Partition Mélodie Petit Navire

Il était une petite startup…

Partition Mélodie Petit Navire

Faire dormir un bébé est un processus assez aléatoire, on se retrouve donc à utiliser les vielles méthodes : chanter des comptines dont on se souvient à peine des paroles. Si internet est une bonne ressource pour remettre à jour ce pan de ma culture assez bancal, certaines questions se posent ; à commencer par : comment le petit navire peut-il naviguer cinq à six semaines dans la Méditerranée?

D’une manière générale, ces paroles ne sont pas très modernes, je vous propose donc une version un peu plus moderne de il était un petit navire :

Il était une petit startup (2×)
Qui n’avais ja-jamais délivré (2×)
Ohé ! Ohé !

refrain:
Ohé Ohé, Programmons !
Dans le répo poussons des doublons
Ohé Ohé, Programmons !
De la base, les tables droppons

Elle partit pour un grand projet. (2×)
Dans le domaine du-du partage social. (2×)
Ohé ! Ohé !

[refrain]

Au bout de cinq à six semaines, (2×)
Le capital vin-vin-vint à manquer (2×)
Ohé ! Ohé !

[refrain]

On tira z´a la courte paille, (2×)
Pour savoir qui-qui serait downsizé, (2×)
Ohé ! Ohé !

[refrain]

Le sort tomba sur le plus jeune, (2×)
Qui n´avait ja-ja-jamais délivré (2×)
Ohé ! Ohé !

[refrain]

On cherche alors par quelle méthode (2×)
Ses story seraient-raient implémentées (2×)
Ohé! Ohé!

L´un voulait que l’on l’oute-source, (2×)
L’autre voulait le, le projet pivoter (2×)
Ohé ! Ohé !

[refrain]

Le junior remplit ses cartons, (2×)
Et pour Über pas-partit coder, (2×)
Ohé ! Ohé !

[refrain]

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Panneau Solaire USB

Irritation de puissance

Panneau Solaire USB

Je vois régulièrement passer sur les réseaux sociaux un objet, ou plutôt un concept, qui m’irrite. Il s’agit d’une prise électrique 230V qui comporte au dos un petit panneau solaire circulaire d’environ 6cm de diamètre que l’on fixe avec une ventouse à une vitre et qui permet d’avoir du courant en tout temps.

Les commentaires sont en général très enthousiastes, c’est un design fort élégant, la solution aux problèmes d’énergie. Rares sont les personnes à réfléchir à la quantité d’énergie que peut produire un tel objet, quel genre d’appareil pourraient s’alimenter sur cette prise.

La manière la plus intuitive d’expliquer la quantité d’énergie que produire un panneau solaire, c’est qu’au mieux, il peut produire autant de lumière que la vitre qu’il obscurcit bloque. Ce n’est pas complètement vrai : le panneau pourrait convertir des rayonnements invisibles en lumière visible, et c’est assez vague. L’énergie maximale du soleil sur terre est de l’ordre de 1000 Watt / m2, soit 0.1 Watt par cm2. Un disque de 6 cm de diamètre a une surface de 6 × π, ce qui nous 18.34 cm2, soit une puissance maximale théorique de 1.834 Watt, cela correspond à un ensoleillement maximal dans des conditions idéales.

La lumière doit d’abord traverser la vitre, qui typiquement absorbe les rayons ultra-violets, et la ventouse qui n’est pas complètement transparente. Pour simplifier, je vais ignorer ces deux facteurs. Le taux de conversion de panneau solaires actuels tournent autour de 20%, ce qui donne donc une puissance maximale de 0.3668 Watts. Si cela vous semble peu, c’est normal, c’est peu. L’énergie d’un pet est de 6.2 Joules. Il faudra à ce panneau près de 17 secondes pour produire autant d’énergie.

À présent il faut convertir l’énergie en courant électrique 230V, la bonne nouvelle c’est qu’on a des convertisseurs très efficaces : ≈95%, la mauvaise nouvelle c’est que je doute qu’ils tiennent dans l’objet, mais bon. Nous avons à présent environ 3.5 Watts de courant 230V dans le meilleur des cas. Quel appareil peut-on connecter sur cette prise? Aucune idée. Un chargeur USB de 5W a généralement une efficacité de 75%, il lui faut donc 6.67 Watts. Un aspirateur ou un fer à repasser consomment facilement 1000 Watts. Pour avoir un sens, cet objet devrait produire 10 fois plus d’énergie.

La première absurdité est qu’il comporte une prise 230V, or il ne peut physiquement pas fournir assez d’énergie pour alimenter un appareil qui fonctionne à ce voltage. S’il comportait directement une prise USB, on éviterait les pertes dues à la conversion vers le 230V et retours. La plupart des appareils qui consomment peu de courant utilisent cette prise à bas voltage. Ensuite, il faudrait sensiblement augmenter la surface.

Je possède un chargeur USB solaire : il comporte 4 panneaux d’une capacité théorique de 1.8 Watts (soit 7.2 Watts). Avec un beau soleil de mars en Suisse vers neuf heures du matin, le tout produit environ 2.5 Watts. Ici le panneau est exposé directement à la lumière, pas de vitre ni de ventouse sur le chemin. Cela permet de charger (lentement) un téléphone mobile. Évidemment, cet objet est beaucoup moins ambitieux que le précédent, mais il a l’avantage d’exister et de fonctionner en accord avec les règles de la physique.

Les gens s’offusquent lorsqu’un politicien ne sait pas le prix d’un pain au chocolat, considéreraient un revenu universel de 2€ mensuel ridicule pour un pays européen, pourtant quand on parle d’énergie, les gens ne valent pas mieux. L’énergie est pourtant un sujet important : le réchauffement climatique, le nucléaire sont avant tout des problèmes d’énergie. Les calculs que je fais ici ne sont pas compliqués, des multiplications et des divisions…

Un projet de la confédération helvétique est la société à 2000W, comme le titre l’indique, le but est d’avoir une société où chaque personne ne requiert que 2000W, ce qui correspond à 600 fois ce que cette prise pourrait fournir. La consommation annuelle moyenne de courant électrique par habitant en France en 2015 était de 4763 kW/heure, ce qui nous fait: 4763000 × 4763 ÷ (365.25 × 24) ≈3260 Watts. Environ 1000 fois plus que ce que pourrait produire cette prise, c’est un peu comme un RMI à 45 centimes d’euro…

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Attelage à Vis

Déploiement

Attelage à Vis

Qui dit système dit amélioration : réforme des programmes scolaires, procédure administrative simplifiée, standards techniques, languages de programmation. Remplacer un système X par un système Y est un thème récurrent dans nos sociétés. Si on parle beaucoup de l’efficacité, généralement à la hausse, on parle moins des coûts de transition.

Une vertu d’un système, aussi mauvais soit-il, est que les gens qui l’utilisent s’y sont habitués. Ce qui veut dire que durant une certaine phase de transition, ils seront moins productif avec le nouveau système. Il faudra pas mal de temps pour que l’amélioration amortisse.

Imaginons que l’on remplace un processus par un autre, 10% plus efficace, durant les 3 premiers mois après la transition, le système ne fonctionne qu’à moitié, les 3 suivants il fonctionne aussi bien que l’ancien et ensuite le gain escompté se réalise. Il faut 15 mois de productivité à +10% pour compenser 3 mois à -50%, donc il n’y aura de gain effectif qu’après 21 mois, plus d’un an et demi.

Tout cela implique qu’on ne change plus le système durant la période qui suit la transition : un nouveau changement durant cette période de 21 mois ferra que la transition précédente est une perte. De ce point de vue, il vaut mieux attendre et grouper plusieurs changements, même si cela implique une transition plus douloureuse, et avoir ensuite une période de calme.

En général les transitions sont moins propres, il y a toujours un autre système, un autre processus qui dépend de l’ancien système et la transition ne peut pas être fait instantanément. Si vos élèves ont congé tout le jeudi, un écosystème de cours du jeudi va exister, si vous changez les programmes scolaires, il va falloir gérer les redoublants, les personnes qui avaient des dispenses pour telle ou telle partie du programme.

On retrouve les même problèmes en informatique, avec en plus le problème qu’on peut de moins de moins simplement arrêter le programme pour le remplacer. On déploie donc le nouveau en parallèle avec l’ancien, avec une transition graduelle. Pour les systèmes physiques, la transition est encore bien plus difficile : la majorité des wagons de marchandises et de nombreux wagons passagers d’Europe utilisent encore l’attelage à vis, qui date du début du XXe siècle, et n’a pour ainsi dire que des défauts, vu la quantité de matériel en service qui utilise ce standard, la transition a toujours été repoussée.

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Église du Souvenir de Berlin – Kaiser-Wilhelm-Gedächtniskirche

Retour à Berlin

Église du Souvenir de Berlin – Kaiser-Wilhelm-Gedächtniskirche

Je me suis rendu plusieurs fois à Berlin il y a 7-8 ans, d’abord pour découvrir la ville, mais aussi pour participer à la Conférence du Chaos Computer Club. J’y suis retourné il y a quelques jours pour un long week-end avec femme et enfant. Ça a été pour moi l’occasion de redécouvrir la ville, et de visiter de nouveaux endroits.

Berlin a pas mal changé durant ces 7 dernières années, beaucoup de bâtiments reconstruits, la gare centrale, par exemple  ; de nombreuses zones qui étaient en friche sont à présent bâties. La cité donne pourtant toujours l’impression d’être un grand chantier. Le nouvel aéroport n’est toujours pas terminé, il aurait du être inauguré en 2010. La ville s’est pas mal gentrifiée, et j’ai eu l’impression qu’il y avait plus de touristes – ce qui est justifié, il y a beaucoup à voir.

Nous avons eu droit à la Tocata & Fugue à l’orgue lorsque nous avons visité la Cathédrale de Berlin, sur la même île, nous avons été voir le Musée de Pergame, qui est très impressionnant. J’ai beaucoup apprécié les mini-exposition qui font la connections entre le monde perse, l’antiquité romaine et l’art musulman.

Dans un style différent, le musée de la RDA était bondé mais intéressant ; je savais que la carrosserie de la Trabant était en plastique – ce qui n’était pas si exotique, c’est aussi le cas de la , je n’avais pas réalisé qu’il s’agissait d’un composite de coton – ce qui explique le mythe du cochon qui mange la carrosserie dans Chat Noir, Chat Blanc d’Emir Kusturica. Au delà de l’Ostalgie, les explications sur la Stasi et le contrôle social pratiqué par le gouvernement sont malheureusement d’actualité.

Les morceaux du mur sont devenus des vestiges isolés, éparpillés dans la ville, selon les quartiers, les oscillent entre le statut de street art ou d’élément historique. Le long segment près de la gare de la rue Varsovie, est à présent protégé par un grillage. Barrière passée qui requiert sa propre barrière de protection. L’exposition et le panorama au checkpoint Charlie étaient intéressants, mais un local nous a fait remarquer que seules les deux poutrelles métalliques qui soutiennent le panneau vous quittez le secteur américain sont d’origine.

Au delà des mémoriaux dédiés aux victimes du nazisme, les expositions et explications sur la période sont nombreuses. Malheureusement elles aussi sont d’actualités, le référendum turc sur les pouvoirs du président a escaladé en échanges médiatiques peu subtils, le gouvernement turque accusant l’Allemagne de nazisme, cela a fait la une des médias durant notre séjour. Curieusement la presse française n’en a pas beaucoup parlé…

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