Rêve de Dragon – À la Claire Fontaine

À la Claire Fontaine – Édité

Rêve de Dragon – À la Claire Fontaine

Il y a environ 9 mois, j’ai écrit un billet concernant le crowdfunding d’un supplément pour Rêve de Dragon intitulé À la Claire Fontaine, après avoir atteint ses objectifs de financement à 450% et quelques mois de gestation, le produit fini est finalement arrivé dans ma boîte au lettre cette semaine.

Le produit fini est très beau : mise en page élégante de Pierre Lejoyeux, similaire à celle des suppléments officiels, couverture de , préface de Denis Gerfaud, illustrations intérieures en couleur de et (l’Auteur). Les cartes et les plans sont pour moi quelque chose de très important dans un supplément de jeu de rôle, et dans celui-ci, je suis servi, ils sont en couleur et très clairs. Comme j’ai payé pour la version Cyan de la souscription, je les ai aussi reçu en annexe.

Ce qui m’a le plus touché, ce sont les dédicaces :
Pour Matthias
Merci Encore pour ton aide…  Jidus
 Hé Bien Matthias? On n'est pas très bavard en ce moment? (Wink, Wink, Nudge, Nudge) 
 Rolland

Le supplément est dédié Bernard Verlhac, alias Tignou, un des illustrateurs de la première édition de Rêve de Dragon, qui fut parmi les victimes de l’attaque sur la rédaction de Charlie Hebdo, il y a un an.

Je n’ai pas encore eu le temps de lire le texte, au premier survol, il ne semble pas avoir beaucoup changé depuis la version PDF que j’ai lue il y a quelques années, ce qui est une bonne chose, j’avais fait jouer une version un peu raccourcie à mes joueurs qui avaient adoré. La couverture de la version PDF se retrouve d’ailleurs dans la section making of.

Bref un très bon travail de l’équipe de Scriptarium, j’espère que les rumeurs de ré-édition de Rêve de Dragon se réaliseront.

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Graphique de la loi de Moore, paru en 1965

La fin de la loi de Moore

Graphique de la loi de Moore, paru en 1965

La loi de Moore, plus une observation qu’une véritable loi, a été une constante dans le monde informatique ces 50 dernières années. Le fait que tous les 18 mois, la densité des transistors doublait a eu un impact impressionnant : l’unité centrale de mon Commodore 64 (MOS Technology 6510) comportait moins de 4000 transistors, celle de mon laptop actuel, un Intel Core i7 en comporte 731 millions.

Il y a toujours eu des gens pour affirmer que cette croissance ne pouvait continuer, je me souviens d’un professeur d’université qui nous expliquait qu’à cause de la fréquence de la lumière utilisée pour créer graver les puces, graver des objets plus petits que 130 µm était impossible, aujourd’hui les puces les plus modernes sont à 20 µm.

Les gens ont tendance à assumer que le nombre de transistors équivaut à la puissance de calcul, ce n’est malheureusement pas si simple. Pour ma génération, l’augmentation de la vitesse se traduisait surtout par une fréquence accrue du processeur et des registres plus larges. Ainsi mon Commodore 64 tournait à 1 Mhz avec des registres 8 bit, mon Mac SE/30 avait une fréquence de 16 Mhz et des registres 32 bits.

Comparer les fréquences n’était jamais un outil très précis, même à l’intérieur d’une famille de processeurs, d’autres différences comme le jeu d’instructions avaient un grand impact. Cela n’a pas empêché le Mhz de devenir un facteur de marketing en informatique. La fréquence a cessé d’augmenter il y a environ 15 ans, aux alentours de 3 Ghz, de même la largeur des registres généraux s’est stabilisée à 64 bits, même si des registres spécialisés plus larges sont apparus. Ce qui a changé ces dernier temps, c’est le nombre d’unités : mon laptop comporte quatre cœurs, la carte graphique intégrée 40 unités.

Le problème c’est qu’utiliser ces unités n’ait pas aisé : la programmation est un art, la programmation parallèle un art difficile. Si certaines tâches peut-être exécutées sur plusieurs unités en même temps, c’est impossible pour d’autres ; une équipe de dix femmes ne peut amener un bébé à terme en un mois.

Si la difficulté d’utilisation a augmenté, le nombre de transistors a continué à doubler, jusqu’à aujourd’hui. Le journal Nature a publié un article intéressant sur la fin de la loi de Moore. Le problème n’est pas physique – il est encore possible d’augmenter la densité, mais économique, les nouveaux processus de fabricants sont très onéreux, et les appareils mobiles sont une grosse part de marché où la consommation électrique est plus un problème que la puissance. L’industrie des processeurs a naturellement décidé de se concentrer plus sur l’efficacité énergétique.

Qu’est ce que cette fin implique ? Probablement que le cycle de vie des ordinateurs de bureau va s’allonger, j’utilise encore un Mac mini de 2006 pour regarder des films, sa puissance n’est pas tant le problème que le support – le système n’est plus mis à jour depuis un bon moment.

Le logiciel a autant d’importance sur les performances que le matériel, et il y a là matière à beaucoup d’améliorations ; l’optimisation de performances n’est en général pas une priorité. Il y a déjà une très forte demande pour des informaticiens, ceux qui n’optimisent pas leur code, et en général le public est habitué à l’idée que le logiciel est gratuit, cela va probablement causer une forte tension.

Lorsque j’étais à l’université, les professeurs avaient beaucoup de scrupules à nous enseigner le C++, une langue bâtarde, et il était clair à l’époque nous utiliserions des langages de haut niveau. Aujourd’hui je programme encore en C++, heureusement la variante de 2011 est bien plus agréable à utiliser qu’à l’époque.

La manière dont l’informatique est enseignée implique un modèle simpliste des ordinateurs :

  • Une ou plusieurs unités centrales identiques
  • Des opérations scalaires
  • Une mémoire régulière

En pratique un ordinateur moderne est une collection de processeurs, les unités centrales sont les plus puissantes pour les opérations scalaires, mais pas les plus efficaces en terme d’énergie pour certaines tâches. Les processeurs disposent d’unités super-scalaires et la carte graphique est unité très puissante, mais massivement parallèle. Toutes ces unités peuvent exécuter du code, et souffrir de failles de sécurité. La mémoire est séparée du processeur par un abîme de performance, comblé par de multiples niveaux de cache.

Toutes ces différences font que l’approche naïve ou théorique à un problème fonctionnent, mais ne sont souvent pas optimales. Une structure de donnée peut avoir de très bonne caractéristiques asymptotiques mais une localité en mémoire désastreuse. De même il est possible d’implémenter des tâches de maintenance sur le processeur principal, mais c’est souvent très couteux en courant électrique.

La bonne nouvelle, c’est qu’une grande partie de la main d’œuvre informatique a été gaspillée a ré-inventer la roue de manière régulière – ce n’est peut-être pas un hasard que la société informatique avec le plus de valeur au monde est aussi celle qui ne cesse d’améliorer un système d’exploitation développé en 1989. Un modèle de développement plus rationnel permettrait probablement une meilleure productivité réelle. Mais pour cela il faudra changer la structure sociale des entreprises.

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Die Vermessung der Welt

Die Vermessung der Welt

Die Vermessung der Welt

Nous sommes tombés un peu par hasard sur le DVD du film Die Vermessung der Welt de Detlev Buck, un film qui raconte la vie de deux personnages importants, mais que je ne connaissais que de manière académique : Johann Carl Friedrich Gauß, et .

Le film est surtout un aperçu de la vie de ces deux scientifiques du XIXᵉ siècle, contemporains et tous deux originaires de Prusse, leurs contributions sont évoquées, mais ne sont pas expliquées, ce qui est probablement une bonne chose, je vois mal un exposé sur les espaces non-euclidiens dans un film.

J’ai trouvé la production un peu inégale, les scène d’Amérique du sud sont magnifiques, surtout mis en contraste avec la campagne prussienne, le jeu d’acteur est un peu aléatoire, et je pense que la mise en scène aurait pu être plus serrées, les acteurs secondaires mieux encadrés.

En bref, un petit film intéressant, qui vaut la peine d’être vu, et qui sans être une œuvre majeure, vaut certainement mieux que bien des abominations hollywoodiennes.

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Fleur de Nénuphar

Pour quelques accents…

Fleur de Nénuphar

J’ai réellement été surpris par l’intensité des réactions à la mise en application, par le ministère de l’éducation français d’une recommandation orthographique qui date d’un quart de siècle – et ce d’autant plus que le pays est officiellement en état d’urgence – on penserait que les français se soucieraient plus de la perte de leurs droits constitutionnels que de l’orthographe du mot nénuphar. Et bien non.

Est-ce que tous ceux qui s’offusquent si ostensiblement croient réellement qu’une vague décision ministérielle va changer quoi que ce soit ? Les nouvelles formes ont été officiellement acceptées il y a belle lurette, et si ces défenseurs de la langue française pouvaient seulement porter leur regard sur la lointaine Allemagne, ils auraient remarqué qu’une réforme similaire – la suppression du ‘ß’ – est restée largement lettre morte.

Est-ce que les gens croient sincèrement que quelqu’un qui va à l’école aujourd’hui va écrire un texte sérieux sans assistance informatique ? Lorsque j’écris en allemand sur mon iPhone, le clavier virtuel me met des ‘ß’ quand bien même ceux-ci n’ont pas cours en Suisse. Et si je dicte en français, l’ordinateur écrit La grenouille saute sur le nénuphar – même si le correcteur accepte la nouvelle version du mot. Donc, soit Apple a mis à jour son correcteur orthographique avant la mise en œuvre de cette réforme, soit rien n’a réellement changé…

Fleur de Nénuphar © Yann – Creative Common Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Élévation, rythme cardiaque, vitesse, puissance estimée, cadence

Senseurs & Vélo

L’année passée, j’ai remplacé ma montre fitbit charge par une Fitbit Charge HR (j’ai bêtement marché sur le précédent), qui est tombé en panne durant les fêtes, je soupçonne un bug dans le firmware, qui empêchait la synchronisation. L’objet a été gracieusement remplacé et je me suis remis à faire du vélo un peu sérieusement.

Comme j’ai un capteur bluetooth sur mon vélo, je peux à présent mesurer pas mal d’informatique : la vitesse, la cadence (le rythme auquel je tourne les pédales) et mon rythme cardiaque, plus de compteurs qu’une voiture classique.

Comme d’habitude le problème ne sont pas d’acquérir les données, mais d’y avoir accès. Si Strava permet l’exportation des informations au format TCX, impossible d’extirper les informations de rythme cardiaque de Fitbit, j’ai envoyé un message au support (#08575190) on verra ce que sera la réponse.

En attendant, les informations sont éparpillées sur deux dashboards, qu’il faut recoller à la main. À noter que le courbe du rythme cardiaque ne commence pas à zéro.

Élévation, rythme cardiaque, vitesse, puissance estimée, cadence

La première observation c’est que ces courbes ont beaucoup de bruit, pas réellement étonnant, vu que c’est un trajet à travers la ville. La seconde c’est qu’il n’est pas facile de corréler le rythme cardiaque avec d’autres informations: l’augmentation à la minute 23 correspond clairement à la montée vers Wollishofen, ce qui se passe à la minute 10 est moins clair, cela correspond à la région du Schiffbau, pas réellement une montée.

Malgré la ville, je suis plutôt régulier : j’ai tendance à aller à environ 20 Km/h avec une cadence aux alentours de 60 tours minute. L’avantage c’est que ce rythme ne me fatigue pas beaucoup – ici je rentrais après une heure et demi d’Aikidō – l’inconvénient c’est que ce rythme efficace est probablement un exercice négligeable.

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