Transports

Alain Bagnoud
Transports
L'Aire

Il y a un certain paradoxe à lire d’ durant un voyage. Avion, train, je passe beaucoup de temps dans les moyens de transport, il y a donc une certaine mise en abîme à lire les notes de quelqu’un qui se trouve dans la même situation, surtout lorsque l’on connaît certains des trajets évoqués, pour les avoir soi-même fréquenté. C’est probablement la publication que j’ai lu jusqu’à présent qui évoque les choses les plus proches de ma propre vie.

Transports
Alain Bagnoud
L’Aire
ISBN : 978-2-940-478040

La lecture est très agréable, les impressions évoquées sont bien observées, malgré un point de vue différent, j’ai souvent ressenti un écho dans les courtes notes : situations, gestuelle des passagers. Beaucoup de choses me séparent de l’auteur, l’âge d’une part, sa relation avec Genève de l’autre : si c’est la ville où j’ai grandi, je n’y vis plus depuis plusieurs années, enfin la destination de ses voyages, le Valais évoqué dans La Leçon de choses en un jour, néanmoins c’est un texte qui m’a beaucoup touché.

Si j’avais quelques réserves concernant la Leçon de choses, je n’en ai aucune pour Transports, beaucoup moins ambitieux et plus intime. Un petit livre gris que je recommande chaudement en cet hiver glacial.

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Brasserie Hürlimann aux alentours de 1900

Du recul et de la bière…

Brasserie Hürlimann aux alentours de 1900

J’ai toujours préféré la bière au vin, question de goût d’abord, je suis quelqu’un qui aime bien les goûts un peu amers, mais aussi pour des raisons sociales, le vin m’a toujours paru trop compliqué, avec trop de rituels, de snobismes et de critères sociaux – je préfère une boisson que la société me laisse boire à la bouteille et ouvrir avec le couteau de simple soldat.
Le mot le plus proche d’œnologue concernant la bière que je connaisse est belge. Si quelqu’un suggérerait de faire du vin avec du sirop de cassis, du jus de citron, ou de la sauge, on le traiterait de barbare, pourtant cela donne de très bonnes bières.

Naturtrübes Zwickel Bier&x13;Rugenbräu&x13;Der Biergenuss aus dem Berner Oberland

Ces dernières années ont vu une apparaître une profusion de bières locales, et parmi celles-ci, de nombreuses bonnes surprises. Il y a la Brasserie des Franches Montagnes (BFM), la Brasserie des Trois Dames, encore dans le Jura. À Zürich, il y a la Turbinenbräu (Brasserie de la Turbine), la Hirnibrau (dont je n’ai pas encore gouté les bières). La toute dernière brasserie à la limite du Züribiet (domaine de Zürich) a ouvert à Rapperswil et produit la Pfauenbier (La bière du Paon). À Genève il y a la bière Bière Calvinus (attention, site en Flash pénible).

Ce qui est intéressant, c’est que la majorité de ces brasseries sont tout apparues à partir de la même année : 1996. Que s’est il passé cette année là ? La brasserie Feldschlösschen fusionne avec la brasserie Hürlimann à Zürich et rachète la brasserie du Cardinal à Fribourg. Les usines de Fribourg et Zürich sont fermées. Je travaille d’ailleurs sur l’emplacement de l’ancienne brasserie Hürlimann.

À l’époque, la fermeture de la brasserie de Cardinal avait fait beaucoup de bruit en Suisse-romande, avec moult appels à sauver la tradition brassicole fribourgeoise, mais la seule brasserie artisanale fribourgeoise dont j’ai trouvé la trace sur le web est la Brasserie du Chauve, dont je n’avais jamais entendu parler avant de préparer ce billet. À Zürich, la Turbinenbräu fut fondée en réaction à la fermeture de la brasserie Hürlimann et se trouve à présent dans la majorité des bistrots de la ville.

Avec le recul, il semblerait que ces fusions et ces rachats n’aient pas été une si mauvaise chose, le vide ainsi créé a permis à de nouveaux acteurs d’entrer en scène, avec un très bon résultat. Cela ne veut pas dire que toutes les brasseries traditionnelles sont menacées : j’adore la Zwickelbier de Rugenbräu et en été la Quöllfrisch de la Brasserie Locher.

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Carte Oasis de la Baleine

La tête dans la Lune 2010

Carte Oasis de la Baleine

L’époque où j’allais à toutes les conventions de jeu de rôle est bien révolue, mais je dois dire que de temps en temps, c’est fort agréable. Cette édition de la convention La tête dans la Lune, organisée par l’association Aplune, ne sera pas qualifiée de succès par les organisateurs, peut-être à cause de la neige, il n’y a pas eu beaucoup de participants. Néanmoins pour moi c’était une très bonne expérience, j’avais inscrit une partie de Rêve de Dragon, avec un nouveau scénario la « Baleine des Sables » que j’espère pouvoir bientôt publier ici, j’avais une tablée complète, avec un bon mélange de joueurs et de joueuses, débutants ou expérimentés. J’ai pu retrouver quelques connaissances, bref, un moment agréable. J’espère que l’édition de l’année prochaine aura plus de succès.

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AEI Logo – Matthias Wiesmann - 1996

Ghost Pages

AEI Logo – Matthias Wiesmann - 1996

A long time ago, in 1996, when I was still at University of Geneva, I was part of the student association for computer science (Association des Étudiants en Informatique) and wrote some web-pages for said association. Those pages are still accessible by the way of the web archive. It is interesting to consider theses page 14 years later:

  • The comments, with my signature use the old style syntax, they mention the use of standard tags and Netscape 2.0 extensions, a new thing at the time.
  • The javascript scroller definitely dates the whole thing
  • The logo, created using the Canvas software, is very amateurish, but the transparent background means that it still looks ok with a white background (in those days, the default background was gray).
  • Tables were the new thing, and I used most of the features available at the time to do the courses time tables. I overdid the larger borders…
  • All the accents are done using escape-sequences, at that time encodings were not supported and generally a mess. One of the accessory pages uses the Mac-Roman encoding, without any header information…
  • The general layout works nicely even with newer, larger displays, as everything in it is relative.
  • Everything works in my iPhone, which is way powerful than the computers I used at the time.

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De l’Université de Genève aux Princes du Schleswig-Holstein

Bâtiment de l'Université de Genève ⓒ Carl O'Brien – Creative Common Attribution 2.5 License

Hors donc l’Université de Genève a fini par se décider à entrer dans le XXIᵉ siècle et d’organiser ses alumni en leur offrant un portail web. J’ai donc été invité à participer en entrer mes informations. Ce qui m’a paru étrange, c’est que j’ai été, depuis l’obtention de mon diplôme, membre de la Société Académique de Genève. Elle dispose d’un site web sommaire qui est surtout remarquable par ses erreurs d’encodage sur la page d’entrée. On y trouve néanmoins une présentation de sa mission:

La Société a pour but de contribuer au développement de l’enseignement et de la recherche de l’Université de Genève.
Elle gère son patrimoine propre ainsi que celui des Fonds qui lui ont été confiés ; elle en utilise les revenus dans les limites prévues par ses statuts et ceux réglementant les donations et dispositions testamentaires dont elle a bénéficié.

Faire partie de cette association est plus un acte de civisme qu’autre chose. De fait, son existence était complètement sorti de ma tête jusqu’au moment où j’ai commencé à écrire ce billet. Il faut dire que j’ai oublié de communiquer l’un de mes multiples changements d’adresses, donc je n’ai pas reçu de nouvelles de la dite association depuis des années. Visiblement cela ne m’a pas manqué.

Clairement la société académique ne pouvait reprendre la gestion des alumni de l’université, peut-être que cela ne contribue pas développement de l’enseignement et de la recherche dans l’université ? Bref, on a jugé nécessaire qu’une nouvelle organisation était nécessaire. Sans aller jusqu’à évoquer les sempiternels anglo-saxons qui sont plutôt occupés ces jours, l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne avait déjà tout cela le siècle dernier : l’Association des Diplômés de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (A³-EPFL pour faire court).

Je suis membre de l’A³-EPFL depuis l’obtention de mon doctorat. Dès le début, j’ai bénéficié d’un portail où je peux mettre mes informations et entrer en contact avec d’autres alumni. J’ai aussi eu droit à une adresse e-mail permanente, de rabais pour acheter du matériel informatique (notamment les offres Neptun de Apple). L’A³-EPFL dispose de section régionales qui organisent aussi des vistes. Je viens de participer à l’une d’entre-elles, mais en tant que guide vu que l’objet était les bureaux de Google à Zürich. Bref c’est une affaire qui fonctionne.

Mettre en place un réseau d’alumni à posteriori est naturellement bien plus difficile, surtout si on créé une nouvelle organisation. J’ai donc eu droit à divers messages m’invitant à vérifier mon identité, puis à entrer des informations dans un formulaire web pour vérifier que j’était effectivement un alumni. Il est clair que des informations comme le nom, le prénom, l’année et le type du diplôme sont des données hautement secrètes : après tout elles ont seulement été publiées dans le journal… Bref, après que l’on ait validé le fait que j’ai obtenu un diplôme de l’université de Genève (moi-même je commence à avoir des doutes), je peux finalement me connecter au portail.

J’aurais jugé l’interface web de très bonne qualité, à mon sortir de la dite université, en 1997. Je commence à entrer mes informations, l’encodage est de l’Iso Latin-1, donc mes petites manies typographiques résultent en une collection de point d’interrogation. J’essaye d’uploader la photo que j’utilise pour ce genre de site, j’ai droit à une boîte à dialogue qui m’annonce que seul les fichiers JPG sont acceptés (j’avais utilisé un fichier PNG). Lorsque j’essaye d’entrer informations professionelles, l’interface se bloque et m’annonce que j’ai entré des données invalides simplement parce que j’ai eu le malheur d’évoquer un 31 avril. Naturellement elle n’explique pas quel champ est invalide, ça serait trop simple. Point de petit calendrier interactif comme on en trouve partout ces jours. J’entre néanmoins mon emploi actuel, et je me retrouve devant les choix suivants pour les branches :

  • Édition, information, marketing
  • Activités associatives, culturelles, récréatives
  • Activités financières et assurances
  • Agriculture, exploitation forestière
  • Conseil, activités juridiques ou comptables
  • Commerce
  • Construction
  • Enseignement
  • Hôtellerie/restauration

Il est clair que l’Université de Genève prépare mieux aux métiers de la construction que l’informatique. À ce stade, dépité, j’ai regardé le code HTML du site afin de comprendre qui était l’auteur de cette chose. Je peux au moins déclarer que l’honneur de mon alma mater est sauf : le site n’a probablement pas été fait des étudiants de l’institution. Je peux affirmer cela, non pas du fait qu’elle ne forme pas d’informaticiens, comme semblent le croire certains, mais simplement parce que le code Javascript est écrit en allemand. Hors tout le monde sait qu’un Genevois se suiciderait avec une cuillère en plastique plutôt que de parler la langue de Goethe. Le code regorge de trésors comme celui-ci :

{
  var box = document.suche.page;
  var box2 = box.options[box.selectedIndex].value;
  if(document.suche.data.value=='Rechercher')
    { document.suche.data.value=''; }
      if(box2==9) {
        document.suche.action="../lookbook/start.php"; } 
	else if(box2==4) {
	document.suche.action="../home/art.php"; } 
	else if(box2==2) {
	document.suche.action="../resources/dok.php"; } 
	else if(box2==7) {
	document.suche.action="../resources/termin.php"; } 
	document.suche.submit();
}

La validation des données semble être faite du côté client, avec, en cas d’erreur, des messages d’erreur en allemand. S’il n’y a pas de calendrier pour sélectionner les dates, il semblerait que le code pour ce faire est néanmoins inclus. Le portail n’est d’ailleurs pas hébergé sur le domaine de l’université, comme on aurait pu s’y attendre, mais celui du réseau des alumni de l’internat Louisenlund. Il ne s’agit pas d’une université, mais d’un gymnase dans le Schleswig-Holstein qui semble compter parmi ses alumni les princes des familles Schleswig-Holstein, von Hessen, Rantzaus et Sayn-Wittgensteins.

Je me considère comme plutôt cynique, surtout pour les questions ayant trait à l’interaction entre les grandes organisations et l’informatique, mais là, je dois avouer que je suis impressionné…

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Pour 1.5 milliards de plus…

En ces temps de plans de redressements exprimés en billons, un milliard et demi peut passer pour une peccadille. Cela reste un sérieux budget pour un canton Suisse, et d’autant plus pour un chantier qui n’a toujours pas été commencé. Le conseil des États de Genève a annoncé que le budget du CEVA allait être dépassé de 50%. Pour une voie longue de 16 kilomètre, cela fait presque 100 millions le kilomètre. Les deux principales causes du surcoût sont le renchérissement et les améliorations pour les riverains. À présent on peut attendre le referendum…

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CEVA – pas durant l’année du buffle de terre…

Hors donc, le tribunal administratif a refusé la de levée de l’effet suspensif pour le chantier du CEVA (le site web n’a pas encore été mis à jour). Cela signifie que les travaux ne pourront commencer avant que tous les recours soient traités. Un recours au tribunal fédéral est possible, mais prendrait du temps. En parallèle, des voix s’élèvent pour mille autres projets: métro, tracé différent. Évidemment, personne ne parle du financement, de la part de la confédération, des négociations avec les partenaires français. Après tout ce sont des détails en ces temps de crise. De toute manière, ces autres projets risquent tout autant d’être bloqués par les recours.

Lorsque nous avions emménagé à Genève, en 1978, je me souviens que mon père s’était enthousiasmé pour le pont de la traversée de la rade. Trente ans plus tard, il y a eu beaucoup de projets, mais pas un seul n’a vu le jour, et nous avons tous deux quitté Genève. J’ai l’impression que le CEVA va rejoindre la traversée de la rade dans les catégorie des serpents de mer. C’est peut-être une bonne nouvelle, elle devait se sentire seule.

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Genève à l’horizon 2016

Plan RER Genève Horizon 2016

Hors donc, Genève verra son réseau de train régionaux étendu à l’horizon 2016: le projet de RER a été rendu public par les cantons de Genève et Vaud, ainsi que les autorités Françaises. Le nouveau réseau comportera des lignes régionales entre Lausanne et Annemasse et Nyon et Thonon. De même, les grandes lignes qui s’arrêtent à Genève pourront continuer jusqu’à Thonon ou Annecy. La clef de voûte de ces lignes est la ligne CEVA qui connecte les réseaux CFF et SNCF à travers la ville de Genève. La gare de Genève deviendra-t-elle un hub de transports ferroviaires ? Peut-être. La ville de Genève a en effet fait recours contre la rénovation de la Gare Cornavin. Raison invoquée ? Les CFF ont fait opposition à un projet immobilier à proximité de la même gare, arguant que de nouvelles voies ferrées seront nécessaires au moment de la mise en chantier de la troisième voie entre Genève et Lausanne. Je comprends que la ville désire construire des logements, car il y a pénurie, mais chercher à construire à proximité des voies alors que le canton met en chantier un projet qui a pour objectif d’augmenter significativement le traffic ferroviaire n’est pas très malin. Genève à l’horizon 2016 reste pareille à elle même…

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Mehrsprachigkeit als wirtschaftlicher VorteilMultilingualism as a economical advantageLe multilinguisme comme avantage économique多言語は経済有利

スイスの多言語が国内総生産9%で上げるのはジュネーヴ大学の研究者が発見しました。

Researcher at the University of Geneva found that multilingualism in Switzerland raises the GDP of Switzerland by 9%.

Des chercheurs de l’Université de Genève ont découvert que le multilinguisme de la Suisse augmente le PIB de 9%.

Forscher der Genfer Universität haben gefunden, dass die Schweizer Mehrsprachigkeit das Bruttoinlandsprodukt um 9% erhöht.

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Helvetitude

Lorsque j’étais enfant, nous allions souvent en France voisine depuis Genève, le plus souvent pour faire des courses ou aller au restaurant. Je pouvais instantanément dire de quel côté de la frontière je me trouvais, même si je m’étais endormi dans la voiture. Pour cela il suffisait de re­garder le moindre panneau, ou enseigne. Les subtiles différences de style m’indiquaient à coup sûr dans quel pays j’étais. À l’époque, je n’avais jamais réussi à mettre le doigt sur la nature exacte de cette différence – c’était tout au plus une capacité dont je disposait, contrairement à ma grand-mère, qui ne parvenait pas à distinguer la ligne invisible de la frontière.
Ce week-end à Paris, j’ai finalement réalisé à quoi tenait cette différence : Helvetica. Si les gra­phistes français ont souvent recours à des fontes grotesques, ils utilisent plus facilement des polices de caractères du style d’Avant Garde ou de Futura. En Suisse semble régner une sorte de patrio­tisme graphique, Helvetica est la fonte sans-sérif la plus courante.

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