Deux aventuriers et un chien devant une borne dragon

Ryūtama

Deux aventuriers et un chien devant une borne dragon

Je trouve toujours un peu triste ces livres de règles de jeu de rôle, sagement rangés sur les étagères, sans la moindre marque d’usage: ils ont peut-être été lus une fois, mais jamais réellement mis en pratique. C’est pour cela que j’essayer d’éviter d’acheter du matériel de JdR juste pour voir. Évidemment toute règle a ses exceptions: j’ai participé à la souscription pour le jeu Ryūtama.

Tartofrez avait à l’époque présenté les notes de conception traduites et et j’étais entièrement d’accord avec les propos de l’auteur. Le jeu a finalement été traduit et expédié. Roboduck a déjà fait une première partie et son compte rendu est très intéressant, et inclut même un scénario, pour ma part, j’ai juste eu le temps de me livrer à une première lecture.

Ryuu-tama – les œufs des dragons
Lapin Marteau
ISBN : 978-2-9545811-0-1

Le livre de jeu a une structure relativement classique: introduction, explications sur le jeu de rôle, système, notes de créations de scénario, scénario d’exemple, et quelques annexes. Je ne me suis pas trop attardé sur le système, il a l’air simple et fait la part belle aux aléas du voyage.

L’aspect le plus intéressant dans ce jeu pour moi, c’est la notion d’homme dragon, qui est l’expression du maître de jeu (MJ) dans l’univers. Ce n’est pas à proprement parler une notion nouvelle, à l’époque le dessin animé de Dungeon & Dragon avait aussi incarné le MJ comme un personnage, et nombre de MJs s’incarnent plus ou moins subtilement dans des PNJs, généralement très puissants, canaliser et structurer cet aspect du jeu n’est probablement pas une mauvaise idée.

La cosmologie de Ryūtama ressemble beaucoup à celle de Rêve de Dragon: un univers créé et régi par des dragons, dans l’un la ressource maîtresse est le rêve, dans le second il s’agit d’histoires. La différence la plus notable est le style, Ryūtama fait clairement dans le mignon, alors que Rêve est plus proche de Cugel l’astucieux dans la première édition, et le médiéval gothique dans la seconde.

Je pense qu’il y a dans Ryūtama des idées que je pourrais réutiliser dans Rêve de Dragon, mais pour les trouver, il faut clairement que je le lise de manière plus approfondie.

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Une route abandonnée dans le lit d'une rivière avec au fond une palmeraie

Une autoroute dans le Mordor

Une route abandonnée dans le lit d'une rivière avec au fond une palmeraie

Comme il n’y a pas de vol direct Zürich – Hyderabad, nous avons décidé cette fois-ci de faire escale à Oman, en nous laissant le week-end pour nous y reposer, et visiter un peu le Sultanat. Le samedi nous avons visité la vieille ville de Muscat et son marché, et le dimanche nous sommes allés en voiture jusqu’au barrage Wadi Dayqah.

Le vieille ville de Muscat est un vieux port traditionnel coincé au milieu des constructions et des palais récents, le bord de mer est à présent une promenade au parapets de marbre avec de nombreux jardins, pour la plupart déserts. Sur le marché, les marchandises sont prévisibles, épices, encens, on tente de nous vendre des Pashminas, paradoxes pour des clients qui vont en direction de l’Inde. Il n’en reste que la vieux port a une petite ambiance de port pépère qui n’est pas sans rappeler la Méditerranée.

Rochers depuis le lit de la rivière

Le voyage jusqu’au barrage fut beaucoup plus surprenant. Lorsqu’elle quitte Muscat vers le sud, on traverse une une chaîne de montagnes ; ce qui m’a frappé, ce n’est pas tant la hauteur de cette chaîne que la manière cavalière dont l’autoroute s’y faufile, comme une simple route de montagne, là où en Suisse l’on aurait construit un tunnel.

Les montagnes ont débouche sur un paysage étrange, une pleine désolée dans laquelle on semble avoir projeté des immenses roches verdâtres. Il n’y a pratiquement aucune végétation, quelques buissons. J’ai réellement eu l’impression que quelqu’un avait décidé de construire une autoroute dans le Mordor.

Alors qu’on s’approche du barrage, l’autoroute s’est changée en simple bande de bitume qui traverse les villages, point d’achoppement entre les automobilistes qui vont souvent à 100 Km/h et les villageois qui tentent des les ralentir à coup de dos d’ânes, sur les côtés de la route, des empilements de rochers pour éviter que les voitures ne passent à côté des ralentisseurs.

Le barrage ne produit pas de courant électrique, ici le pétrole est abondant et l’eau précieuse, il ne sert qu’à capter l’eau pour les villes alentours. L’endroit comporte naturellement aussi un petit parc, avec vue sur le lac artificiel. C’est un lieu de pic-nique populaire : l’air y est frais et la vue très belle. Pourtant j’ai trouvé le lit de la rivière, en contrebas du barrage, bien plus beau, on y voit une palmeraie, des dattiers si j’ai bien compris.

Visiblement l’accès à cet endroit n’est pas une priorité pour les autorités: l’ancienne route qui predate le barrage est partiellement détruite, et c’est un mauvais chemin de terre battue qu’il faut emprunter. Ici point de banc, ou de buvette, ce n’est pas très grave, les rochers sont magnifiques, et l’on imagine sans peine qu’ils pourraient receler une caverne secrète.

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Second voyage en Inde

La route la plus directe pour aller au Taj Mahal

Il y a un peu moins d’une année, j’étais allé en Inde pour le boulot, cette année, j’y suis retourné pour les mêmes raisons. En sus d’Hyderabad, j’ai fait un passage éclair à Gurgaon, une banlieue de Delhi. Habituellement, le deuxième séjour est plus facile, on connaît un peu les trucs, ici ça aura été plutôt l’inverse : plus fatigués par le travail, moins chaperonnés par des locaux, le contact a été direct, et donc plus pénible.

Vue depuis le bureau de Gurgaon

Faux guides, faux informaticiens, faux contrôles de sécurité, chauffeurs de taxi qui mentent, hôtels de luxe au service médiocre et dont les abats jours ont été réparés à la bande adhésive, il est plus simple d’assumer que tout n’est que façade et que tout le monde ment ; pas de belles inventions, ou de subtiles escroqueries, non, juste de pathétiques entourloupes d’écoliers. Alors il faut tout vérifier, tout organiser, tout en ignorant les excuses infantiles, les comédies outrées ou le silence nerveux. Fatigant.

L’Inde ressemble à un carambolage routier entre une société médiévale, une démocratie obèse de privilèges, de passe droits et des règlements absurdes – le panneau gigantesque à côté du péage proclame que le premier ministre ne doit pas payer – , d’une économie dépendante de l’argent facile de l’informatique et d’une culture dont les clefs lui sont étrangères : les grand monuments sont le fait de seigneurs musulmans – religion aujourd’hui minoritaire – le berceau du Kama Sutra refuse toute forme de pornographie…

En fin de compte, tout ressemble à la cuisine : beaucoup d’épices pour cacher des ingrédient douteux, qui finissent par n’avoir aucun goût…

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