Modem Attaché…

Acoustic Modem AJ 311 (andersen jacobson)

Acoustic Modem AJ 311 (Andersen Jacobson)
GFDL & CC Deep silence (Mikaël Restoux)

Régulièrement je me retrouve à chercher la version en français correct d’une expression technique, en général le résultat me laisse sur ma faim. Le fait que je ne connaisse pas de site de référence n’aide pas. En fin de compte j’utilise la wikipedia : je cherche la page du terme en anglais, et je suis le lien passer dans l’autre langue. C’est ainsi que j’ai découvert le terme « modem attaché » pour le concept de internet tethering.

Je ne suis pas réellement enthousiaste pour cette traduction. Parler de modem dans ce contexte me paraît inapproprié, si parfois le téléphone se présente à l’ordinateur comme un modem, c’est de moins en moins le cas, c’est de plus en plus une interface ethernet virtuelle (sur le bus UBS) ou une même un service d’accès opaque (via Bluetooth). S’il y a toujours une pièce au fin fond de mon téléphone mobile qui fait de la Modulation-Démodulation (la définition du Modem) tout le monde s’en fiche comme d’une guigne. Quand au terme attaché, il ne donne pas beaucoup d’information, par définition, un modem est attaché, le modem libre n’a pas de grand intérêt.

Je ne suis pas plus convaincu par une traduction littérale : bridage internet. J’aime bien l’expression « mise en bride internet », mais c’est un peu long. Au moins ça rend l’idée qu’un appareil est asservi à l’autre pour l’accès à internet.

Pour revenir à la mise en bride internet elle est à présent activée sur mon iPhone et j’ai pu faire quelques expériences. Le téléphone apparaît à mon ordinateur comme une interface réseau additionnelle quand le téléphone est connecté via USB, ce qui est somme toute classique. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que même lorsque l’iPhone est connecté à mon réseau Wifi, le traffic passe néanmoins par l’interface GPRS/3G. Ainsi lorsque je me connecte à internet via la bride, je me retrouve avec une adresse IP dans la zone 193.246.0.0 - 193.247.255.255 qui dépend de Swisscom Mobile et un nom de la forme gprs*.swisscom-mobile.ch. L’accès internet de ma maison a une adresse dans la zone 92.104.0.0 to 92.107.255.255 qui dépend de Bluewin (la firme qui gère les accès internet fixe de Swisscom) et a un nom de la forme *.cust.bluewin.ch. ce n’est pas réellement un problème, vu que mon ordinateur a une interface Wifi. Si mon iPhone peut se connecter à un réseau, mon ordinateur le peut aussi. Si le multiplexage se fait probablement au niveau de l’interface GPRS, il y a néanmoins une forme de routage IP, vu que l’interface sur le laptop reçoit une adresse privée (192.168.20.*).

Acoustic Modem AJ 311 (Andersen Jacobson)
GFDL & CC Deep silence (Mikaël Restoux)

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De l’aspect narratif des années huitante

casette audio BASF

Alias a écrit un billet sur les années huitante que j’ai trouvé intéressant, même si j’ai failli le rater entre deux critiques d’albums de rock progressif. Je partage son sentiment que les années huitante sont un peu une décennie fantôme, coincée entre l’oubli et le romantisme de ma génération. À mon sens, le problème des années huitante (outre que le fait que les français utilisent le mauvais mot pour ce chiffre), c’est que c’est une décennie sans narration.

Sans dire qu’il ne se soit rien passé, il y a eu remarquablement peu d’événements charnières, du genre avec des héros, des barricades, des drapeaux et des dates ponctuelles, de ceux qu’on peut mettre dans les livres d’histoire. Ce n’est pas un hasard que personne n’ait fait de film sur la guerre des Malouines. Les années huitante ont aussi vu de long règnes : Ronald Reagan de 1981 à 1989, François Miettand de 1981 à 1995, Margaret Thatcher de 1979 à 1990, Helmut Kohl de 1982 à 1990. Même le premier ministre du Japon, Yasuhiro Nakasone est resté au pouvoir durant cinq ans, de 1982 à 1987.

Cela ne veut pas dire que la décennie n’a pas eu d’influence, les doctrines économiques mises en œuvre à l’époque ou l’apparition de l’électronique de masse sont à l’origine de tous les chamboulements sociaux que nous vivons à présent. Mais à l’époque personne ne s’en rendait réellement compte. La menace était soviétique, les gens réalisaient lentement que le Japon était devenu une puissance économique. Même un auteur de science-fiction de l’époque ne pouvait envisager l’émergence du BRIC

À posteriori, ces années peuvent apparaître pour les uns comme la longue phase d’implémentation des idées révolutionnaires de la fin des années soixante. Pour les autres, plus jeunes comme une sorte de préhistoire maladroite : toutes les technologies de notre vie quotidienne sont apparues à l’époque, elles apparaissent aujourd’hui lentes, pathétiques, grosses et maladroides, comme le montre l’interview d’un adolescent de 13 ans à qui on avait demandé de comparer un walkman vieux de 30 ans à son iPod.

Que ce soit le Walkman, les chansons de Madonna ou la mode des épaulettes larges comme des porte-avions, il est difficile, même pour un représentant de la génération X, de dire que c’était mieux avant. Lorsque j’ai revu pour la première fois depuis des années des épisodes de la série TV Miami Vice, ma première réaction fut de penser que c’était un pastiche. Presque aussi bizarres que les années septante, mais sans le capital sympathie. J’ai eu la même réaction en voyant le film Charlie Wilson’s War, ce fut réellement une époque curieuse.

Les grand chamboulements qui ont accompagnés la chute du mur de Berlin ont à mon avis creusé un fossé infranchissable, c’est devenu une époque insensée et inaccessible, presque mythologique. Ce n’est pas pour rien que c’est à cette époque que le médiéval fantastique a pris son essor sous toutes ses formes. En un sens, Michael Jackson en aura été le symbole jusqu’à la fin, brillant de tous les feux du Kitsch, puis transformé au delà de toute forme de reconnaissance, et disparu de manière anti-climatique.

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