Limmatschwimmen 2012

Matthias nageant dans la Limmat tenant en laisse un papillon en plastique gonflable

Cela faisait trois ans que je n’avais pas participé au Limmatschwimmen, une course dans l’une des deux rivières qui traverse la ville de Zürich. Le principe est assez simple : chaque participant se jette à l’eau au bain des dames Frauenbad, armé d’une animal en plastique gonflable (cette année c’était un papillon) et nage jusqu’au bain du Letten inférieur (Unterer Letten), le trajet est d’à peu près deux kilomètres. En pratique, le jeu consiste à se laisser porter par le courant qui est assez fort, dans de l’eau à 23°.

Vue de la zone de départ. De gauche à droite: Münsterbrücke, les clochers du Grossmünster, la Wasserkirche

Comparé à il y a trois ans où l’organisation avait été complètement débordée par les milliers de participants, tout s’est admirablement bien passé cette année. La seule partie où j’ai du attendre était pour l’attribution des numéros de départ – j’avais acheté mon billet en ligne – pour laquelle j’avais du attendre 40 bonnes minutes vendredi à midi. Le samedi, par contre, je suis arrivé à l’heure indiquée, je me suis changé et j’ai sauté dans l’eau ; un thé chaud et mes vêtements m’attendaient à l’arrivée, ainsi que le traditionnel verre commémoratif.

Cette baignade était d’abord l’occasion de profiter du paysage : un ciel bleu, une très belle vue sur les alpes et une perspective imprenable sur la vieille ville ; vu depuis la rivière, le passé marchand de la cité devient évident : les maisons des guildes et les églises y dévoilent leur plus beaux atours. J’ai pu examiner de près la façade ouest de l’église de l’eau (Wasserkirche), et les décorations zodiacales sous l’hôtel de ville (Rathaus).

Outre le papillon sus-mentionné, certains viennent armés de radeau avec bières, pistolet à eau, et autre accessoires, le trajet est surveillé par beaucoup d’organisateur qui prennent le soleil sur des barges en bois de l’armée : ils donnent aussi du thé aux personnes fatiguées. La police était aussi présente, casquette blanches et chemises bien repassées. Tout le monde était détendu, souriant, même les goth assises à l’ombre des arbres du parc de la place Spitz avaient l’air heureuses de vivre.

Bref, ce fut une très belle journée. Je tiens au passage à remercier Balise qui a pris des photos de l’évènement avec moi dedans.

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Zombulateurs et post-apocalypse Fantasy

Où l’on découvre que Matthias écrit réellement n’importe quoi dans ses titres

Un thème que je vois surgir régulièrement sur les réseaux sociaux est l’idée que la société humaine est vulnérable comme jamais auparavant. Elle est certainement plus interconnectée, mais l’imposante population humaine est aussi en un sens sa garantie.

La population de l’Europe actuelle est de 740 millions, même en imaginant un épidémie qui tuerait 90% de la population, il resterait plus de personnes qu’après la guerre de 100 ans et la peste noire (qui ont tué la moitié de la population).

Ce genre de catastrophes terribles est souvent la base d’univers post-apocalyptiques, très souvent la société à régressé à un niveau technologique moyen-âgeux, ce qui permet à l’auteur d’écrire de la fantasy qui, surprise ! se révèle être de la science-fiction. Invariablement tout ce qui reste de l’ère précédente sont des zombulateurs (armes, vaisseaux, ordinateurs) hyper-puissants aux mains d’une élite et souvent liée à une prophétie.

Le fait que les dits zombulateurs fonctionnent encore après quelques siècle et sont de surcroit capables de suivre des prophéties ambiguës prouve surtout que les auteurs de fantasy ont pris un peu littéralement la phrase d’Asimov de Clarke selon laquelle toute technologie assez avancée est impossible à distinguer de la magie. À mon avis les pactes avec les démons sont triviaux comparés aux conditions d’utilisation d’un programme actuel.

Si on considère la catastrophe évoquée plus haut, que resterait-il disons un siècle après la catastrophe ? En imaginant que la société s’écroule, et que les connaissances techniques se perdent, il est clair qu’aucun appareil électronique ne survivrait bien longtemps, ces objets ont des durées de vie bien trop courtes et demandent beaucoup de soins et d’entretien.

À mon avis il resterait les choses suivantes :

Les plantes

Une grande partie partie des plantes dans nos champs et nos jardins ne sont pas originaires d’Europe (et vice-versa beaucoup de plantes ont été importées d’eurasie vers les amériques). En cas de cataclysme, elles ne reprendront pas le bateau pour revenir vers le contrées d’origine. Qui plus est, l’humanité a extrait du sol en grande quantité des substances dont les plantes raffolent : de l’oxyde de carbone, et des engrais (phosphates et nitrates). À climat égal, la végétation risque d’être beaucoup plus luxuriante, ce qui, dans une perspective médiévale, n’est pas obligatoirement une bonne chose.

Les métaux

Au moyen-âge, les métaux étaient quelque chose de précieux, les mines rares et peu profondes. Aujourd’hui, il y a du fer en quantité énormes dans les ouvrages d’art, les voies de chemin de fer. La tour Eifel à elle seule représente 7300 tonnes de fer. Les lignes électriques et les caténaires sont en cuivre, et il y aussi beaucoup d’or et d’argent dans les objets électroniques. De même on trouve partout de l’aluminium, un métal qui n’existait tout simplement pas au moyen-âge sous sa forme raffinée.

Le verre

Si le verre est connu depuis très longtemps, il devait être raffiné. Vu la quantité de verre que l’on trouve aujourd’hui dans les différents bâtiments mais aussi les contenants, et le fait qu’il se recycle assez facilement, c’est un matériau qui restera disponible en abondance.

Les constructions

Un des rares aspects positifs d’une telle apocalypse, c’est qu’une grande partie des abominations en béton qui nous entourent seront recouvertes de végétation. Même s’il ne fait aucun doute que de nombreux bâtiments, surtout des tours s’écrouleront, il en restera quand même beaucoup. Certains bâtiments resteront utilisables, et les autres des sources de matériaux de construction, de la même manière que les pierre de l’empire romains furent ré-utilisées. Poutres métalliques, blocs de béton ou de pierre, vitres, autant d’éléments qui donnera une architecture bien différente du moyen-âge.

Les outils

Si on visite un marché aux puces, on trouve une abondance d’outils qui ont entre 50 et 100 ans : couteaux, rabots, marteaux, scies, etc. Même s’ils sont souvent plus légers, une fraction des outils d’aujourd’hui, qui sont généralement en acier, survivront probablement quelques siècles. Des clous en métal étaient quelque chose d’onéreux au moyen âge, et ne valaient pas comme aujourd’hui, des clous…

Je n’ai discuté dans ce billet que des choses matérielles qui survivraient raisonnablement un siècle ou deux. Clairement après un laps de temps plus long, les choses construites (constructions et outils) disparaitraient, par contre, sans technologie avancée, je ne vois pas réellement comment les plantes et les matériaux bruts (métaux, verre) reviendraient à un niveau pré-industriel. De fait, une partie des problèmes de pollution dont nous souffrons est surtout sur-abondance de matériaux qui auraient été un trésor plus tôt dans l’histoire : en 1855, des couverts en aluminium étaient considérés plus précieux et plus nobles que des couverts en or.

Concevoir un univers médiéval bâti sur ces prémisses serait intéressant, à condition d’éviter les zombulateurs…

À une échelle plus géologique, la BBC a un articles intéressant sur ce thème (en anglais) : Partie 1, partie 2.

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Scrivener

Scrivener vue des notes sur le panneau de liège

Je suis entouré de gens qui écrivent, qui participent à des des concours et des ateliers d’écriture, et qui en général, font les choses de manière sérieuse™. Si ma période d’écriture sérieuse est clairement dans le passé, j’écris encore, dans ce blog évidemment, mais aussi des scénarios de jeu de rôle que je mets parfois en ligne.

Jusqu’à présent, je me suis intéressé aux outils d’écriture que de manière marginale : je n’ai pas de workflow à optimiser, et je n’ai jamais réellement vu l’intérêt d’éditeurs de texte qui évitent les distractions. Je suis suffisamment distrait par moi même pour que ne pas pouvoir blâmer le reste de l’interface de l’ordinateur, mon processus d’écriture étant plutôt champêtre, je n’ai pas de raison de me bloquer sur la page blanche. Bref, je suivais les discussions des amis sur les outils d’écriture, mais les outils généralement mentionnés semblait résoudre des problèmes que je n’ai pas.

Capture d'écran de la vue texte de Srivener avec la hiérarchie de fichiers

Les discussions sur Scrivener m’ont suffisamment intrigué pour que je télécharge la version 2.3.1 et essaye la bestiole. Après 24 heures d’essai, je l’ai acheté sans hésiter : à environ 50 francs, ce n’est pas un gros investissement. J’ai utilisé Scrivener pour écrire un nouveau scénario Rêve de Dragon, et si je n’ai pas encore fini l’écriture, j’en suis déjà à 6500 mots. On est loin des 50K mots des concours d’écriture ou de ma thèse, mais j’ai écrit tout cela en moins d’un mois, durant mon temps libre. Ce qui est certain c’est que Scrivener a rendu l’écriture plus agréable pour moi.

Mais qu’est ce qui rend Scrivener particulier ? Pour moi c’est principalement le mode de travail, qui est un compromis entre le brainstorming graphique, l’écriture dans différent fichiers et les macros à la manière de Laτeχ et un IDE pour programmer. Cela permet de passer d’une phase où l’on pose les idées à plat sur un panneau en liège vers un éditeur de texte qui permet de « remplir » les cartons qui correspondent aux idées développées durant la phase précédente. Les textes sont organisés dans une hiérarchie, où chaque texte peut être un répertoire avec des enfants. L’ensemble peut naturellement être visualisé comme un document linéaire.

Le système reconnaît quelques macros, ce qui m’a permis par exemple de définir une citation pour chaque fiche et de simplement référence le titre et la citation de la fiche dans son texte. Au moment de la composition finale, elles sont substituées. J’ai aussi ajouté les substitutions typographiques françaises à la phase d’exportation, je peux ainsi écrire avec des espacements anglais (pas d’espace avec les doubles ponctuations) et le texte généré est adapté. Le fait qu’il s’agisse d’une vraie application Cocoa fait que toutes la puissance d’OS X est à disposition : services, substitution de texte du système, raccourcis clavier emacs, tout fonctionne. L’application contient enfin quelques outils spécialisés pour l’écriture : un générateur de noms que j’ai trouvé plutôt pratique, notamment.

Scrivener n’est certainement pas parfait : l’application a des airs de créature de Frankenstein, avec ses différents modes, le format de fichier n’est pas très propriétaire, c’est une collection de fichiers XML, RTF et texte qui semble être différente selon les plateformes, et en cas de collaboration, j’imagine que la gestion des conflits. Cela dit, j’ai essayé la synchronisation avec Simplenote, et cela a l’air de fonctionner. Malgré ces défauts, cela reste une très bonne application pour l’écriture, et je vous conseille de l’essayer, surtout si vous travaillez sous Mac OS X.

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Des chiens et des micro-contrôleurs

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Les gens ont parfois des attentes étranges concernant la technologie. Si on leur explique que la police dispose d’un dispositif capable, à partir d’un petit échantillon de traces biologiques, de suivre un humain sur plusieurs kilomètres, ils sont étonnés, voir choqués. Pourtant ce dispositif est assez ancien : c’est un chien.

On peut faire des choses très impressionnantes avec un chien : chien de berger, chien d’aveugles, chien d’avalanche, chien d’assistance pour handicapés. Beaucoup de gens ont des chiens, mais en général il n’en font pas grand chose, c’est une forme de compagnie, une raison d’aller se promener, une base de socialisation. Quand on pense au potentiel d’un chien, c’est un peu comme utiliser un ordinateur un million de fois plus puissant que ceux dans les sondes envoyés au confins du système solaire pour faire tourner facebook.

Le problème du chien commun – mis à part pour les chihuahua et autre chien sac-à-mains – ne réside pas au niveau de son potentiel, de sa forme physique mais bien dans son éducation. Dresser un chien, c’est du travail. Dans tous les objets qui nous entourent, il y a à présent des microcontrôleur, des processeurs capables de milles merveilles, mais dont le potentiel n’est absolument pas utilisé. Reprogrammer un microcontrôleur, c’est du travail.

La différence – et elle est importante – c’est qu’un chien d’aveugle n’arrive pas encore à enseigner à ses congénères ses compétences. On peut transmettre le programme d’un microcontrôleur à l’autre. Dans tous les cas il y a des gens qui rêvent d’un monde où tous les chiens et les microcontrôleur pourront réaliser tout leur potentiel…

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Amanites Artistiques

Un des grands plaisirs que j’ai lorsque j’écris des scénarios rêve de dragon, c’est de pouvoir écrire les textes annexes pseudo-académiques.

Dans ses Notes sur la Critique Artistique Avancée, Bloutok l’incompris met explicitement en garde contre une consommation asymétrique de ces champignons. Coincé sans champignon jaune dans une œuvre, le critique sera dépendant du fait qu’une personne le réveille, ce qui cause un syndrome ennuyant. La consommation d’un champignon jaune dans la réalité (ou son équivalent local), ne fait pas disparaître, comme on pourrait s’y attendre, l’expérimentateur – dans le cas mentionné, l’assistant de Bloutok qui s’était porté volontaire – mais lui cause un fort traumatisme.
Bloutok avait d’abord pensé avoir trouvé un moyen objectif de découvrir la nature exacte de la réalité jusqu’à ce qu’il découvre sa propre présence, discrète, mais indiscutable, dans les différentes œuvres qu’il avait critiqué au moyen des champignons, une violation imprescriptible du code des critiques. Cela le plongea dans une terrible dépression, son œuvre fut terminé par son assistant, qui mentionne dans une note de bas de page que Bloutok est mort empoisonné par une trop grande dose d’amanites artistiques alors qu’il cherchait à entrer dans une œuvre érotique.

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