Steam locomotive modernised by Dampflokomotiv- und Maschinenfabrik DLM of Winterthur,

Modern Steam

Steam locomotive modernised by Dampflokomotiv- und Maschinenfabrik DLM of Winterthur

While looking around for references for my dieselpunk roleplaying idea, I ended-up reading a bit about steam locomotives. While steam-engines are considered low-tech enough to be part of the romantic landscape of steampunk, they are quite complicated systems, they got constantly improved between the first prototype built by Richard Trevithick in 1804, and the demise of that technology, 150 years later.

Steam locomotive were supplanted by either electric or diesel-electric engines, with lower maintenance costs, and in the case of diesel-electric locomotives, better energy efficiency. Diesel locomotives typically have a 35% thermal efficiency, that is for each unit of energy it consumes, about a third translates into actual work (pulling trains). Steam locomotives typically had a thermal efficiency of 7%, although late prototypes reached 12%. Steam engines have the added drawback that they need water besides fuel. Unsurprisingly, steam technology appeared in a region where both water and coal were abundant.

Are steam locomotive really a thing of the past? Maybe not. There have been numerous technological advances in the last seventy years that would benefit a steam engine: better mechanical part, stronger and lighter materials, including improved insulation, computer based controls; so it seems conceivable to build locomotives with a thermal efficiency of 20%.

While this is still below the efficiency of a diesel locomotive, or even a car with a combustion engine (25%), steam locomotives have the advantage that they can run on a variety of fuels: coal, which is currently cheaper per energy unit than diesel, but also wood pellets, or even oil. It is also possible to build fireless steam locomotives that can run off some local source of steam, say the heat exhaust of a factory.

One interesting experiment is locomotive DLM 52 8055, a Kriegslok, i.e. a wartime locomotive built in occupied France, that ended up in Eastern Germany. In 1999 it was refitted in a modern way by Dampflokomotiv & Maschinenfabrik (DLM) in Winterthur, a spin off of the old Schweizerische Lokomotiv- & Maschinenfabrik (SLM). I could not get numbers about the efficiency of the new locomotive, but the conversion nearly doubled the locomotive’s power from 1176KW to 2205KW and its maximum speed was raised from 70 km/h to 100 km/h.

Currently the focus seems to be on repairing and upgrading the stock on exotic train lines (narrow gauge, cogwheels) only time will tell if the technology will do a more general come-back…

Modern Steam Dampflokomotive DLM 52 8055 © Walter Pöder – Creative Commons Attribution 3.0 Unported

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Cosplay avant l'heure – sorcière

Cosplay et vieilles dentelles…

Cosplay avant l'heure – sorcière - 1885 environ

Le コスプレ(Cosplay) est une des ces activités vaguement liées au jeu de rôle, quelque part derrière le grandeur nature, que je suis du coin de l’œil. L’Office québécois de la langue française a déjà proposé le mot Costumade et la wikipedia affirme que l’origine de la pratique date de 1939, lors de conventions de science-fiction. J’ai cependant trouvé une activité similaire et plus ancienne : au XIXᵉ siècle il était courant pour les photographes de déguiser leurs clients pour rendre les clichés, fort couteux à l’époque, plus intéressant. Les costumes antiques ou exotiques étaient très populaires.

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Pennsylvania Railroad Steam 1 Locomotive designed by Raymond Loewy

Dieselpunk Board

 Pennsylvania Railroad Steam 1 Locomotive designed by Raymond Loewy

I have been using Pinterest for some time to collect various pretty picture, but as I’m collecting ideas for a dieselpunk game, I created a dieselpunk board with various images and drawings I found on the web.

While there is a huge amount of Steampunk material on the web, Dieselpunk stuff is much more scarce, which in a way is strange because there are way more photographic documents available.

While Steampunk is a Uchronia, its structure is pretty straightforward, take victorian society, add some gear based technology, a bit of punk, voilà. Dieselpunk takes the same idea, but includes all the failed stuff of early industrial age: zeppelins, propeller driven trains, armoured trains and crazy planes, stuff that was built for real.

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La cybernétique

Que sais-je?
la Cybernétique
Louis Couffignal
Le point des connaissances actuelles
Presses Universitaires de France

Alors que je bricolais sur mon Commodore 64, quelqu’un m’a offert le livre La Cybernétique, un livre de la collection que sais-je, écrit par . À l’époque je l’avais trouvé complètement illisible et sans rapport avec l’informatique. Le livre a fini dans une étagère, oublié, puis dans un carton, et une nouvelle étagère. Je suis retombé dessus par hasard un samedi pluvieux.

Ce livre est la cinquième édition d’un livre écrit en 1963 pour les Presses Universitaires de France, il présente le domaine de la cybernétique, largement basé sur les travaux de Norbert Wiener, définit comme la science des analogies maîtrisées entre organismes et machines. On peut difficilement dire que cette branche soit très influente, j’ai réussi à faire un doctorat en informatique sans jamais en entendre parler. J’ai donc entrepris de lire ce texte, partant de l’idée naïve que je serais plus à même de comprendre ce texte, et sachant qu’exactement un demi-siècle me sépare de la première édition.

La Cybernétique

Que sais-je n°638, 128 pages
Presses Universitaires de France
Dépot Légal : 1963
5e édition, 1er trimestre 1978

Après avoir terminé la lecture, je dirais que la cybernétique devait être une des ces théories pour en finir avec les théories, avec congrès international et symposiums. La branche qui explique comment sont structurées les choses qui marchent et comment les faire marcher mieux, depuis les créatures vivantes jusqu’aux sociétés complètes, un peu l’idée sous-jacente de Treize à la douzaine, en moins amusant.

Dire que ce livre a mal vieilli est un doux euphémisme : beaucoup de mots, de définitions, quelques exemples des sciences phagocytées par la cybernétique, mais en fin de compte, tout semble se réduire à l’idée de rétroaction, l’exemple du régulateur à boules est cité plusieurs fois dans le livre, même l’enseignement peut-être optimisé en ayant un professeur qui glose et des machines à enseigner.

Si le livre parle beaucoup d’information, aucune mention n’est faite du théorème d’échantillonnage de Nyquist-Shannon, pourtant publié en 1949 et de la théorie de l’information en général. D’une manière générale, pour un ouvrage traitant de technologie, il est plutôt à la traine, la majorité des exemples sont mécaniques, les machines à compter sont celle de Pascal, décimales, bien sûr – ce qui n’est pas réellement surprenant, l’auteur était le directeur du Laboratoire de Calcul Mécanique de l’Institut Blaise Pascal. L’amplificateur ultime est le tube, alors que les transistors MOS existent depuis 1960.

En termes d’outils mentaux, le livre est aussi très pauvre: il est truffé d’analogies avec des systèmes mécaniques ou animaux d’échelles différentes, mais il n’y a aucune mise en abime, aucune définition claire de niveau, de récursion, de modules, de composants. De même le chapitre sur l’encodage de l’information définit assez maladroitement l’encodage en porteuse et jeux de symboles, sans penser un instant à des encodages plus complexes, récursifs. La partie la plus intéressante est la présentation des systèmes de classification, qui semblent être les ancêtres des systèmes de programmation objet d’aujourd’hui, y compris les mauvaises idées qui ont contribué à tant d’abus.

La branche de la cybernétique semble avoir largement disparu, ce qui est probablement une bonne chose. Si elle a peut-être contribué à avancer l’idée qu’une cellule, un humain, une machine et la société sont tous des mécaniques d’un certain type, la majorité des idées présentées sont non seulement obsolètes, mais clairement fausses à la lumière des progrès en psychologie, en informatique et en biologie.

La seule vertu de ce livre est de donner une idée de la vision de la technologie de l’époque, et même s’il a été écrit à mi-chemin entre la mort de la reine victoria et le temps présent, c’est à mon avis un bon proxy pour une vision steampunk de l’univers.

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New-York City Overcast by the Moon and Zeppelins, with an explosion in the centre and the cast of Iron Sky in front

Iron Sky

New-York City Overcast by the Moon and Zeppelins, with an explosion in the centre and the cast of Iron Sky in front

Finish humor is one of those things you are hard to describe or even understand, yet if somebody could make a funny movie about Nazis from the Dark Side of the Moon, it was some finns. I had heard a pretty good review of this movie by Mark Kermode, the movie made quite some buzz on the internet, and had part of its financing done by crowd-funding, so I was quite curious to see what the result was like.

Iron Sky is a Science-Fiction comedy produced by Timo Vuorensola based on a story written by . The movie is set in 2018: unbeknownst to the rest of humanity, the nazi that fled in 1945 have been hiding on the dark side of the moon, where they plot their return.

While this movie is clearly a comedy, it features the two necessary elements for a good science-fiction movie: a plot centered around characters you can care about, and an interesting background. Iron skies pits on one hand a version of the United States where somebody like Sarah Palin became president, and whose PR team staged the landing of black model on the moon to get her re-elected, on the other hand a nazi colony hidden on the dark side of the moon, completely cut of from what happened on earth, which hopes to re-conquer the earth with World War 2 technology.

The plot centers on two characters, Renate Richter, played by Julia Dietze, a pretty nazi earhtologist that is supposed to marry the next Moon-Führer (Klaus Adler, played by Götz Otto) and James Washington, a model turned astronaut for a PR stunt, he is played by Christopher Kirby.

While Iron Sky is certainly not a masterpiece, it is a fun movie that works. Some of the special effects are cheap and most of the science in the movie does not make sense, but I believed and cared about the characters and chuckled at the jokes. I liked the steampunk look of the of moon-nazi base and engine, the fact that for the most, their technology, their mode of though and their fashion had stayed in the 40′s.

One of the key characters of the story is Vivian Wagner, the PR agent of the US president, played by Peta Sergeant, without giving to much of the plot away, she is the bridge between the two worlds, and I think, says a lot about the relationship between modern PR and propagada of yore, and I think her performance is one of the reasons the movie works. While the movie is quite short (93 minutes), it still manages to cram quite a few references and jokes, including of course Charlie Chaplin‘s The Great Dictator and a very good re-acting of the “Hitler reacts to…” sequence of the movie Der Untergang which saw so many spoofs and adaptations on the internet.

In summary, a fun movie with some good cynical undertones, a must see if you like Pulp or Steampunk style movies.

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Affiche pour l'Observatoire Urania à Zürich

Observatoire Urania

Affiche pour l'Observatoire Urania à Zürich

À Zürich, il y a une brasserie Lipp, cela n’a rien de très spécial. Au dessus de la dite brasserie, il y a un bar panoramique, nommé le Jules Vernes. Le bar tient son nom du fait qu’il se trouve dans l’ancien observatoire de l’École Polytechnique Fédérale de Zürich (ETHZ), construit de 1861 jusqu’à 1864 par Gottfried Semper. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que le dit observatoire appartient aujourd’hui à l’université populaire de Zürich, qui le maintient en service. L’observatoire Urania peut ainsi être visité, soit à titre individuel le jeudi, le vendredi ou le samedi, soit en groupe organisé.

Avec mon équipe de Google, nous avons donc visité l’endroit lundi dernier. Si un télescope construit en 1906 avec une distance focale de 5 mètre situé au centre d’une ville n’est de loin pas l’idéal pour voire les planètes ou les étoiles, j’ai quand même pu voir les anneaux de saturne. Cela dit, même s’il date de plus d’un siècle, le télescope est impressionnant : 12 tonnes de métal dans une coupole en bois, le contrôle se fait à la manivelle, même si un système de tracking automatique a été ajouté. J’ignore si l’endroit pourrait être loué, mais cela ferait un décor merveilleux pour une soirée Steampunk.

J’ai aussi pris quelques photos de l’endroit.

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chateaux_de_la_colere

Châteaux de la Colère

Une locomotive sur deux rails très courts qui rouille devant un palais en ruines.

Après ma lecture de Soie, plusieurs italophones dans mon entourage m’ont conseillé de lire du même auteur, Alessandro Baricco.

J’ai lu le roman en quelques jours, le style est rapide et l’histoire passionnante. Comparé à Soie, l’histoire est plus complexe, plus chaotique, d’une certaine manière, je ne suis pas certain du thème : une histoire d’amour étrange au centre, certainement, la passion de créer, de construire, sans aucun doute, le fait que ces mêmes créations sont éphémères, que nos rêves sont en constante butte avec la réalité, aussi, une mélancolie pour un temps, un endroit qui n’existe probablement pas, je pense. Il y a aussi une locomotive à vapeur.

Le livre ne m’a pas donné l’impression que l’auteur avait un thèse précise qu’il désirait imposer au lecteur, probablement que d’autres personnes lisant ce même texte en tireront quelque chose de complètement directement. La narration suit deux couples : Monsieur et Madame Reihl, et Pekish et son assistant, Pehnt. Monsieur Reihl et Pekish suivent tous deux une passion. Comme son nom l’indique, Monsieur Reihl veut construire une voie de chemin de fer, et Pekish déplacer du son. On s’en doute l’histoire ne suit pas ses rails, et la musique ne peut-être contrôlée. Autours d’eux une constellation de personnages groupés dans une petit ville qui n’existe peut-être qu’en Rêve, Quinnipak.

Châteaux de la colère

Traduction depuis l’italien : Françoise Brun
Folio (Gallimard)
ISBN : 978-2-07-041959-3

J’ai trouvé que Châteaux de la colère est un livre passionnant et intense, mais qui pourrait rebuter ceux qui ont besoin d’une narration structurée, d’une histoire qui suit ses rails. Pour les rôlistes, je pense que le livre contient beaucoup de matière brute pour faire du steampunk onirique.

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Convention 7 mai 1912

Rejouer le XIXᵉ siècle…

Article 10
La présente convention ne déploiera ses effets qu'après l'entrée en vigueur des deux conventions suivantes :
1) la convention entre le canton de Genève et la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, mentionnée à l'article premier ci-dessus :
2) la convention entre l'administration des chemins de fer fédéraux et la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée pour la circulation des trains sur la ligne de Genève à la Plaine et pour leur admission dans la gare de Genève-Cornavin.
Art. 11
Les ratifications légales de la Confédération et du canton de Genève sont réservées. Si ces ratifications n'intervenaient pas de part et d'autre jusqu'au 25 décembre de l'année courante, la présente convention serait nulle et non avenue.
Ainsi fait à Berne, en deux doubles, le 7 mai 1912.
Au nom du Conseil fédéral suisse : [signatures]
Au nom du Conseil d'État du canton de Genève : [signatures].

Il y a maintenant cinq ans, j’avais écrit un billet une autre troisième voie où je faisais remarquer que techniquement, alors que tous réclament à grand cris une troisième voie ferroviaire entre Genève et Lausanne, il en existe une qui rouille à l’abris des regards.

J’ai découvert par hasard une association qui propose en 2012 la même chose que je moi il y a quelques années : créer une voie entre la ligne du pied du Jura à Saint-Genis Pouilly et la ligne CFF près de Satigny. Je trouve intéressant qu’ils soient arrivés exactement au même conclusions que moi de manière indépendante – en tout cas, il ne citent pas mon blog. Dans tous les cas, je souhaite bonne chance à cette association.

Si je regarde le réseau de train autours de Zürich, de nombreuses lignes datent de l’époque des pionniers du rail, l’actuel S41 utilise les voies construites pour relier Winterthur à Bâle, le S4 la voie qui transportait aussi les marchandises jusqu’à l’usine de bière Hurlimann. Le trajet du CEVA n’est que la réalisation d’une convention signée le 7 mai 1912. La nouveau tunnel du Gothard est la version du XXIᵉ siècle du projet d’Alfred Escher.

C’est comme si notre société reprenait la construction des infrastructures au point où elles ont été laissées il y a un siècle. Ce que je trouve intéressant, c’est que la mode suit le mouvement : alors que nous reprenons les projets de ces Messieurs portant chapeau et redingote, la mouvance steampunk semble se populariser. C’est comme si certains types de projets ne peuvent être conçus que si l’on porte la tenue appropriée…

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Cover of an original Captain Future, showing Joan chained to a rocket.

Captain Future

Cover of an original Captain Future, showing Joan chained to a rocket.

When I was a kid, one of my favorite TV-shows was the japanese animation of Captain Future (キャプテン (Kyaputen)フューチャー (Fyūchā)), it was dubbed in French, and named . Little did I know that the character was way older, having been created in 1939 by Edmond Hamilton. Clearly I am not the only one remembering, as someone went to great lengths to create a quite good looking trailer for a fake movie.

Still with the emergence of the Steampunk genre, it would make much more sense to do a Steampunk themed movie of Captain Future: if you look at the years, those stories are closer to the victorian period than to today. The character was created 39 years after queen Victoria’s death, 73 years ago. The stories and the technology would, in my opinion, make way more sense in a victorian uchronia.

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Sans Âme : Une aventure d’Alexia Tarabotti

Une jeune femme en corset bleu tenant une montre gousset par le cordon, devant la tour de Londre et la pleine lune

Cela faisait un moment que j’entendais parler de et j’étais assez curieux de voir à quoi cela res­semble, pensez donc : une sorte de fantasy-urbaine avec com­me public cible des fem­mes. Lorsqu’une amie m’a pro­posé Sans Âme : Une aven­ture de d’Alexia Tarabotti j’ai sauté sur l’occa­sion, c’est un peu comme faire le test du Elle, « quelle genre de femme êtes-vous ? », même si je ne suis pas le public cible, le résultat est souvent amusant. Attention, le contenu de ce billet risque de révéler des secrets sur l’histoire.

Mon impression générale est celle d’une mécanique efficace, quoique peu subtile. L’hypothèse de base du monde n’est pas très originale : un monde parallèle où existent Loup-garous, vampires et autres créatures surnaturelles. Ces êtres se sont intégrés dans la bonne société de l’Angleterre victorienne, jusqu’à son gouver­nement. Partant de là, les idées sont plutôt bien ex­ploitées, mais ce n’est pas réellement le propos du livre, je pense. L’aspect central du livre est la relation entre l’héroïne et le prince charmant.

L’héroïne est une vielle fille bibliophile, dont le père est mort. Sa mère s’est remariée et elle vit avec deux demi sœurs qui la méprisent car elle a le teint mat et un nez prononcé. Son apparence, son caractère et son âge avancé (26 ans) font qu’elle est considérée impropre à marier et donc un cas désespéré. Le héros exclu et victime au début de l’histoire est un grand classique de la Fantasy, mais je dois dire que j’admire quelqu’un qui utilise quasiment littéralement l’ouverture de Cendrillon et calque l’héroïne aussi bien sur ses lectrices. Avec une mention pour avoir donné à l’héroïne qui adore lire le prénom d’une maladie qui rend la lecture difficile et comme nom de famille celui d’une vénitienne, écrivaine qui fut envoyée au couvent faute de dot : Arcangela Tarabotti.

Le prince charmant se doit naturellement d’être beau, fort, riche et puissant. Dans cet univers cela se traduit en un Lord loup-garou, fort musclé, écossais d’origine, et mâle α de tous les lycanthropes de Londres. Là encore, peu de subtilité dans le nom : Conall signifie loup fort et Mac Con est un roi légendaire d’Irlande qui doit son patronyme (fils de chien) au fait qu’il aurait allaité par un chien. Évidemment c’est un homme bourru et peu subtil, mais au cœur d’or.

Une grande partie du récit implique donc les soirées, diners, promenades, entrevues et autres conversations mondaines où officiellement on enquête sur le complot qui s’ourdit dans l’ombre, mais ou surtout se trame la relation. Il l’embrasse à peu près au tiers du livre, ils se marient dans l’épilogue. La scène d’action de la fin permet d’avoir des situations croustillantes, c’est à dire d’abord l’héroïne entravée (outre le corset et la tournure) et ensuite le prince charmant tout nu, vu que naturellement c’est la pleine lune. C’est l’occasion aussi pour l’héroïne d’enfin utiliser son pouvoir spécial, qui est de calmer la bête, naturellement.

Il y a bien sûr l’enquête concernant le complot sus-mentionné. Elle suit assez fidèlement le schéma d’enquête des films d’action : l’enquête piétine, tout le monde se retrouve kidnappé dans la base secrète remplie de zombulateurs et la bagarre générale permettra de trier les bons des méchants. Bon, à ce stade de l’histoire, le lecteur est de toute manière plus intéressé par les frasques amoureuses du couple que par l’enquête, qui en arrivent au point ou seul un deus ex machina majeur permet de sauver les meubles à la fin de l’histoire. Clairement, ce n’est pas l’héroïne qui peut faire progresser l’enquête : entravée par les conventions sociales, elle ne peut tuer des vampires que dans la bibliothèque avec une ombrelle, et si elle a censée avoir beaucoup (trop) lu, ses connaissances ressemblent plus à une celles d’une femme normale du XXIe siècle qu’à celle d’une intellectuelle du XIXe: elle ne sait pas le latin, et si elle est censé discuter des nouvelles sciences, cela est soigneusement fait hors du récit, ce que j’ai trouvé dommage. D’un autre côté, les descriptions de ses toilettes sont faites par le menu.

Sans Âme
Une aventure de d’Alexia Tarabotti


Traduction : Sylvie Denis
Livre de Poche
ISB : 978-2-253-13488-6

À noter que ce livre est probablement à déconseiller aux personnes ayant une âme historiquement sensible : outre, évidemment la présence de vampires et de loup-garous, la cohérence temporelle est très relative, le ciel est rempli de dirigeables, les bijoux en aluminium sont à la mode, mais personne n’a jamais vu d’ascenseur – Otis, fondateur de la compagnie éponyme est mort en 1861, les tournures étaient à la mode de 1860 à 1900. Mais bon, le Steampunk est à la mode…

Un dernier commentaire concernant l’écriture, j’ai trouvé le style assez maladroit, on devine derrière le texte français un anglais très spirituel, qui a mon avis a mal passé à la traduction, malheureusement tous les romans ne peuvent pas être traduits par .

En conclusion un roman très efficace, qui s’y j’en crois les commentaires de mes amies sur Facebook, est plutôt le haut du panier dans cette catégorie. Une lecture très intéressante si on ne connaît pas ce style de fantasy, mais si vous en avez les moyens, je vous conseillerait plutôt de le lire directement en anglais.

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