Le Musée du Silence

Le Musée du silence

Le Musée du Silence

Le Musée du silence de Yōko Ogawa est un autre de ces livres japonais étranges, perdu quelque part à la frontière du fantastique. Un commissaire d’exposition est engagé par une vieille dame excentrique dans un village au milieu de nulle part : il doit mettre en place un musée d’objets subtilisés à des personnes venant de mourir. S’en suit une lente découverte de sa cliente et de son entourage, du village et du mystérieux monastère à proximité.

Le Musée du silence

Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle
Actes Sud / Babel
ISBN : 978-2-7427-5491-5

Le cadre du récit pourrait servir de décor à un épisode de la 4ème dimension, ce n’est pas le Japon, ce n’est pas l’Europe, c’est, ailleurs… Les personnages sont subtils et ambigus, chacun a sa relation avec les objets, la parole, la mémoire. Le genre du récit reste ambigu : histoire de meurtre, conte fantastique, drame psychologique. Comme souvent dans les romans japonais, la conclusion du livre ne clot qu’une partie des questions. Étant donné l’étrangeté du cadre, j’ai très vite oublié qu’il s’agissait d’une traduction.

En conclusion un livre très étrange, mais prenant.

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Kenichi Yamamoto
Le secret du maître de thé

Le secret du maître de thé / 利休にたずねよ / The secret of the tea master

Kenichi Yamamoto
Le secret du maître de thé

山本兼一の「利休にたずねよ」はフランス語の翻訳を読みました。日本で茶の湯と「侘寂」を見たが本当知らなかったです。本は終わりから話をして死んだ女性を忘れないのことメメントとよばれて映画と似ています。面白いほんです。

I read the french translation of Kenichi Yamamoto’s secret of the tea master (which has not been translated into English as far as I know). While I saw the tea ceremony and in Japan, I never really understood it. Because it tells the story from the end, and tells about the inability of forgetting a dead woman, this book reminded me of the Memento book. It is an interesting read.

J’ai lu la traduction française du secret du maître de thé de Kenichi Yamamoto. Si j’ai pu voir la cérémonie du thé et le en action au Japon, je ne les ai jamais réellement compris. Du fait que ce livre raconte l’histoire depuis la fin et à cause du thème de la jeune femme morte qu’on ne peut oublier, il m’a fait penser au film Memento. Une lecture très intéressante.

Le secret du maître de thé

Traduction : Yoko Kawada-Sim et Sylvain Chupin
Mercure de France
ISBN : 978-2-7152-3260-0

Le centre du livre est un personnage historique, un maître de thé XVIe siècle, originaire de la région du Kansai, au nord de Kyōto qui se suicida sur ordre de son maître en 1591. Le causes mystérieuses de cet ordre sont l’objet d’un livre de Yasushi Inoué, le maître de thé (que je n’ai pas lu).

Le livre de Kenichi Yamamoto semble être une ré-écriture de ce texte. La narration commence la veille du suicide et chaque chapitre remonte dans la vie de Rikyū, dévoilant peu à peu le personnage et ses motivations, ainsi que la relation complexe qui le lie à , l’homme qui lui ordonna de se suicider.

Le livre est l’occasion d’un tableau du Japon à une époque charnière, Hideyoshi étant un des trois unificateurs du Japon, mais le cœur du livre est une série de scènes dans des salons de thé, présentant une étape dans la vie de Rikyū, mais aussi une réflexion sur la beauté, un aspect de la philosophie wabi-sabi. J’ai trouvé le livre très ambitieux, et si j’ai été très convaincu par les tableaux et les sensations qu’elles évoquent, l’aspect historique est resté pour moi très flou. Peut-être est-ce dû au fait que le texte s’adresse d’abord à des japonais, pour lesquels c’est de l’histoire connue. En fin de compte, le style semble être un compromis entre quelque chose de contemplatif et un roman où l’action est explicite

Je dirais que le secret du maître de thé est un texte ambitieux, et s’il n’est pas parfait n’en reste pas moins très intéressant. Il m’a fallu un certain temps pour le lire, principalement parce que j’ai préféré savourer quelque temps les impressions évoquées par chaque tableau. Je pense qu’il a l’immense qualité de rendre quelque peu explicite l’esthétique japonaise dans une histoire intéressante.

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The book of five rings五輪書Livre des cinq anneaux

Myamoto
Musashi
The book of five rings
Translation by William Scott Wilson

五輪書を英語で読みました。面白い本です。武道だけに当てはまりないと思います。プログラムも。

I have read the english translation of the book of five rings, a very interesting book. I don’t think it is only applicable to martial arts, but also to coding.

J’ai lu la traduction anglaise du livre des cinq anneaux, un ouvrage très intéressant, qui ne s’applique à mon avis pas seulement aux arts martiaux mais aussi à la programmation.

The book of five rings is considered by some as the second book of strategy after Sun Tsu’s Art of War, and Musashi is some kind of legend in aikidō circles, so when I found a copy of the book of five ring I bought it. These days I’m reading a lot of stuff about martial-arts, so it made it to the top of the pile.

The book of five rings

William Scott Wilson
Kodansha International 2002
ISBN : 978-4-7700-2801-3

While the text present itself as a martial art reference, it borrows a lot of metaphors from other workmanships, a carpenter in the introduction, a sailor later on. To a large extent, the text is about management and focus, and a no nonsense approach to things, and I found a lot of ideas could be applied to programming: understanding the problem, aligning oneself with the rhythm of things, and changing approaches when ones does not make progress. Musashi advises against any form of preferences, be it for stances, techniques, or weapons, such preferences prevents one from choosing the right approach for the problem at hand. The same could be said about the various techniques, languages, frameworks and paradigms that pullulate in the computer science world, and probably many fields of human endeavour.

In the martial arts, when your opponent is going to use some technique on you, it is important tat you let him do it if it’s useless one. But, if his action is functional, suppress it and keep him from completing it.

Another important notion of the book is the void ([ MU]), not having a stance, not thinking the martial-art part, instead having your mind observe the situation gathering information. The underlying idea, to be part of the flow, and not let the intellect interfere with that flow, seems to be recurring thing in my life these days, both for work (getting myself and the team in flow of coding) and in aikidō.

While I felt the translation by William Scott Wilson was pretty good, and the provided notes were insightful, the text still has the heavy handed feeling of religious texts: while short, there are many repetitions, and each section finishes with a sentence explaining that this section is very important and needs to be studied further.

One last note about this edition, while the assembly of the paper jacket was pretty weird, the book itself is quite well made, good paper, and a nice layout, not intrusive, but very elegant with a few nice illustrations. All in all I think this book is a worthwhile read, in particular if you are interested in martial arts.

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La course au mouton sauvage

Un mouton devant un papier peint avec des fleurs rouges.

Il y a fort longtemps, j’ai vu au cinéma une adaptation de la pièce de théatre Rosencrantz & Gildenstern are Dead, l’idée est assez intéressante : présenter un histoire connue (Hamlet) depuis le point de vue de personnages mineurs. Le roman de Haruki Murakami La course au mouton sauvage semble avoir reproduit par accident cette structure, ou tout du moins le besoin pour celle-ci.

Durant la fin des années 70, un publicitaire tombe par hasard sur une étrange conspiration, et doit partir en quête d’un mouton mythologique. Le livre est structuré assez étrangement, mais peut, à mon avis, être divisé en deux grande parties : la première narre les errances du protagoniste, la seconde, la quête du mouton sauvage à proprement parler. Si j’ai beaucoup aimé la seconde partie, que j’ai lu d’un trait, j’ai eu beaucoup plus de peine avec la première. En fait, si j’ai trouvé l’histoire très intéressante, le personnage m’a semblé sans le moindre intérêt. Ici j’aurais largement préféré que la narration provienne d’un autre personnage de l’histoire : la girlfriend aux oreilles fascinantes, le chauffeur de la mafia et son téléphone vers dieu.

La course au mouton sauvage

Traduction depuis le japonais : Patrick de Vos
Éditions Points
ISBN : 978-2-02-056228-7

L’explication du deuxième de couverture est un peu trompeuse La vie du narrateur, jeune cadre publicitaire à Tōkyō, n’a rien d’exceptionnel.. Sans être exceptionnel, le narrateur semble avoir un passé intéressant, mais celui-ci n’est évoqué qu’en filigrane, car la narration tourne invariablement autours du vide existentiel qui semble le définir. Il est assez ironique de savoir que ce passé est décrit dans des romans qui n’ont jamais été traduits. Autours du narrateur, bizarreries et deus ex machina s’enchaînent sans qu’il réagisse réellement, tout au plus consomme-t-il des bières en quantités qui forceraient le respect d’un héros de Tim Powers. Le seul acte de courage dont il fait preuve a pour but d’avoir quelqu’un qui s’occupe de son vieux chat.

Le résultat est quelque chose de bizarre, un voyage initiatique petit bourgeois et mou, avec une narration largement détachée, qui devient assez rapidement ennuyeuse. Le décor de l’histoire est lui aussi très fade : le japon de la fin des années septante, décrites avec indifférence, jonchées de références qui m’échappent sur un fond sonore qui me semblait craquelé et acratopège (peut-être même du Jazz).

Peut-être que le style plat et abstrait qui ressort en français est voulu, mais je n’ai pas trouvé le résultat très impressionnant. Si je n’ai pas vu de problème de traduction patent, j’ai remarqué des coquilles, ce qui, ceux qui me relisent peuvent en témoigner, est plutôt mauvais signe.

J’ai trouvé ce livre assez médiocre. À l’instar de La fin des temps, il y a des idées très originales, mais elles sont écrasées par le vide existentiel du narrateur. Je ne pense pas que dans le cas de ce livre, je puisse blâmer la traduction, je pense plutôt qu’il y a quelque chose dans les goûts de Murakami qui me déplait. En conclusion, un bouquin qui n’est vraiment pas du niveau de Kafka sur la Berge, et qui m’a surtout donné envie de retrouver le DVD de Rosencrantz & Gildenstern are Dead.

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Banana Yoshimoto Lézard

Lézard

Banana Yoshimoto
Lézard
Traduit du japonais par Dominique Palmé et Kyōko Satō
Rivages poche / Bibliothèque étrangère

J’ai lu Lézard de Banana Yoshimoto d’une traite durant mon vol depuis la Californie. Avec ses 130 pages, ce recueil de nouvelles n’est guère épais. Les nouvelles sem­blent tourner autour des mêmes thèmes : difficulté de la com­munication, relations complexes avec l’enfance, ac­ceptation. Le style a la même teinture douce et onirique que dans les autres nouvelles de Banana que j’ai lues, avec ce léger arrière-goût doux-amer et une souffle de sur­naturel qu’on re­trouve souvent dans les romans japonais.

La nouvelle que j’ai préféré dans ce recueil est « histoire curieuse des bords de la rivière », la plus surprenante est la première, mais elles m’ont toutes données du plaisir à la lec­ture. En bref une lecture agréable et délicate que je recom­mande chaleureu­sement.

Lézard
Banana Yoshimoto
Traduction: Dominique Palmé et Kyōko Satō
Rivages poche / Bibliothèque étrangère.
ISBN : 978-2-743-608620

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La fin des temps

Haruki Murakami 
 La fin des temps

Le livre La fin des temps d’Haruki Murakami avait à priori tout pour me plaire, un auteur que j’aime bien et un thème qui était fait pour me plaire, un informaticien qui part au pays des merveilles. Voici la présentation en dos de couverture.

Pour se rendre chez le vieux savant qui l’a engagé, un informaticien prend un ascenseur tellement lent qu’on ne sait pas s’il monte ou s’il descend. À l’arrivée, une jeune fille rondouillette et charmante l’accueille par un « C’est rat » pour le moins étrange. Mais cou sent le matin d’été dans un champ de melons… Bievenue au Pays des merveilles sans merci !

Ce livre souffre malheureusement d’un gros problème : la traduction, par Corinne Atlan est à mon avis très mauvaise. Je ne parle pas ici de problème de rendu en français de notion subtiles de la langue nipponne, d’approximation dans la traduction de tel ou tel terme de cuisine japonais. De fait, il y a admirablement peu de choses très japonaises dans le texte. Non, le problème c’est que le français à l’arrivée est lourd, maladroit et contient suffisamment de fautes pour qu’une personne comme moi les remarque et s’en irrite. Pour moi, le point critique a été atteint lorsque la traduction utilise l’expression « juger à l’aube de XXX ».

L’histoire est en elle même relativement lente et contemplative, elle m’a fait penser à l’animé Ailes Grises avec un petit univers étrange clôturé. Il y a beaucoup d’allusions littéraires: Les Frères Karamazov, Le Rouge & le Noir. Un auteur de littérature qui écrit en 1985 sur l’informatique et le cryptage avait probablement quelque chose d’original à l’époque, mais j’ai trouvé son approche très maladroite, ce qui fait un peu tâche avec un auteur qui manipule des idées assez complexes dans d’autres domaines. Peut-être que ses idées sur le cryptage ont, dans la version originale, une certaine beauté lyrique, si elles existaient, elles ont à mon avis été perdues à la traduction.

Haruki Murakami
Traduction Corinne Atlan
Points
ISBN : 978-2-02-051113-1

En conclusion, je pense que La fin des temps, est un potentiellement un roman intéressant, avec des réflexions intéressantes, et un univers original. À mon avis, le texte est desservi par la traduction, et je recommanderai la lecture du texte en anglais, ou s’il existe une autre traduction en français, de choisir celle-là. Personnellement, je pense que je vais éviter d’acheter d’autres traductions de Corinne Atlan.

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N•P de Banana Yoshimoto

Banana Yoshimoto
N•P
Traduit du japonais par Dominique Palmé et Kyōko Satō
Rivage Poche / Bibliothèque étrangère;
Couverture: Jean-Phillipe Delhomme

N•P de Banana Yoshimoto est un livre intriguant. Pour un informaticien NP est l’acronyme de non-poly&syh;nomial, ce qui décrit des temps d’exécutions si longs que cela rend l’algo­rithme inutili­sable en pratique. Le résumé au dos du livre m’a paru trompeur, il parle d’une malé­diction liée à la difficile traduction en japonais d’un roman écrit en anglais, et des suicides qui l’accompagnent. On s’attendrait presque à une version nipponne du Necrono­micon il n’en est rien. L’histoire est bien plus jolie, plus floue, plus délicate.

Par beaucoup d’aspect, ce petit livre m’a fait penser à un rêve, à la lecture l’histoire est prenante et les personnages bien définis, mais une fois terminée, j’ai de la peine à définir ce qui fait ce roman, si j’essaye de le synthétiser, il ne reste que les impressions d’un été japonais, et des relations ambigües, naturellement.

Il y a un certain paradoxe a lire la traduction française d’un roman japonais qui traite de la traduction en japonais d’un roman écrit en anglais par un japonais, mais le texte contient plusieurs considérations intéres­santes sur l’acte de la traduction. Je n’ai pas trouvé de problème majeur à la traduction, qui m’est parue naturelle, peut-être qu’il aurait fallu noter quelque part que le nom Sui est un syno­nyme du kanji pour l’eau »(水), peut-être que j’ai juste raté la note de bas de page. De fait, la fameuse nonante-huitième nouvelle qui sert de trame à l’histoire est probablement l’histoire elle-même. Quand au titre, sa nature est resté mysté­rieuse pour moi. Qu’on ne s’y trompe pas, si le ton et l’impression du livre sont léger comme une brise, les thèmes sous-jacents sont lourds comme un orage : inceste, suicide.

N•P
Banana Yoshimoto
Rivages Poches
ISBN : 978-2743-604-851

En conclusion un petit livre (180 pages) très agréable à lire, mais qui en même temps apporte des idées intéressantes, mais qui évoque des sujets graves.

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Kitchen

Banana Yoshimoto 
 Kitchen 
 Folio 
 Couverture © Cohwa International Ayako Kawahara & Gilles de Chabaneix

Kitchen de Banana Yoshimoto était le roman japonais suivant dans ma pile. Le livre contenait en fait deux récits : Kitchen et Moonlight Shadow.

Kitchen est le récit intimiste de Mikage, une jeune japonaise après le deuil du dernier membre de sa famille. Elle est recueillie par une famille un peu étrange, un père devenue femme et son fils. Comme souvent avec les romans japonais, le récit s’écoule, passionnant et délicat, sans que je puisse distinguer où il va arriver. La présentation au dos du livre parle de minimalisme flou, je trouve cette description assez juste.

Une histoire d’amour se cache quelque part dans les recoins des anecdotes de la vie de tous les jours. Kitchen est proba­blement le roman nippon avec le feeling le plus féminin que j’ai lu. Le ton délicat, hésitant et un peu détaché de la narration m’a semblé très approprié à une personne en deuil.

Moonlight shadow reprend le même thème du deuil, on retrouve aussi un personnage travesti, mais avec une touche plus légère, à la limite du fantastique.

Ce lieu où trainent des épluchures de légumes, où la semelle des chaussons deviennent noires de crasse, je le vois étrangement vaste. Un énorme réfrigérateur s’y dresse, rempli de provisions suffisantes pour tenir facilement tout un hiver, et je m’adosse à sa porte argentée.

Je tiens à souligner que par opposition aux années douces, j’ai trouvé la traduction très bonne, alors même que les traductrices semble avoir été des étudiantes au bénéfice d’une bourse. En conclusion, un petit roman très agréable à lire qui m’a beaucoup touché.

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Les années douces センセイの鞄 The Teacher’s Briefcase

Kawakami Hiromi
Les années douces
Roman traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu
Picquier Poche

読みたい本の山積みの次は川上弘美のセンセイの鞄でした。フランス語で読みました。引退先生と大人になったの学生の関係をはなします。巧みな様式か奇麗な描写など大好きです。翻訳がままと思います。

The next book in my stack of books to read was “The Teacher’s Briefcase” by Hiromi Kawakami. I read the french translation. I book tells the relationship between a retired teacher and a student that became adult. I really liked the fine style and the gorgeous descriptions. In my opinion the translation work was not good.

Les années douces

Picquier Poche
ISBN : 978-2877307659

Sur ma pile de livres à lire, le suivant était « Les années douces » de Hiromi Kawakami. Ce livre raconte la relation entre un enseignant à la retraite et une étudiante devenue adulte. J’ai beaucoup aimé le style fin et les descriptions magnifiques. À mon avis, la traduction était mauvaise.

J’ai retrouvé dans les années douces, la tension entre le désir et l’acte, le poids des non dits qui semblent être la caractéristique, ce roman est à mon avis celui où la tension est rendue de la manière la plus délicate, même si l’action progresse lentement, le texte n’est jamais ennuyeux. Les descriptions de la vie de tous les jours, des multiples repas qui sous-tendent la relation sont tellement à propos que la lecture m’a donné faim, mais c’est aussi celles qui à mon avis ont le plus souffert de la traduction.

Durant la lecture, je me suis retrouvé plusieurs fois à faire l’exercice de la dé-traduction, essayer de traduire le texte dans mon maigre japonais pour voir si je comprenais mieux. Parfois la traductrice remplace certains termes par une approximation en français (nattes de jonc pour tatami), parfois elle laisse le mot japonais. Dans un cas, la note de bas de page indique qu’elle ne sait pas si un nom de poisson japonais correspond à l’omble en français.

Si ces problèmes ne sont pas tragiques – et je suis le premier à admettre que traduire un tel texte est réellement difficile – ils ont quand même taché un texte qui est à mon avis exceptionnel. Malgré cela, je pense que c’est un très bon roman dont je recommande la lecture.

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Le Convoi de l’Eau水の葬列

Couverture du Livre "Le Convoi de l'Eau" Akira Yoshimura - Actes Sud

吉村昭の水の葬列は仏蘭西語で読みました。本当に感動な小説です。

J’ai lu Le convoi de l’eau d’Akira Yoshimura. C’est une nouvelle très émouvante.

J’avais ajouté ce livre à ma liste après avoir lu une très bonne critique dans le journal le Temps il y a de cela déjà un bon moment. Cette lecture a confirmé mon goût pour les nouvelles nippones : ici encore, j’aime le style fluide et dense, la narration concentrée sur l’essentiel. Le récit nous plonge dans les sentiments troubles d’un ouvrier exilé sur un chantier dans une vallée forestière perdue et nimbée dans les brumes. Si vous cherchez une histoire claire, avec un dénouement et des explications, passez votre chemin. L’histoire suit la dynamique des saisons et de l’interface entre un village reculé et le chantier des ouvriers, chaque côté suivant sa logique propre et étrangère.

Le Convoi de l’Eau
Traduction : Yutaka Makino
Actes Sud
ISBN : 978-2-7427-7150-9

Je suis resté un long moment agrippé à la rambarde de la tour de guet, abattu. Devant mes yeux se succédaient les montagnes enneigées, indifférentes, en une étendue qui se déroulait à l’infini.

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