça n’est pas toujours facile, et parfois on acquiert des objets non pas en les achetant, mais comme cadeaux de différentes natures.

L’autre solution c’est de se débarrasser des objets en trop, j’essaye d’abord de les vendre, la somme d’argent que j’obtient est généralement négligeable, mais cela augmente les chances que la personne qui a acquis l’objet va s’en servir, la réutilisation vaut en général mieux que le recyclage. Sinon, je les donne et si je n’y arrive pas, j’essaye le recyclage. Au début j’avais un peu de peine à donner ainsi des objets, et si j’en avais besoin ? En général ce n’est pas le cas, et l’aisance aidant, je peux toujours en racheter un si le besoin devient urgent. Parfois, l’objet en question revient de lui même au bon moment.

Alors que j’étais encore à l’EPFL, un collègue thésard m’a un jour demandé où acheter une guitare pas cher, sa femme voulait en jouer. Ma compagne de l’époque avait une vieille guitare acoustique Egmond fabriquée en Hollande qui trainait dans sa cave et nous lui avons donc offert l’instrument, aucun de nous deux ne savait en jouer. Le temps a passé, ma compagne est décédée et j’ai complètement oublié la guitare.

Un jour mon ami de l’EPFL m’a appelé, il devait se rendre à l’aéroport de Zürich et me demandait si je voulais récupérer ma guitare. Il se trouve que ma compagne actuelle sait jouer de la musique, une guitare est donc la bienvenue dans mon appartement. Donc après bien des années, plusieurs déménagements, la guitare est à présent chez moi. Il faut encore que je trouve un crochet pour la suspendre.

Ikeda throwing

Ikeda Shihan

Ikeda throwing

I have barely returned from the aikidō seminar in Mürren and there was another one, this week-end Ikeda Shihan was in Zürich. This was a very big seminar, with more that sixty people, it took place in one of the big gymnastic halls of the university.

The lessons were about some pretty subtle techniques, with a lot of work on breaking the balance of the partner, the level of mastery of Ikeda-sensei made it look like some parlour trick, but the face of the uke showed that were not faking it. While those techniques are extremely interesting, they are quite hard for me to reproduce, also because the seminar is short, with a lot of participants, you have little time to tune yourself with your partners. I sometimes had trouble connecting what some advanced people were doing with what the teacher showed. Beginners typically try to reproduce what is shown, but sometimes ranked people seem to do, not what the teacher showed, but what they think the technique ought to be, which ads some confusion

Still it was good to have someone explain the core ideas behind the techniques, and Ikeda-sensei did that with a lot of humour, which is good, because it is very easy to get bogged down by frustration as you are unable to do what he showed. The seminar was complemented by a nice party saturday evening, despite the pretty grey weather it was fun. The facebook page of the event has some photos. All in all an extremely interesting seminar, which really extended my perception of aikidō, but now I’m really tired.

Matthias Wiesmann en tant que uke

Ceinture blanche

Matthias Wiesmann en tant que uke

L’aïkidō est une activité que je pratique plus ou moins régulièrement depuis un bon moment: j’ai commencé aux alentours de 1995 au club des Eaux-Vives, à Genève, où j’ai obtenu une ceinture orange (5e kyū), j’ai arrêté lorsque je suis parti à Lausanne pour ma thèse. J’ai repris la pratique à Meyrin lorsque je suis allé habiter à Saint Genis-Pouilly pour travailler au .

Faute de dōjō, je n’ai pas pu pratiquer au Japon, malgré une tentative d’établir un cours avec un collègue de , j’ai à la place fait du shōlinji kempō, art dans lequel j’ai obtenu une ceinture brune (3e kyū). Lorsque je suis retourné en Suisse, j’ai repris la pratique de l’aïkidō ici, à Zürich, il y a maintenant sept ans. Je n’ai plus passé de ceinture depuis… Techniquement, je suis donc toujours une ceinture blanche, ce qui est un échec assez intéressant, et justifie une nouvelle entrée pour l’été de l’échec. Cela ne signifie pas que je me considère comme un débutant, simplement que je n’ai pas de niveau officiel.

Mes passages de ceinture précédents, que ce soit en aïkidō ou en shōlinji kempō, se sont passé grosso-modo de la même manière : un jour le prof m’a dit tu vas passer le Xe kyū à tel moment, j’ai fait ce qu’on m’a demandé le jour donné et voilà. Mon dōjō actuel a une approche plus scolaire : il faut s’inscrire des semaines à l’avance, trouver un partenaire, et l’attente générale est que l’on prépare le passage de ceinture en sus des cours normaux. Bref, il faut bachoter pour l’examen. Étant donné que c’est un grand club avec de nombreux enseignants, cela n’est pas dénué de sens.

La pratique de l’aïkidō est pour moi un élément stable durant des semaines qui sont assez chaotiques, pouvoir y aller et repartir à heure fixes est important pour moi. Comme il faut parler avec la Californie, j’ai tendance à travailler tard et aller au cours du soir, il me faut encore 30 minutes de vélo pour rentrer, ce qui fait que j’ai le temps de manger un morceau, de prendre une douche et il est l’heure de dormir. Donc préparer l’examen une demi-heure de plus le soir veut dire aller au lit plus tard, pas une bonne idée.

En même temps, je voyage beaucoup, donc il y a des semaines où je ne suis simplement pas là, peut-être que je pratique de l’aïkidō, mais ailleurs (notamment au dōjō Aikido West dans Silicon Valley) cela permet d’aller à des stages et d’avoir une pratique variée, mais ce n’est pas idéal pour préparer un examen.

Ayant fait une thèse, j’en ai un peu ma claque des examens, et mon boulot comporte suffisamment de reviews et d’évaluations à 360° pour que je ne sois pas en manque, la ceinture en soi ne m’intéresse pas tellement ; j’ai assez de titres comme ça ; j’ai le droit de me faire appeler Herr Doctor et de le faire inscrire sur ma boîte au lettre, je suis Tech Lead au boulot. Les grades sont liés aux clubs et fédérations : changez de fédération, et votre belle ceinture redevient blanche. J’ai pratiqué dans quatre clubs en Suisse, trois sont dans des fédérations différentes, le dernier est indépendant.

Je ne suis pas fondamentalement hostile à un passage de grade, simplement cela implique de structurer plus ma vie, d’assoir certaines structures et de planifier plus loin. Après sept ans de vie à Zürich, la notion de que je vais partir sur un coup de tête est devenue plutôt abstraite, mais je ne veux pas non plus trop stratifier ma vie: même si mon expérience de faire du karaté au travail n’a pas été un succès, c’était une expérience intéressante.

En attendant, le seul changement certain, c’est que mon dōjō va déménager, ce qui devrait ajouter 5-10 minutes à mon trajet à vélo. Ce n’est pas un drame, mais cela signifie moins de marge, et peut-être re-penser la manière dont j’organise mes journées.

Maui & Sons ®

Maui & sons…

Maui & Sons ®

À l’époque où j’étais adolescent, et que la planche à voile était encore considéré comme une activité extrême de jeunes et les couleurs fluorescentes une bonne idée, la marque de vêtements Maui et son logo géométrique étaient considérés, dans mon cercle d’amis, comme l’épitomé du cool. Le temps à passé et j’ai complètement oublié cette marque.

Lors de mon dernier voyage en Serbie, j’ai acheté un nouveau maillot de main, pour découvrir qu’il était de cette marque. Le magasin où je l’avais acheté n’était pas tellement un endroit pour jeunes cool, plutôt un établissement bourgeois décontracté où les serbes peuvent rêver d’être des italiens élégants.

Les marques semblent évoluer et vieillir comme les personnes, s’embourgeoisant au fil des années, on les perds de vue, et un jour on les retrouve dans un autre pays…

The Toaster Project or a heroic attempt to build a simple electric appliance from scratch

The Toaster Project

The Toaster Project or a heroic attempt to build a simple electric appliance from scratch

I had heard about the Toaster Project by Thomas Thwaites, from some friend who actually had the seen the TED talk. Instead of just watching the talk, I bought the book. Both tell the story of a design student’s master project, which was to build a toaster from scratch; this meant mining the various raw material and refining them using equipment available to normal people.

I found it interesting that the project was undertaken by a person who is neither an engineer, nor someone involved in the maker mouvement, instead a student who would normally just draw the toaster in a CAD program.

The Toaster Project

Princeton Architectural Press
ISBN : 978-1-56898-997-6

As any engineer could tell you, this is a horribly complicated thing to do, and the resulting device is pretty rough. As often, the journey is more interesting than the result and Thomas discovers the complexity of building a cheap, everyday object. This quest gives us insights on the structure of production, industrialisation and the relationship between everyday persons and the goods they use and own.

The book is quite short (≈190 pages) with many illustrations, and is a really fun read which I recommend to everybody.

Aikidō in Mürren 2014

Lauterbrunnen

Going to the aikidō seminar in Mürren with Cindy Hayashi and Roland Spitzbarth has been one of my most regular activity: I now have been every year since 2010; doing aikidō in the middle of the alps, with a breathtaking scenery.

This year, a third teacher participated to the seminar: Marcel Schriber, I think this resulted in a very balanced teaching, which I found way smoother than the previous year with Robert Nadeau, as each teacher integrated the course of the other ones. This year the semianar only lasted from Monday to Saturday morning, which was not a bad formula, as there was no interruption for touristic activities, this gave a more compact course. Of course, I ended up being very exhausted.

This year we were pretty lucky with the weather, which was sunny without being overly hot, so we often did the weapon training outside. On a platform used by base-jumpers to prepare themselves. Training with a wooden sword before breakfast seems like a very reasonable activity: we don’t wear go-pros.

It is always difficult to say what I exactly learn in those aikidō seminars, mostly it is an occasion to train more and with more advanced and dedicated people. I mostly notice that things that seems very hard last year are now just hard. Still I found the exercices on the energy levels, and the way we practice when we are tired very interesting. So were the rolls and warm up exercices, which are pretty different of what I do regularly in my dōjō.

Une femme dans une robe khaki avec un corset en cuir brun et une chemise blanche

Convoi – seconde partie

Une femme dans une robe khaki avec un corset en cuir brun et une chemise blanche

Ce week-end, j’ai profité d’un voyage en Valais pour faire une seconde partie de mon jeu Dieselpunk Convoi, cela m’a permis de mettre en pratique les corrections que j’avais en tête suite à la première partie. La partie s’est déroulée de manière plus fluide et on a pu terminer le premier scénario en une séance, et les joueurs avaient l’air de bien s’amuser ce qui est le plus important.

Si le jeu fonctionne en gros, pas mal de détails doivent être réglés. Le convoi (train) est un aspect important de l’histoire, un personnage à part entière et une partie du système devrait être dédié à sa gestion. La mécanique que j’ai détaillé dans le billet précédent pour gérer la mort d’un personnage fonctionne bien, mais j’aimerais faire que la perception qu’ont le PNJ principaux du personnage ait son influence.

Une idée qui marche admirablement bien concerne la création initiale des personnages, s’ils sont créés dynamiquement durant la partie, il faut quand même quelque éléments initiaux pour démarrer la machine. Le plus intéressant est la couleur des uniformes: je demande à une première personnage de choisir la couleur sombre (noir, bleu-marine, khaki, gris) et à la seconde de choisir une couleur claire (rouge, jaune, blanc, mauve, etc). Le premier groupe avait choisir noir et rouge comme couleurs, le second gris et mauve. Ce qui est intéressant c’est que cela a pas mal influencé le style de l’équipe résultant. Le fait qu’un groupe ait inconsciemment reconstitué l’uniforme de la SNCF de Christian Lacroix est certainement intéressant.

Le second jeu d’éléments initiaux concerne l’équipement : outre l’uniforme, une sacoche en cuir, une clef de berne, un poinçon, un livre vierge aux couleurs du convoi, les éléments suivants sont distribués aléatoirement : une lanterne et une arme à feu.

Si le scénario à proprement parlé a bien fonctionné, j’ai l’impression que le second acte était bien trop linéaire et trivial, j’avais en tête un monde post-apocalyptique avec des sortes de zombies, mais plus de combats à ce stade n’amenaient pas grand chose. J’aimerais le remplacer par un monde cyberpunk, quelque chose de gothique pour avoir un contraste avec le premier acte qui se situe dans une Italie alternative dans les années 1910-1920.

Équipage © Fiorella Annoni.

A thousand and one nights – a game of enticing stories

1001_nights

While I used to be very involved in roleplaying games, I have not really followed various trends, like for many others, the amount of time available has dwindled and I have reached some kind of local minima, a form of game that mostly works, typically using an old and flawed system which I know well.

Before leaving for Japan, I sold a large part of the gaming material I knew I would never used. The little gaming material I bought since, was mostly to get ideas for settings and scenarios, rarely did a used the game per se. Meanwhile I have been trying to go towards a more narrative solution, which is hard because among the players I have, many are not GM at heart, but I still try.

A thousand and one night by Meguey Baker is a small game I noticed somehow on the internet, I don’t remember who pointed me to it, but I ordered it. It is a nicely designed booklet that presents a game where people tell thousand and one night tales. The game is nicely written and the illustrations are beautiful (I tend to dislike illustrations in US games).

The gaming system is pretty simple, with players betting dices, on the outcome of actions, one key aspect of the game is that at any point in time, a character can start to tell a story, effectively becoming the GM within that sub-story. Maybe because the root narrator is the Sultan, this reminded me of the some free game I once read, where the GM is some omnipotent tyrant and the players are various conspirators – annoyingly I have forgotten the name of the game.

A thousand and one nights
a Game of Enticing stories


Night Sky Games

If you are looking for some reference about the period or the setting of the 1001 night tales, you won’t find much in this book, the game gives some hints on how to set the ambiance, dim lights, confortable seating and arabian food, but stays admirably vague about the setting. I partially understand this, as everybody knows the tales, and realism would get in the way, but it also felt very politically correct.

Did I like reading this book? Yes, will I play the game? probably not. As with many other games of the same time, I only see this work if I played with a group of experienced GMs, or maybe younger players. The book does not give many hints on how to bootstrap the process, how to get the story flowing. Somehow I feel this is yet another game that falls in the middle of the uncanny valley between classical RPG and narrative games like story dices.

All in all a nicely written game with good ideas which I can’t use.

Une route abandonnée envahie par la végétation

Ma carrière académique

Une route abandonnée envahie par la végétation

En janvier 2007, je commençais à travailler pour Google à Zürich, après 8 ans dans le monde académique (15 si on compte le temps pour obtenir mon diplôme à l’université). Si je suis à présent très content d’avoir quitté le monde de la recherche ce n’était pas mon plan à l’origine, je me voyais plutôt devenir professeur, mais vu que ce billet est sur le thème de l’été de l’échec, je vais un peu revenir sur les raisons qui m’ont fait quitter le monde académique.

Pour obtenir un poste de professeur assistant, il faut avoir un bon dossier, ce qui se résume généralement au portefeuille de publications – l’enseignement n’a pas une grande influence. La qualité d’une publication se juge à son impact (combien de gens la citent), l’importance du contexte de publication (journal, conférence), et le prestige des co-auteurs. Comme il est très difficile de juger de la qualité d’un papier sans le lire, la quantité de papiers joue un rôle très important.

Durant mon post-doc au Japon, j’ai simplement réalisé que mon dossier n’était pas assez lourd, i.e. je n’avais pas assez de publications pour obtenir un poste dans une université raisonnable, et j’avais simplement le choix entre tenter ma chance dans ces université de troisième zone (par exemple au fin fond des États-Unis) ou bien passer dans l’industrie, ce que j’ai fait.

Je n’ai jamais eu l’impression d’être un mauvais chercheur : j’ai publié mon lot de papiers, travaillé dur, mais la direction dans laquelle je voulais rechercher n’était pas adaptée au monde académique, et je n’avais pas envie de m’adapter pour devenir un chercheur qui publie beaucoup d’articles. Mon moment d’épiphanie est survenu lors d’un séminaire de chercheurs francophones à Tōkyō, un français. m’a posé durant le repas une question à laquelle j’étais incapable de répondre : est-ce que tu fais de la recherche fondamentale ?.

J’ai toujours trouvé la première question qu’une personne vous pose très intéressante. Je ne parle pas des questions rhétoriques comme comment ça va ? mais de question où une réponse est attendue. Au Japon, la question est souvent quelle est votre relation par rapport à X ?. Est-ce que je faisais de la recherche fondamentale ? probablement pas, je travaillais sur la tolérance aux pannes, qui est un problème pratique, qui plus est j’essayais d’attaquer le problème de manière pratique. Ça n’était probablement pas la bonne réponse car le niveau d’intérêt de mon interlocuteur a sensiblement diminué.

Mon domaine de recherche se situait à l’intersection entre la théorie et la pratique, d’un côté on essaye de faire des modèles sur le comportement des ordinateurs, des pannes et de prouver qu’un algorithme est correct, de l’autre implémenter des prototypes pour évaluer de manière quantitative les algorithmes. D’un côté, des mathématiques, de l’autre, de l’ingénierie. Cet aspect inter-disciplinaire était ce qui m’avait attiré, mais c’était aussi mon principal problème : tout le monde chante la beauté de l’interdisciplinarité, mais dans un monde d’experts, une personne travaillant dans plusieurs domaines sera naturellement moins avancée qu’un personne se concentrant sur un seul domaine ; un violoniste solo est bien plus prestigieux qu’un homme orchestre.

Je prenais très à cœur la partie ingénierie de l’informatique, j’ai fait pas mal d’enseignement et essayé de donner aux étudiants une idée concrète de la programmation ; dans mes papiers, j’ai toujours essayé de mettre en question le modèle et d’étayer mes papiers avec des données. Ça prend du temps. Il est parfaitement possible d’écrire un papier théorique en quelques semaines, ajoutez-y une simulation et vous doublez facilement le temps.

J’ai fini par trouver que les modèles sont souvent moins des outils de réflexions que des vaches à lait, trouvez un modèle intéressant et vous pourrez faire une bonne série de papiers. Les notations formelles sont aussi un piège, elles permettent de cacher la simplicité ou l’absurdité d’une modèle. La question de savoir si ce modèle est proche de la réalité est difficile à éclaircir et donc souvent laissée de côté, mettre les mains dans le cambouis, ce n’est pas de la recherche fondamentale.

Un aspect central de ma thèse était les algorithmes de consensus, pour lesquels il existait deux algorithmes, soutenus par des factions rivales et sises sur des formalismes incompatibles, des modèles vaguement différents. Un de ces algorithmes est utilisé au travail, mais dans sa forme la plus simple : toute la complexité du système consiste à faire marcher l’algorithme pour de vrai, i.e. ajuster l’algorithme théorique à la réalité.

Parfois, lorsqu’au travail, j’interviewe un candidat fraichement sorti de l’université, il me demande si je fais de la recherche, si le monde académique me manque. En un sens, je fais de la recherche, j’essaye de résoudre des problèmes pour laquelle il n’y a pas de solution toute faite dans un livre, mais je ne fais pas de la recherche fondamentale, je dois mettre les mains de le cambouis, et s’il y a une solution simple, tant mieux, on passera simplement au problème suivant; mon travail est de les résoudre, pas d’écrire des papiers.

Deux graphiques en couleurs issus de la thèse 'Group communications and database replication: Techniques, issues and performance'

Documents pour le futur

Deux graphiques en couleurs issus de la thèse 'Group communications and database replication: Techniques, issues and performance'

Cet été marquait le douzième anniversaire de la publication de et je me suis retrouvé, un peu par hasard, à devoir y jeter un œil car j’avais oublié comment j’avais structuré la chose. Des années de labeur et puis on oublie, O tempora o mores  !, tout ça.

Une chose qui m’a frappé, c’est que le document est en couleur, ce qui n’était à l’époque pas une chose requise: les thèse étaient imprimées en noir blanc. J’avais néanmoins pris soin de générer les graphes au format vectoriel et en couleur avec les fontes par défaut du format PDF, ce qui fait qu’aujourd’hui encore, le rendu est très net, même sur un écran retina.

Cela m’a fait penser à mon billet sur les illustrations de scénarios de jeux de rôle : se limiter aux capacités d’affichage des imprimantes et des écrans d’aujourd’hui n’est pas une bonne idée, le but devrait être que le document s’affiche le mieux possible dans vingt ans.

La pérennité des données et l’obsolescence des formats est au débat à part, dans ce cas il faut avouer que le format PDF a bien survécu au temps, bien mieux que le HTML. Si on fait abstraction du format du conteneur, le fait est que, si la couleur ou l’image en haute résolution n’est pas présente, elles ne pourront pas être facilement re-crées dans le futur.

Je me suis retrouvé avec le même problème sur ce blog  : j’essayer d’illustrer chaque billet avec une image qui fait 250 pixels de large. J’ai installé un plugin qui insère la version double resolution pour les appareils dotés d’écrans haute résolution. Cela ne marche que dans le cas où j’ai mis sur le blog une version à haute résolution de l’image.