Un miracle de comédie burlesque 
 le favori du festival de Berlin 2012 
 La Parade un film de Srđan Dragojević

Parada

Un miracle de comédie burlesque 
 le favori du festival de Berlin 2012 
 La Parade un film de Srđan Dragojević

Le film Парада (Parada) (la parade) de Srđan Dragojević est une comédie qui joue sur l’intersection de deux mondes, d’un côté la communauté gay de Belgrade qui cherche – dans un pays où l’église orthodoxe est très influente – à organiser une pride. De l’autre des vétérans des guerres des Balkans.

Si la parade est le moteur du film, elle n’occupe effectivement que les dernières minutes du film, c’est avant tout un road movie avec en son centre un duo, d’un côté, Radmilo, un vétérinaire gay, partenaire de Mirko l’organisateur de la parade. De l’autre Limun, un ex-soldat qui tient un dōjō du jūdo et une agence de sécurité. Limun veut épouser Biserka, une esthéticienne, qui veut faire organiser son mariage par Mirko.

Парада (Parada) (2011)
Srđan Dragojević
Serbo-croate sous-titré en français

Après avoir sauvé le chien de Limun, et réalisant que la police ne sera d’aucune aide, Radmilo propose à Limun un deal improbable : la parade contre le mariage. Lorsque les membres de l’agence de sécurité de Limun refusent de protéger des homosexuels, celui-ci décide de traverser les frontières et de recruter d’autre vétérans, y compris des camps opposés. Radmilo l’accompagne dans ce voyage.

J’ai beaucoup aimé cette comédie, qui m’a bien fait rire. Le film met côte à côte le milieu très homo-érotique de ces guerriers largement amoraux et une communauté gay souvent jugée immorale sans que cela devienne un exposé. La partie road movie est très classique, et j’ai trouvé que la partie du film qui implique le fils de Limun, Vuc, ne fonctionne pas très bien – visuellement d’abord, tous les autres personnages du film sont très typés, et Vuc est un skin-head : impossible à distinguer des autres. Ensuite, peut-être, parce qu’il brise la symétrie, et généralement n’amène pas grand chose à l’histoire.

Malgré ces défauts, cela reste un bon film que je recommande.

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Vocabulaire Serbe 🇸🇷 19'500 mots 
 Thomas P. Koziara © Aurifera SA 2015

Vocabulaire Serbe

Vocabulaire Serbe 🇸🇷 19'500 mots 
 Thomas P. Koziara © Aurifera SA 2015

J’ai commencé mon étude de la langue Serbe avec le Guide de conversation serbe de poche des éditions Assimil. C’est un livre bien écrit et utile, avec la bonne attitude à mon sens – ne pas trop se soucier d’une grammaire exacte, l’important c’est de parler. Si le texte est traduit de l’allemand, ce n’est pas quelque chose que j’ai remarqué à la lecture. Malheureusement, comme son nom l’indique, c’est un tout petit livre, et la section de vocabulaire est très fine.

Si les noms communs serbes sont très souvent de souche latine ou allemande, les verbes me posent plus de problèmes. J’ai donc décidé de trouver un livre de référence pour le vocabulaire. Je suis tombé sur le livre Vocabulaire Serbe – 19’500 mots de Thomas P. Koziara aux éditions Aurifera et je l’ai commandé.

Vocabulaire Serbe

Aurifera SA
ISBN : 978-1-51876619

Ce livre est probablement plus le mauvais ouvrage de référence que j’ai jamais eu entre les mains, plus une escroquerie qu’autre chose. Le texte est exactement ce que le titre indique : 19’500 mots en serbe et en français, exécuté par un grouillot minimaliste.

Le texte n’a pas de préface, d’explication, ou de table des matières, juste une liste de mots, la version serbe cyrillique puis la version française sur deux colonnes. La liste de mot n’a aucune structure, ils sont dans un ordre aléatoire, il n’y a ni thème, ni référence, ni même un index alphabétique. Impossible donc de rechercher un mot dans l’une ou l’autre langue. La langue serbe a trois genres pour les noms propres, est-ce que cette liste les définit ? non. Vous espériez avoir la translitération pour chaque mot ? Pas de chance.

En guise de quatrième de couverture, un visage stylisé, l’auteur, qui a aussi une page web un très bel exemplaire de page web horrible du siècle dernier, avec, comme il se doit, une musique de fond MIDI au piano. D’après son profil, l’auteur, un historien, connaît cinq langues : l’anglais, l’allemand, le latin, le polonais et le russe. On notera la totale absence du serbo-croate ou du français, compétence superfétatoire pour écrire un livre franco-serbe. Le profil annonce aussi qu’il a écrit 1055 livres de vocabulaire étranger, s’ils sont de la même qualité que le vocabulaire serbe, ce n’est pas très étonnant, je pense pouvoir faire mieux avec quelques scripts Python.

Voici par exemple les premiers mots de la seconde colonne de la première page :

Serbe Français Note
манастир Couvent Traduire manastir par monastère, ça aurait été trop simple
Обраћивање Cultivation
Потреба Indigence Traduire potreba par pauvreté, ça aurait été trop simple.
Богатсво Richesse
Молити Priez Pourquoi un impératif ?
Ma femme affirme que ce mot serait mieux traduit par supplier (en anglais beg).
Радионица Atelier
Сервис Service Servis se traduit par Service, qui l’eut crû

J’ai demandé à ma femme, qui est Serbe, de jeter un œil à ce bouquin, rien que pour la page 135, elle a trouvé deux fautes, et elle ne parle pas le français…

Bref, Vocabulaire Serbe de Thomas P. Koziara est un livre qui a été assemblé à partir d’une vague liste de vocabulaire criblée d’erreurs, à n’acheter sous aucun prétexte. J’hésite entre l’amateurisme le plus absolu, ou une lamentable escroquerie, vu le portrait pitoyable de l’auteur je penche pour une déprimante synthèse des deux.

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Inside view of the Ikeda dōjō in Niš

Ikeda Dōjō Niš

Inside view of the Ikeda dōjō in Niš

While staying in the city of Niš, I wanted to keep practicing aikidō, if only to somehow counterbalance Serbian hospitality: new year, then christmas, then the host family’s Slava. Lots of food. Luckily, there is a dōjō a few hundred meters from the place we stayed in: the aikido dođo Ikeda (the letter đ should be read ‘dj’).

I was welcomed to train, even though I don’t speak Serbian and managed to get to two training, which were very interesting experiences. The training was pretty standard, with a pretty intense warmup – something I really needed in these days of bloat. The second was weapons, something I’m pretty bad at. The teacher was, thankfully, very patient with me.

The interesting thing of this dōjō is the building itself, it was completely built out of raw wood and plastic sheets. The mats themselves have been improvised out of some kind of tarp, which worked pretty well. The transparent walls with the wooden structure made the place look more like a strange Japanese temple than a sports-hall, which is pretty cool.

In short, a place I recommend if you want to train Aikidō and you are in Niš.

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Skype call icons – 📹 🎙 + 🕽

Icon Failures

Skype call icons – 📹 🎙 + 🕽

Ever since the idea of graphical user interface came out of Xerox labs, icons have been a tool of choice of user interface designers. The problem is that introducing a new icon amounts to defining a new graphical word.

Using analogies with the real world supposedly helps understanding, but this only works if the user has seen that object and recognises its stylised representation. The phone icon (☎) is widely recognised, but pretty abstract for generations Y and following, which never saw a phone with that shape outside of a museum.

Many windows user interfaces used the a 3½” floppy disk (🖫) as a metaphor for saving, which is pretty bad, because they are basically a plastic rectangle with a metallic bit and maybe some label with nothing useful written on it. It has also died out quicker than the old style phone receiver, so it is abstract for most people.

Designers always want to simplify these icons, as it makes them more elegant, and more readable, it also makes them more abstract. Trying to help my mother remotely with the Skype user interface, I got the following reading for the control icons:

  1. Wrapped sweet
  2. Flower vase
  3. Plus sign
  4. Phone

A recognition rate of 50% is pretty bad. The problem here is that the first two icons are both very abstract, and representations of objects my mother did not interact with a lot: a video camera and a professional microphone.

Interestingly, all these symbol became actual characters with the emergence of emoji. But their representation is much less stylised, and depending on the fonts your operating system is using to render them, they might be in color. There is also typically multiple icons for the same concept.

Camera Microphone Plus Sign Phone Headset
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🕽

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Cover of the DVD of Ivkova Slava: a frame with the four friends in blue background in the center, the young couple on the left, the wifes on the right

Ivko’s Feast

Cover of the DVD of Ивкова Слава: a frame with the four friends in blue background in the center, the young couple on the left, the wifes on the right

Ivko’s feast (Ивкова Слава Ivkova Slava) tells the story of a party gone overboard. More specifically, a Slava, the feast that is held to celebrate a family’s saint. In this case, dedicated to Saint George. The story is interesting because of its setting, the city of Niš, where I spent some time now, and in the time period between the end of the Ottoman occupation and first Wold War, just after the first train line was built to connect Niš, to Belgrade, in 1884.

The movie is a comedy, but also a tableau of a given time. The whole story is presented as a story told by a writer who witnessed it to some visitor from Vienna. Ivko cannot get rid of some guest to his Slava, who party on, driving guest and family away. The guests tell stories, fall in love with women living in the house next door while Ivko despairs.

Title: Ивкова Слава Ivkova Slava
Director: Здравко ШотраZdravko Šotra
Year: 2005
ISBN (DVD):

9788685223228

The DVD is in Serbian but has English subtitles.

I found the movie both funny and interesting; the product is a bit unequal: the actors, the sets and the costumes are good, but the montage and the lighting are sometimes a bit weird, giving the impression some scenes were shot using a green screen from the 80’s (the movie was published in 2005). I found the costumes, somewhere between ottoman and european style fascinating. It is also refreshing to see Serbian women looking beautiful without bleaching their hair blond.

In short, a movie I recommend if you are interested in the region. This also could be some interesting inspiration for a steampunk version of the City & the City.

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Locomotive ŽS 441 en gare de Niš

Gare de Niš

Locomotive ŽS 441 en gare de Niš

La ligne Belgrade – Niš fut la première ligne ferroviaire de Serbie, inaugurée par le roi Milan I en 1881. Cette ligne est encore considérée comme un axe important, de Belgrade une ligne part vers le nord-ouest en direction de Budapest via Novi Sad, une autre part vers Zagreb, à l’ouest. Depuis Niš, une ligne part plein sud vers la Macédoine puis la Grèce, une autre part vers l’ouest vers Sophia en Bulgarie.

J’ai profité de mon séjour pour faire un tour à la gare de Niš. Si elle est encore en service, c’est un triste spectacle : Le service est minimal, avec quelques trains sales que personne ne prend, le service par bus est plus rapide et plus fréquent, et probablement plus fiable. J’ai vu plus d’employés que de passagers.

Rade Konča Zagreb 
 Yugoslavia 
 Licentia ASEA ELIN–Union Sécheron

La gare elle même est relativement grande, avec six voies. Le bâtiment central dans le style communiste comporte divers commerces, pour la plupart fermés. La gare est flanquée au sud par l’usine de Mašinska industrija Niš, qui fabriqua en son temps une grande partie du matériel roulant de la Yougoslavie, sous licence d’ASEA, mais aussi Sécheron, à Genève. Aujourd’hui c’est surtout un centre de maintenance. D’anciennes locomotives à vapeur rouillent lentement sur une voie de service à l’est de la gare. Sur les quais de marchandise à l’ouest une série de wagons abandonnés servent de logement à des chiens errants.

Automotrice ŽS 412 en Gare de Niš

Sur les quais, j’ai vu une rame voyageurs tractée par une locomotive ŽS 441, en théorie elle serait capable de tirer un train à 120 Km/h. En pratique, il faut 4:30 au train pour parcourir les 250 Km qui séparent Niš de la capitale. Probablement à cause de l’état déplorable des voies et du matériel. J’ai aussi vu une rame automotrice ŽS 412, méconnaissable sous les graffitis.

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Bureau de change

Serbie – Bureau de Change

Bureau de change

Une des choses frappantes lorsque l’on visite la Serbie, c’est la prévalence des bureaux de change, on en trouve littéralement à chaque coin de rue. La ville de Niš, est à peu près de la taille de Genève, est bien moins touristique, pourtant il y en a beaucoup plus.

Ces bureaux ne sont pas destinés aux touristes, mais aux locaux. D’une part pour les nombreux serbes qui travaillent à l’étranger, généralement désignés par le terme allemand Gastarbeiter. L’argent qu’ils ramènent représente une contribution non négligeable à l’économie.

D’autre part, les serbes ont une confiance très limitée dans leur propre monnaie, le Dinar Serbe (RSD). Si la période d’hyper-inflation des années 90 est passée, le Dinar a quand même perdu 30% par rapport à l’Euro depuis 2007. Les gens préfèrent donc avoir leur économies dans une monnaie forte. Pendant la guerre c’était le Deutschmark, aujourd’hui c’est l’Euro.

Il est courant de voir des contrats payables en dinars, mais dont le montant est spécifié en Euros. Les grosse transactions entre particuliers (voiture d’occasion, location d’appartement pour un séjour), sont généralement payables en Euros.

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Opéra de Zürich

Nouvel opera

Opéra de Zürich

Beaucoup d’encre virtuelle a coulé au sujet du nouveau Star Wars, ce qui m’a frappé c’est que ce film raconte de facto le même scénario que la version précédente du film.

De fait, Star Wars n’est pas un cas isolé. Les films de James Bond ont toujours raconté la même histoire, dans le dernier opus on retrouve aussi l’antagoniste. On glisse lentement de la série perpétuelle vers le reboot infini.

La raison principale de cette transformation est probablement financière, il est bien plus facile d’attirer les gens vers un spectacle s’ils ont un investissement émotionnel dans les éléments, qu’ils connaissent déjà les personnages. Les comités de scénaristes recyclent donc tous azimuts, et densifient le tissus émotionnel : tout les personnages ont des liens familiaux.

On pourrait parler de décadence, mais il se trouve qu’il existe des formes d’art ou on répète toujours la même histoire, et où les personnages sont souvent liés par le sang : le théâtre et l’opéra.

L’opéra me semble très pertinent vu l’importance de la musique et des thèmes musicaux dans les films hollywoodiens. John Williams s’est d’ailleurs très lourdement inspiré de morceaux classiques.

Certains films pourraient déjà être traités d’opéras parlés, et dans un contexte global, la proportion de spectateurs comprenant l’anglais est probablement similaire à celle du public des opéras comprenant l’allemand ou l’italien.

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