Seamless interfaces and emoji injection

🔒

One recent trend in UI design is to build seamless interfaces. The underlying idea is pretty reasonable, get rid of useless clutter to get cleaner, more readable interfaces. This typically means removing a lot of lines, boxes, shadows and other highlights. In short, cut out the structure, leave the content.

Like any good idea, taken to extremes, the result is horrible, instead of a UI that is clear if a bit clunky, you end up with the UI equivalent of modern art, vaguely elegant, but very difficult to understand. The other problem is that by removing the boundaries between pieces of information, you remove the context they are valid in, which opens up a lot of way to confuse the users.

Name Secure
Good Guy yes
Bad Guy no

Consider this table to display that trust status of users in a system. The data is presented in a very structured way, nearly a database dump, really, with a little bit of decoration.

Good Guy 🔒
Bad Guy

The same information made seamless would look like this, boxes and column headers removed, the information distilled to simple icon (here we can even use an emoji character). The interface is much more compact, and easier to localise to boot, better in each and every way.

Good Guy 🔒
Bad Guy 🔒

Problems arise if the users can change their names: bad guy can now try to put out of context information into his name, for instance here he can inject an emoji character into his name. Bad guy’s lock icon is part of his name (Unicode character x1F512), because there are no boundaries, no context it is difficult to figure out which information came from where.

Name Secure
Good Guy yes
Bad Guy 🔒 no

Such an attack is less efficient in an old style UI, because the context shows us what information is what explicitly, instead of making that information implicit. We end up with the usual tradeoff: implicit informations is more natural, more fluid, but also more error prone and more difficult to check.

Flattr this!

Il faudra repartir

Il faudra repartir

À peu près au même moment ou Alias publiait son billet sur Il faudra repartir de Nicolas Bouvier, j’étais en train de lire ce même livre dans une base nautique à Baltimore, dans le bon état d’esprit pour ce genre de lectures.

Au petit jour on quittait l’Irlande
Et derrière nous s’éclairait la lande
Il fallait bien un jour qu’on nous pende
On the road again, again…

Il faudra repartir est un recueil de textes inédits, notes et carnets de voyages qui ne furent jamais destiné à la publication, seul point commun : chaque texte se situe dans un voyage. Il s’agit clairement de notes, la structure est brute, des symboles remplacent souvent des mots ou des phrases, malgré cela, l’écriture reste très belle. Comme le fait très bien remarquer Alias, les œuvres finies de pas mal d’écrivaillons n’atteignent pas la beauté et la qualité de ces notes.

Il faudra repartir – voyages inédits

Éditions Payot
ISBN : 978-2-228-90737-8

Les différent chapitres, issus de différent carnets, présentés en ordre chronologique, sont très variés : différent lieux, différentes périodes de la vie de Bouvier, différente raison de voyage. J’ai beaucoup aimé le premier voyage vers la Laponie, et les errance de conférencier en province française et en Afrique du Nord, beaucoup moins les notes des errances en Nouvelle-Zélande, peut-être parce que Bouvier interagit moins avec les locaux, peut-être aussi simplement parce que l’endroit est moins exotique.

Malgré tout cela, je pense que Il faudra repartir est une très belle lecture, à recommander à ceux qui aiment Nicolas Bouvier et les récits de voyage.

Flattr this!

Retour à la mer…

Ancienne Gare de Baltimore

Il y a environ 20 ans, j’étais un passionné de voile, et j’étais même moniteur à Rudevent, une école de voile avec pour devise voile et fun en mer. Elle opérait depuis une base sur la baie éponyme sur l’île d’Arz, dans le Morbihan, dans un hangar emménagé à l’origine par les compagnons de la mer. L’école de voile a du quitter le bâtiment qui faisait office de base. Les cours ont d’abord été donné depuis le centre nautique de l’île Tudy, puis à Genève. Depuis 2002, les cours sont donné sur le lac Léman.

Si j’ai adoré être moniteur à Rudevent, les camps à l’île Tudy m’ont laissé un mauvais souvenir, privé de base, en sous-effectif, le cœur n’y était plus. Après avoir servi de chef de camp de facto, j’ai voulu passer mon second brevet Jeunesse & Sport, ce qui fut une autre déconvenue, j’espérais un cours de logistique, savoir gérer un camp, je fus jugé sur un cours de régate pour enfants. On m’invita à quitter Macolin, je n’avais réellement pas le profil requis. Cela mit un terme à mes ambitions de moniteur de voile et je passais à autre chose.

Cela faisait un bon moment que j’avais envie de refaire de la voile, naturellement, je connaissait l’association des , d’abord parce qu’ils ont eux aussi une base sur l’île d’Arz, mais surtout parce que le livre de référence en matière de voile est édité par cette association. J’avais besoin de remettre un pied à l’étrier, j’étais en Irlande pour des raisons professionnelles, un stage à Baltimore semblait tout indiqué.

Baltimore est un nom qui sonne familier, pourtant c’est un tout petit village de quelques maisons colorées, que l’on ne peut rejoindre qu’au moyen de bus épars ou par taxi. La base est située dans une ancienne gare, terminus de la ligne Cork-Baltimore, dont il ne subsiste que quelques viaducs gris et élégants. Une sémaphore rouillé dans la cour et la plaque annonçant le nom de la station sont les seuls indices du passé de ce bâtiment en brique rouge.

Lough Hyne

Dans la base, j’ai retrouvé l’ambiance et les odeurs que j’avais laissé à Rudevent, une salle commune remplie de vieux livres marins plus quelques romans échoués, une guitare, quelques jeux dont il manque assurément la moitié des pions. Odeur de vieilles choses rongées par l’eau de mer, cuisine simple dans des plats en acier. Ambiance un peu morose : c’est la dernière saison, la base va fermer, décision prise en France, on parle de problèmes financiers, cela ajoute à mon sentiment de déjà-vu. Je découvre la bière Smithwick’s au Bushe’s Bar, un pub à la façade rouge pompier.

Tempête

Nous n’avons pas pu naviguer durant les trois premiers jours, une tempête s’étant abattue sur la région, Gale Warning chaque matin à la radio. On a revu la théorie, ce qui était une bonne chose : j’étais pas mal rouillé, j’ai même appris un nouveau nœud. Nous visitons Lough Hyne, un lac magnifique, la vue depuis la colline adjacente est magnifique : petits fleurs jaune et mauve sur la lande. Au sommet, le vent tempétueux vous pousse à terre, on n’oublie pas la tempête qui nous empêche de naviguer.

Glandore

Les trois jours de navigation compensent pour les trois jours à terre : mercredi nous filons vers l’est sous spi, bon vent, temps magnifique, des dauphins viennent jouer à l’étrave du voilier. Nous passons la nuit à Glandore, après avoir mangé une copieuse portion de fish and chips, le poisson est frais, l’ambiance plus bourgeoise qu’à Baltimore, mais la saison est terminée, nous sommes les seuls clients.

En mer

Jeudi nous remontons au près en direction de Cape Clear Island, la mer est rude, et une bonne partie de l’équipage, malade. Mon corps n’a pas complètement oublié la mer, et je m’en sors bien. Nous passons la nuit dans la baie sud, sous la pleine lune, sur la berge, des yourtes mongoles.

Vendredi, retour à la base, le temps est plus gris, le vent plus faible, tours de l’île et descente sous spi, on passe au nord de Sherkin Island, une petite baleine émerge à proximité. Notre but : revenir à Baltimore via The Sound. On tire des bords dans un chenal étroit, avec un courant contraire, bon exercice. L’équipage commence à fonctionner, dommage que ce soit le dernier jour. Quelques exercices d’approche de ponton au moteur, et c’est terminé, on nettoie les bateaux, qui doivent repartir pour la France, probablement pour ne jamais revenir.

RetourBaltimore

Une fois en mer, j’ai réalisé à quel point cela m’avait manqué, j’avais un sourire sur les lèvres pratiquement tout le temps. Clairement j’aimerais y retourner, les camps des Glénans ont l’air sympathiques, peut-être devrais-je retourner sur l’île d’Arz et refermer la boucle…

Flattr this!

La crépuscule de l’âge du feu

🔥

Il est très difficile de faire des prédictions, surtout à propos du futur. Même en matière de progrès technologique, certaines idées prometteuses se révèlent en fin de compte impraticables et d’autres survivent bien plus longtemps que ce que l’on aurait pu escompter. Pourtant, certaines technologies finissent par péricliter  : on n’utilise plus beaucoup la Bakélite ou la transmission par bielles.

Le feu nous est dépeint comme l’une des premières technologies de l’homme, quelque chose de si merveilleux qu’il a fallu le voler aux dieux, certains en font un élément fondamental du monde. Le feu est certainement le préliminaire à la majorité des progrès et des technologies. C’est aussi la cause d’un de nos problèmes majeurs : tout ce CO2 provient de choses que nous avons brûlées : pétrole, charbon, bois, tourbe.

Dans la vie de tous les jours, le feu est de moins en moins visible, je suis toujours chauffé par une chaudière qui brûle du pétrole, mais elle est cachée à la cave, je ne cuisine plus avec des flammes, mais du courant électrique. Le feu ouvert est devenu une sorte de luxe, avec des connotations mystiques. Lorsqu’un système brûle quelque chose, il le fait de manière contrôlée et fermée, pour être le plus efficace possible.

L’idée qu’un jour je ne sois pas chauffé par un système qui brûle quelque chose, ou qu’une voiture puisse fonctionner avec un moteur qui ne soit pas à combustion paraît raisonnable, des prototypes existent. De même on produit de plus en plus d’énergie sans feu : éoliennes, panneaux solaires. Il faudra encore du temps à l’humanité pour se passer des hydrocarbures comme source d’énergie, et peut-être que cette transition n’aura jamais lieu, pourtant elle est possible, et si c’est le cas, nous sommes au crépuscule de l’âge du feu…

Flattr this!

Tree to Statue – D’arbre en statue – 木から彫像に – Von Baum zu Statue

Statue Final

隣の幼稚園の前に木が死にました。彫像に成りました。

The tree in front of the kindergarten next door died, it became a statue.

L’arbre devant le jardin d’enfant à côté de chez moi est mort, c’est devenu une statue.

Den Baum vor dem Kindergarten in der Nähe ist gestorben, er bekam eine Statue.

Flattr this!

Aikidō Weapon Bag

After some time of usage

My work is not exactly manual, so once in a while, I like to do things with my hands. I have a weapon bag of the brand Budo Nord for my Aikidō Jō and my Bōkken, whose bottom go pierced. This seems to be recurring problem with weapon bags, as the two wooden sticks eventually pierce the fabric. The fact that in my case, the bottom was just built from relatively soft fake leather did not help.

I had an old leather wallet that I had bought in Japan, the zipper was broken after five years of usage, but the leather was still relatively good, so I stripped away the fake leather from the bag, cut the wallet into a reasonably regular piece of leather and sewed that piece unto the bottom of the bag.

Now this sounds very professional, but my sewing sucks, in particular with leather. I had a strong needle, but I though I still had my sailmaker’s palm from my sailing days, but I seem to have lost it, so I ended up using a thimble. The result does not look really nice when you look closely, but it was sturdy enough to survive a hectic train trip.

Flattr this!

Aikidō – my spiritual journey

Gozo Shioda throwing two uke in a dark dōjō

塩田剛三の『Aikidō – my spiritual journey』を読みました。『合気道修行』と『合気道人生』の本が組み立て音訳したほんです。全然面白かったです。

I have read Aikidō – my spiritual journey by , this is the translation and assembly of the books Aikidō Shugyo and Aikidō Jinsei. Extremely interesting.

J’ai lu le livre Aikidō – my spiritual journey de , c’est l’assemblage et la traduction des livres Aikidō Shugyo Aikidō Jinsei. Une lecture très intéressante.

Aikidō – My Spiritual Journey

Foreword: Yasuhisa Shioda
Translators: Jacques Payet & Christopher Johnston
Kodansha USA
ISBN: 978-1-56836-411-7

Gozo Shioda was among the earliest students of Morihei Ueshiba, the founder of Aikidō. He trained with o-Sensei before the war, and founded his own dōjō, Yoshinkan, in 1955. This book gives an overview of Shioda’s perception of aikidō, and what he learnt from Ueshiba.

While there was always a mystical component to aikidō, and the book’s title suggest something mystical, Shioda appears as a very pragmatic person, explaining his experiences, how they relate to the various aspects of aikidō, and the teachings of o-sensei. The book reminded me a lot of the Book of Five Rings, with its no nonsense approach to Būdo, and the ideas are pretty consistent: the plan of no-plan, de-emphasising techniques and an insisting on the importance of a good posture. The book also has five chapters.

Besides the principle of Aikidō, the book, through its anecdotes, gives a glimpse into the adventures of Morihei Ueshiba in Mongolia, which sound like something you could do an adventure movie out, but also the rough relationship between dōjō before the war, the scuffles with the yakusa, it felt like a grimmer version of Ranma ½.

Yoshinkan is known as the aikidō that is taught to the japanese cops, and reading this book, you understand why, this is the aikidō that branched off when o-sensei was young, the practice rough, and japan very disorganised. There is certainly a huge effort to change a mystical experience into something structured that can be taught, even while admitting that techniques are not the real thing.

While certain ideas, like the fact that aikidō is 70% atemi would probably make my teachers cringe, nothing written in the book feels inconsistent with the practice I have done. Shioda admits that he really understood aikidō when he was in a fight in China, and wonder how people living in less troubled times will get that experience, but I felt no regret, no nostalgia, just a teacher pondering on some fact and how to teach best in those circumstances.

One section I found very interesting is Shioda explaining why there is no competition, as this is one thing that sets aikidō apart from other martial arts, like Judō or Karate. He makes a pretty good point that a sport cannot be a martial art, as competition will always impose rules that warp the martial idea. I also found interesting the fact he stated there would be not static principles that would be repeated often, something I experienced during my short practice of Shōlin-ji kempō.

The text is pretty short, 200 pages including ≈15 pages of afterword by Gozo Shioda’s son, Yasuhisa, which I found moderately interesting. One thing I must say is that the paper and the printing are gorgeous, making it a pleasure to read.

All in all I found this to be an excellent book about aikidō, which gives a pretty sharp picture of the characters and the idea that underlines this martial art, certainly a much more concrete narrative than what I read in the Shambhala Guide to Aikidō or the Wikipedia. I really recommend this book if you are interested in aikidō, in particular the non mystical parts, and I think it is a worthy read, even if you are training in other branch of aikidō, like I do.

Flattr this!