Plateau de jeu shafausa

Shafausa

Plateau de jeu shafausa

Je ne suis pas un expert en jeux de plateau, j’ai assez d’amis qui en ont des armoires pleines, et qui proposent à quoi on va jouer. Je préfère en général les jeux avec des interactions avec d’autres joueurs, optimiser des variables, je fais bien assez cela pour le travail. Depuis la nouvelle vague des jeux allemands, je me suis habitué à des jeux bien faits, une mécanique bien rodée, des règles claires, après, les présentation changent de style, mais en général on comprends assez vite qu’est ce qui va où.

Shafausa est un jeu de plateau qui a la particularité d’avoir été fait par des valaisans et que le thème est une version médiéval-fantastique de la suisse historique. Comme il se doit, le jeu est multilingue avec des règles en anglais, français et allemand. Le jeu reprend des mécaniques classiques : points de victoire, ressources, zones de construction, bâtiments, enchères, avec des entités ayant des territoires et des pouvoirs spéciaux. Le système qui permet d’influencer les prix des ressources était une nouveauté pour moi.

Je pense que Shafausa pourrait être un bon jeu, mais il souffre d’une réalisation bâclée, il aurait fallu polir plus sérieusement le matériel de jeu : le plateau et les règles souffrent de nombreux problèmes. Il s’agit principalement de détails, mais leur accumulation nuit énormément à la fluidité. Le jeu est relativement complexe, avec plusieurs phases par tour de jeu, un changement d’ordre à chaque tour, quatre type de constructions, qui se font à différentes phases, sept types de ressources, donc il est facile de faire des erreurs. Durant la partie, trois des quatre joueurs ont fini avec un écart minuscule au niveau des points de victoire, et nous avons tous fait des erreurs, donc c’est un jeu où les détails comptent.

J’ai trouvé les règles en français peu claires : plusieurs d’entre nous ont tenté de comprendre la mécanique des enchères pour le rang dans le tour sans arriver à une conclusion claire, plusieurs autre points sont ambigus, et manquent d’exemples. Le plateau a de très belle illustrations, elles semblent venir d’un contexte plus grand que le jeu lui même. Malheureusement elles imposent un style qui est à la source de nombreux problèmes :

  • Le plateau est trop sombre, les icônes et le texte sont souvent illisibles.
  • Il n’est pas évident de savoir ce qui est significatif sur le plateau ou non. Par exemple, les cases sot soit des montagnes ou des forêts, mais cela n’a pas d’impact.
  • Les termes utilisés sont ambigus et peu intuitifs, une ville est un ensemble de cases dans une géographie ou l’on ne mettrait pas de ville. Les entrepôts ne sont pas des bâtiments, mais les greniers oui (et ils ne servent pas à stocker de la nourriture).
  • Les resources sont identifiées par des couleurs difficiles à distinguer : deux gris, un noir, un bleu pâle et un brun.
  • Les icônes sont moches et peux intuitives : un caddie et un CHF barré dans une fonte sans-sérif, pour un jeu médiéval fantastique, ça casse réellement l’ambiance, sans aider à la compréhension. Le terme Thaler aurait été plus approprié.
  • Les jetons pour la monnaie sont mal découpés, et ceux des unités simplement trop petits
  • Les drapeaux des clans ont été mal choisis. Le jeu reprend des drapeaux cantonaux suisse, parmi les 26 cantons, pourquoi en prendre deux qui sont visuellement facile à confondre (Zürich et Lucerne) avec une bande blanche et une bande bleue et pourquoi en fabriquer deux avec un fond vert et un petit motif blanc ?
  • Le décompte des points en fin de jeu se fait sur une base de 20 unités monétaires, pourquoi ne pas avoir fait des pièces de 20 au lieu de 50, cela aurait permis de rendre le décompte final plus rapide.
  • La feuille de décompte final fait la différence entre les bâtiments et les mines, même si elles sont comptabilisée exactement de la même manière.
  • Le mode de jeu est déterminé par des termes comme geek ou family qui sont complètement hors ambiance.
  • L’ordre de construction des villes n’est pas régulier et clairement indiqué, résultat, deux joueurs se sont trompés. Il aurait été simple d’ajouter une ville de plus en plus grande comme aide mnémonique.
  • Chaque joueur reçoit deux cartons, pourquoi ne pas en avoir un seul plus gros ? Beaucoup de petits éléments mobiles, ce n’est pas un gage de stabilité.
  • Le plateau central est relativement grand, mais n’a pas de système conçu pour qu’on sache dans quelle phase du tour l’on se trouve. Vu que les joueurs vont devoir faire beaucoup d’optimisation et qu’ils n’interagissent jamais directement, il n’ont donc pas de raison de toujours suivre ce qui se passe.
  • Les cartes de pouvoir spécial n’ont aucune information, même basée sur des icônes, de leur effet, donc il faut invariablement repasser par le livre de règles.

Ce ne sont que les défauts dont je me souviens, le problème semble systématique, le jeu dans sa forme publiée n’a pas été proprement testé, et aurait simplement eu besoin de plus de travail. Je dois dire que le cadre de jeu avec la fausse suisse mythique m’a plus fait penser aux suppléments sur l’Europe de Shadowrun qu’au cadre de jeu de Warhammer, beaucoup de clichés mais pas réellement d’idée réellement sympa, ni de réelle intégration graphique au delà des blasons, ce qui est dommage, vu que c’est un domaine qui a été peu utilisé. En fin de compte, je dirais que la réalisation du jeu est NEF : Nicht erfüllt, le jeu a à mon avis un gros potentiel et le cadre pourrait être quelque chose de très sympa, mais pour l’instant ils sont complètement occultés par la réalisation bâclée.

Flattr this!

Le maître de jeu comme ressource

Chaque communauté tend à être son petit microcosme, mais je trouve très intéressant de faire des parallèles. Il y a plusieurs manière de faire de la voile, en amateur avec un voilier normal, ou plus proche de la compétition avec un bateau armé différemment. Il y a quelques éternités, je donnais des cours de voile, avec les discussions et formations que cela implique. Une des bizarreries de ces cours étaient qu’ils ne faisaient pas la distinction entre les types de pratique, et je me trouvais souvent dans des cours expliquant comment enseigner le réglage du pataras, en sachant pertinemment que j’allais enseigner sur des bateaux qui en étaient dépourvus. Intéressant, certes, mais pas évident à mettre en pratique.

Le même motif se retrouve un peu dans toutes les communautés, ceux qui partagent leur connaissances ont complètement assimilé leur environnement de pratique, et oublient que celui de leur audience sera différent. Parfois la différence est un hauban, parfois une environnement de compilation qui marche, parfois un appareil photo avec assez de lentilles pour faire une soupe.

Dans le monde du jeu de rôle, une ressource capitale est le maître de jeu. Par définition, il est différent dans chaque groupe, mais il existe une grosse différence entre le maître de jeu qui est l’auteur du jeu ou du scénario, et le maître de jeu qui a lu le scénario avant de le faire jouer : la capacité d’assimilation. Un auteur qui a passé des mois à écrire une campagne n’aura aucun problème à avoir en tête une vingtaine de personnages non joueurs, d’un autre côté il y a des gens comme moi qui mettent plusieurs jours à se souvenir du nom de mes nouveaux collègues.

Faute de mieux, j’utiliserais une analogie informatique : à mon avis un maître de jeu a une limite mémoire cet à dire l’ensemble des choses qu’il peut garder en tête sans devoir feuilleter ses notes ou le supplément. Chaque fois qu’un élément du scénario déborde, le MJ pagine dans ses papiers, cela casse le rythme de l’histoire et cela augmente les chances d’erreur, i.e. que le maître de jeu se marche dessus, par exemple en dévoilant un fait trop tôt (ou trop tard). Si on considère un maître de jeu qui fait une partie après une semaine de travail, il n’a pas une très grosse limite mémoire.

Qu’on joue un scénario très dirigiste, ou au contraire dans un bac-à-sable, du bon matériel de jeu est conçu et découpé pour tenir le mieux possible dans la tête du maître de jeu. Un bon découpage et quelques trucs mnémoniques peuvent beaucoup aider. Ce qui est intéressant, c’est que les techniques qui font qu’un scénario est mémorisable font souvent aussi que l’histoire est mémorable. Voici quelques techniques qui, à mon avis, fonctionnent :

  • Réduire le nombre de PNJs, mieux vaut avoir moins de PNJs plus complexes qu’une foule de personnages moins typés.
  • Réduire le nombre de lieux, mieux vaut avoir quelques lieux très bien décrits qu’une histoire qui se déplace dans plusieurs lieux flous
  • S’assurer que chaque élément (personnage, lieu) est clairement distinguable des autres, notamment au niveau du nom et de la couleur (certains mémorisent grâce aux sons, d’autres sont plus visuels).
  • Introduire les éléments par un surnom qui est représentatif, utiliser des noms évoquant la nature de l’élément, chaque élément doit avoir un nom facilement mémorisable.
  • Utiliser autant que possible des éléments récurrents, à mon avis cela marche le mieux pour les éléments secondaires, contacts, petits adversaires, concurrents.
  • Utiliser des clichés avec un détournement, l’idée est ici que le maître de jeu ne dois se souvenir que des différences par rapport aux clichés (en gros stocker le δ).
  • N’être original que lorsque c’est utile pour l’histoire. Cela suit un peu le principe du fusil de Tchekhov : si quelque chose doit être mémorable, cela doit être utile comme élément dans le scénario, au moins sous la forme d’une bonne fausse piste.
  • Les jeux de mots, même vaseux, sont un très bon moyen mnémonique
  • Beaucoup de figures de style liées à la versification aident : allitération, assonance, homéotéleute, etc.

À un niveau plus structurel, une approche pour obtenir une vision assez synthétique est de passer le cadre et les personnages par la moulinette des médias locaux, qu’il s’agisse de la commère du quartier, les publicités sur les murs, ou bien les chansons que tout le monde connaît, par définition cette vision est synthétique et mémorisable, et ce sera la première information auquel auront accès les personnages. La subtilité peut venir après…

Flattr this!

Théâtre Intime

🔑

Une des bizarreries récurrents des livres de jeu de rôle, c’est qu’ils contiennent généralement un chapitre qu’est-ce que le jeu de rôle, et ce même si, voire surtout si c’est un jeu de rôle à petit tirage destiné à un audience limitée. Imaginez une bande dessinée commençant par une petit chapitre expliquant les phylactères, les codes. Certains livres intelligents ont une premier chapitre explicatif : on appelle ça la préface, mais rares sont les jeux de rôle dotés d’une préface, après tout, quelle célébrité pourrait la signer ?

Il y a quelque chose d’absurde à vouloir publier du matériel de jeu de rôle. Ce jeu est la forme la plus intime de théâtre, une pièce qui n’est jouée qu’une seule fois, pour un public absent. Par essence, la partie intéressante est celle qui changera d’une partie à l’autre. Si le maître de jeu voyage, écume les conventions, il pourra faire rejouer le scénario plusieurs fois, percevoir la substantifique moelle de son histoire, voir ce qui marche toujours, ce qui ne marche jamais, peut-être qu’un confrère essayera le même scénario, mais avec sera-ce la même histoire ? Comment expliquer le ton des description, le rythme, quand introduire une idée saugrenue pour les joueurs la trouvent naturelle ? Comment faire une transition narrative délicate ? De quoi aura-t-il besoin, ce confrère ? On ne le connaît pas, après tout… Alors on écrit, on remplit les brèches possibles, ont plante le décor, on décrit des personnages qui ne seront peut-être jamais sur scène, on essaye d’exprimer le consensus narratif autours de la table.

Mais c’est difficile : un consensus est par nature fade, et un univers c’est vaste, on aimerait écrire le scénario à l’image du déroulement de l’histoire, linéaire, mais on n’écrit pas l’histoire finale, on présente du matériel pour un maître de jeu, alors il faut s’éloigner de l’histoire la démonter, structurer, hiérarchiser, la trame centrale au début, les scènes ensuite, les personnages, et enfin le décor. Mais à trop démonter, on a tué l’histoire, et reprend depuis le début…

Flattr this!

Codes & Fétiches

dattes zinette

Le petit super-marché près de chez moi a régulièrement des dattes, j’en achète parfois. Cette fois ci c’était un paquet de la sorte Kenta, originaires de Tunisie. J’ai passé beaucoup de temps le nez sur des codes-barres récemment, et le celui sur ce paquet de dates me laisse perplexe, les barres sont trop espacées, avec le temps on a l’œil. J’essaye de scanner le code, visiblement le programme n’est pas plus convaincu que moi. J’entre le code à la main, le n° 3770000906738 est valide, bien enregistré au nom de monsieur Armand Fabre à Marseille.

Mais pourquoi mettre sur un emballage un code barre qui ne marche pas? Est-ce que cela rassure le client, cela donne une touche civilisée ? Comme le symbole de recyclage en dessous du code, qu’est-ce qui a été recyclé dans ce paquet, qu’est-ce qui peut l’être ? Chaque société créé ses fétiches, des signes qui symbolisent une vertu quelconque, très souvent il y a une prouesse, une idée derrière ce symbole, mais rapidement elle est perdue, noyée dans le flot des activités humaines.

Flattr this!

La fête de la couche d’Ozone

Yarn Bombing

Je souhaite à tous mes lecteurs une joyeuse journée de la couche d’Ozone. Vous n’en savez pas ce que c’est? C’est la fête qui a été instaurée quand, suite aux mesures contre les CFC, la couche d’ozone a commencé à aller mieux, elle ne se reconstitue pas aussi vite qu’espéré, mais elle se reconstitue, félicitations à toutes les nations qui ont interdit les CFC.

Jamais entendu parler ? C’est peut-être parce que c’est le 16 septembre, peut-être aussi parce que ce n’est pas une fête. Nos sociétés ont joyeusement été poussées vers les crises suivantes, réchauffement climatique, déforestations, etc. Bien sûr que ces crises sont réelles, bien-sûr qu’elles sont plus grandes, mais une petite tape sur notre dos collectif, avec un petit well done n’aurait pas fait de mal. On ne parle pas de management avancé-là, le dernier des mes officiers à l’armée aurait pu vous le dire.

À propos militaire, quelqu’un connaît la date de la fin de la guerre froide? Pour quelqu’un qui a grandi avec Sting qui chantait qu’il espérait que les russes seraient raisonnables, ça fait toujours bizarre que le plus grosse menace contre l’humanité, a disparu sans qu’on en parle plus tellement. Ça semblait pourtant important à l’époque, l’idée que l’humanité allait s’exterminer à coup de bombes nucléaires. Aujourd’hui, ceux qui avait inséré une apocalypse nucléaire dans leur background de science-fiction sont tellement rétro. Ils auraient du mettre des nazis, c’est une valeur qui dure, le nazi.

Pourquoi je vous parle de ça ? Je ne sais pas si c’est juste le dernier buzz, ou dans l’air du temps, mais plein de gens semblent réaliser que les milieux geeks & associés sont en majorité composé d’individus de sexe masculin. Évidemment ce n’est pas exactement une surprise pour moi : seulement 10% de mes collègues sont des femmes, et mon boulot c’est un peu l’épitomé de la geekitude. C’est un problème qui préoccupe la branche depuis des années, ne serait-ce que par le fait qu’il y a une pénurie d’informaticien(ne)s de haut niveau, chaque fois qu’il y a une femme pour 10 hommes, cela voudrait dire qu’il y en a 9 qui manquent. Malheureusement c’est un problème qui est difficile à résoudre, ce ratio se retrouve sur les bancs de l’université depuis la première année…

Le dernier outrage en date concerne le métal à chanteuse, i.e. la tendance à avoir une chanteuse avec une voix haut-perchée accompagnée du groupe de métal plus classique. Naturellement la chanteuse est souvent mignonne, et son corset mis en avant. Évidemment c’est un stéréotype de la femme, mais est-ce pire que Lady Gaga, Rihanna ou David Bowie ?

Plus important, je me dis que toutes ces bonnes âmes qui s’indignent n’ont pas compris comment marche internet, et le monde du spectacle, que ce soit les jeux vidéos ou les groupes de métal à chanteuse : ce sont des saltimbanques. Ils ont besoin de notre attention, c’est leur métier de provoquer des émotions, mais je ne pense pas qu’on puisse régler le problème sous-jacent avec des émotions, c’est juste un plan à finir avec des femmes nues dans les églises.

Est-ce que vous avez entendu parler des communautés geek cool qui comprennent beaucoup de femmes ? Des geekettes qui font des choses impressionnantes ? On peut les rencontrer le jour de la fête de l’Ozone. Indignez-vous, r’indignez vous qu’ils disaient… Si au lieu de s’époulailler comme des grenouilles de bénitier on parlait un peu plus de ceux qui font avancer la barque, des femmes qui sont des exemples, des groupes de geeks qui font des choses cools et incluent des femmes. Je suis bien plus impressionné par celles qui font des maths qui me font peur ou me convainquent le prochain gadget que j’aimerais acheter est une machine à coudre.

Flattr this!

📥

Commentaires

📥

Cela fait quelques années que je tiens ce blog, qui a toujours connu un trafic plutôt faible avec 50 visiteurs par jour en moyenne, les articles les plus populaires sont des how to techniques, comment compiler tel ou tel outil, comment activer telle ou telle fonctionnalité. Les commentaires se divisent en deux grosses catégories: les questions techniques pour les articles techniques, et sur les articles plus généraux, les commentaires d’un cercle d’habitués.

Je n’ai jamais eu à me plaindre des commentaires (spam mis à part), le contenu de mes articles est bien trop spécialisé pour déchaîner les passions. Ce qui a été intéressant, c’est de voir que cela a instantanément changé quand j’ai écrit un billet à propos du mariage, même si c’était prévisible, j’ai été un peu surpris d’avoir un commentaire plutôt agressif, je ne suis pas sûr qu’on puisse parler de troll, mais cela s’en approche en tout cas.

Je suppose que je pourrais l’effacer, mais je trouve un peu étrange que quelqu’un dépense tant d’énergie pour si peu d’effet : vu l’audience de mon blog, je doute qu’il soit lu, et encore moins pris en considération. Naturellement il m’a fait réagir, moi, mais pas exactement d’une manière qui va me faire changer d’avis sur le sujet, de fait il m’a fallu le relire plusieurs fois pour comprendre quels étaient les arguments qui s’y trouvaient, cachés derrière les insultes. En fin de compte, j’ai décidé d’analyser ce commentaire, de regarder comment il fonctionne. Le texte en citation est naturellement la propriété (et la responsabilité) de l’auteur Gan9eta, et n’est cité qu’à des fins académiques.

Ton « âme » (sic) de scientifique t’interdit en principe d’avoir le moindre a priori sur la source d’une information, qu’elle soit catho intégriste ou agostico-stoïcienne. Et puis, ce raisonnement est faible : pourquoi 2 ? C’est une constante, bravo l’artiste. Ça mérite bien un KFC après cette explosion intellectuelle XD

Une affirmation plutôt péremptoire qui fixe ma position dans un axe politique avec des mots intelligents, suivi d’un reproche que le raisonnement que représente une phrase isolée est faible avec derrière une moquerie condescendante. Notez la mise en cause implicite du fait que j’ai un âme. Je pense que l’évocation d’un large spectre politique a pour but d’impliquer que l’auteur est large d’esprit.

Tu parles du monde des humains là, du versatile, de la passion. Que viennent foutre des pseudo-models mentaux ici ?

Appel au sentiment après avoir critiqué ma position intellectuelle. À noter que les sentiments ne sont plus évoqués par la suite.

« Et si ? Et si ? » Et si tu restes un couillon qui va défendre toute ta vie des intérêts qui ne sont pas les tiens, espérant qu’en te greffant un bras mécanique, tu pourras te branler plus vite ?

J’ai trouvé la métaphore rigolote. Je crois que ce qu’il veut dire, c’est que si je soutiens les droits des autres (homosexuels), je serais réduit à la masturbation. Premier argument en défaveur du mariage pour tous. Je suis presque étonné qu’il n’ait pas cité Ayn Rand. Comme pour les autres arguments, il est soutenu par une insinuation à mon sujet.

La déconstruction de la civilisation dans le sens du Saint Progrès est une arnaque, mon pote !

Les droits des homosexuels détruisent la civilisation. Là, au moins, on tient un argument classique. Notez le mon pote condescendant.

Le Progrès, ça fait 40 ans qu’il est constant : ch’ai pas, sort dans la rue, parle à des gens, regarde ta situation, essaye d’avoir un minimum de regard critique sur tes moteurs.

J’ai un peu de peine à interpréter l’affirmation que le progrès est constant, est ce que l’auteur veut dire que le progrès en tant que changement est constant – ce qui veut dire que les choses changent et serait plutôt positif, ou bien il veut dire qu’il n’y a pas de changement ? On parle de la fonction ou de la dérivée ? Le ton de la phrase soutient plutôt la seconde interprétation, mais cela donne une affirmation assez curieuse : le progrès, qui était censé détruire la civilisation à la phrase précédente, est un changement qui n’existe pas. À noter l’argument très puissant de l’auteur pour soutenir cette thèse ch’ai pas, suivi d’une invocation à la sagesse de la rue et implication que je suis isolé et coupé de la réalité.

Le sociétal divise et fait oublier le social. Ça tombe pas du ciel, je te jure.

Paradoxalement, je n’ai trouvé aucune trace de la phrase Le sociétal divise et fait oublier le social, donc c’est réellement tombé du ciel, peut-être est-ce la raison pour laquelle l’auteur se sent obligé d’ajouter je te jure. Pour référence :

sociétal
Qui se rapporte aux divers aspects de la vie sociale des individus, en ce qu’ils constituent une société organisée.
social
Qui se rapporte à une société, à une collectivité humaine considérée comme une entité propre.

L’analyse de cette affirmation est laissée en exercice au lecteur.

Houellebecq disait que le mariage, c’était une vision communiste de la sexualité : tout le monde avait le droit à trouver plus ou moins une chaussure à son pied avec ses limites et ses entorses. La libéra(lisa)tion sexuelle a fait que certains allaient avoir une sexualité riche et débridée (ceux qui ont beaucoup de moyen matériel) alors que les autres allaient de facto se retrouver dans une réelle misère sexuelle, une sexualité de seconde zone.

Appel à l’autorité. Je crois qu’il essaye de faire un lien entre le libération sexuelle et l’homosexualité. Le paradoxe c’est que les homosexuels veulent quelque chose qui est l’opposé de la libération sexuelle : le mariage. Est-ce qu’il veut dire que si les homosexuels ont une sexualité riche et débridée, les autres tomberont dans la misère sexuelle ? Mais cela impliquerait les homosexuels ont plus de moyens matériels ?

Ton chiffre 2, c’est toujours bien mieux que 1, et ne va pas me faire croire qu’un jour le 3 ou le 4 et plus puisse te concerner.

On revient au sujet du billet auquel se rattache ce commentaire. À noter que comme précédemment l’argument est surtout une implication vaguement insultante à mon sujet.

En fin de compte, je reste songeur sur les motivations de Gan9eta : le commentaire est plutôt long et construit pour un simple coup de tête. Est-ce qu’il croyait réellement convaincre qui que ce soit ? Toute personne raisonnable aura cessé de lire à la seconde attaque ad personam. Ce n’est en tout cas pas ce genre de texte qui va me convaincre que les opposants au mariage pour tous ont des arguments valables.

Flattr this!