Carte de la gare de Praille et du port Fluvial

Quand Genève rêvait d’un port

Carte de la gare de Praille et du port Fluvial

Une des choses que l’on apprend à l’école, c’est que la Suisse ne possède qu’un seul port fluvial, à Bâle sur le Rhin. En grandissant, on entend différentes histoires, des légendes presque, sur différents projets pour développer l’infrastructure fluviale en Suisse, notamment le projet du Canal Transhélvétique, qui devait connecter le Rhin au Rhône en passant par le lac Léman et le lac de Neuchâtel.

En me baladant sur l’historique du projet CEVA, je suis tombé sur cette carte datant d’avant la guerre (malheureusement en Flash), qui montre un projet de port fluvial près de la gare de la Praille, là où se trouve à présent la Caserne, la piscine des Vernets et des entreprises comme Rolex. Ce projet de port explique aussi pourquoi les voies de marchandises font une immense boucle en direction de l’Arve. Si le projet réalisé après la guerre est différent de celui projeté en 1912, la voie entre Cornavin et la Praille suit un trajet plus direct, celui en cours de réalisation semble suivre à la lettre cette carte qui date de 70 ans.

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Châteaux de la Colère

Une locomotive sur deux rails très courts qui rouille devant un palais en ruines.

Après ma lecture de Soie, plusieurs italophones dans mon entourage m’ont conseillé de lire du même auteur, Alessandro Baricco.

J’ai lu le roman en quelques jours, le style est rapide et l’histoire passionnante. Comparé à Soie, l’histoire est plus complexe, plus chaotique, d’une certaine manière, je ne suis pas certain du thème : une histoire d’amour étrange au centre, certainement, la passion de créer, de construire, sans aucun doute, le fait que ces mêmes créations sont éphémères, que nos rêves sont en constante butte avec la réalité, aussi, une mélancolie pour un temps, un endroit qui n’existe probablement pas, je pense. Il y a aussi une locomotive à vapeur.

Le livre ne m’a pas donné l’impression que l’auteur avait un thèse précise qu’il désirait imposer au lecteur, probablement que d’autres personnes lisant ce même texte en tireront quelque chose de complètement directement. La narration suit deux couples : Monsieur et Madame Reihl, et Pekish et son assistant, Pehnt. Monsieur Reihl et Pekish suivent tous deux une passion. Comme son nom l’indique, Monsieur Reihl veut construire une voie de chemin de fer, et Pekish déplacer du son. On s’en doute l’histoire ne suit pas ses rails, et la musique ne peut-être contrôlée. Autours d’eux une constellation de personnages groupés dans une petit ville qui n’existe peut-être qu’en Rêve, Quinnipak.

Châteaux de la colère

Traduction depuis l’italien : Françoise Brun
Folio (Gallimard)
ISBN : 978-2-07-041959-3

J’ai trouvé que Châteaux de la colère est un livre passionnant et intense, mais qui pourrait rebuter ceux qui ont besoin d’une narration structurée, d’une histoire qui suit ses rails. Pour les rôlistes, je pense que le livre contient beaucoup de matière brute pour faire du steampunk onirique.

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Moi rôliste

👾

Il y a quelques temps, a lancé une campagne intitulée moi rôliste, beaucoup de rôlistes l’ont suivi, y compris Roboduck, je m’y joins aujourd’hui. Les causes de cette mobilisation m’apparaissent un peu lointaines, d’abord parce que je vis en marge du monde francophone en général, et rôliste en particulier, ensuite parce que j’ai que peu d’attention à consacrer à la Xème attaque des habituels milieux bien-pensants. Ma première réaction à tout l’affaire se résumerait à la phrase tiens, ils sont encore là. La deuxième réaction un vague sentiment rassuré : le monde a pas mal changé depuis les années 80, ma vie a suivi quelques méandres, un peu de stabilité, même si elle est hostile, ce n’est pas si mal.

De fait, ces assauts viennent avec une telle régularité qu’on pourrait parler de tradition. Peut-être même que le processus fait partie des mécanismes internes de telle ou telle organisation religieuse. C’est le projet que l’on peut donner au jeune qui monte, une cible pour qu’il se fasse la main, moins problématique que les jeux vidéos. Ces temps-ci, tout à chacun joue sur son ordinateur, son téléphone, et l’industrie du jeu peut se payer des avocats et des entreprises de relations publiques. On fait les croisades que l’ont peu se permettre, je suppose…

À ce stade je devrais raconter que je suis rôliste et que, quoi que pensent certains, je ne suis pas un psychopathe. J’ai un boulot, je bois des bières avec mes amis, je fait partie d’un club de sport local, je paye mes impôts et je suis apprécié de mes voisins, y compris ceux qui vont à l’église le dimanche matin. Ce serait, à mon avis, un exercice assez futile : je doute que les personnes concernées lisent jamais ce blog, et je doute encore plus de pouvoir les influencer. Le monde est rempli de gens plus charismatiques que moi, d’écrivains plus compétents, ils cherchent à convaincre les religieux et les bien-pensants de choses bien plus importantes, sans grand succès…

Expliquer, c’est quand même un truc de geek – croire qu’il y a une logique là derrière, qu’on peut convaincre les gens avec des arguments structurés, des explications. Est-ce que quelqu’un à jamais reçu une explication claire concernant les championnats de foot, ou les longues discussions politiques ? Ces activités ont probablement aussi été critiquées à un moment, mais le temps a fait son œuvre. Peut-être qu’un jour le jeu de rôle sans assistance informatique aucune sera considéré comme une activité traditionelle, qu’il faut préserver.

Le jeu de rôle a apporté beaucoup de choses dans ma vie : des amis d’abord, mais aussi un terrain fertile pour réfléchir, créer, envisager un problème de différentes manières. Travailler pour un fanzine m’a appris à écrire, à structurer, à construire des arguments, bien plus que l’école dont cela aurait été le rôle officiel. D’un autre côté, le jeu de rôle m’a permis de ne pas perdre certaines choses : l’esprit du jeu, l’amour de la création, et la capacité à m’émerveiller, à considérer ce qui n’est pas, ce qui pourrait être, et d’une manière générale a envisager des choses qui vont à l’encontre du sens commun. Ces capacités ont été importantes pour mon épanouissement personnel, mais aussi ma carrière professionelle.

Plus important pour moi, le jeu de rôle a toujours fait partie des activités de geek, un monde dans lequel faire est plus important que paraître ou consommer. Accessoires, armes, armures, costumes, fanzines, films, fontes, illustrations, livres, programmes, scénarios, autant de choses que j’ai vu produites autours de moi. L’admiration, et non la crainte, l’émulation, et non l’autorité sont les moteurs dans ces communautés, et je pense que ce sont ses biens les plus précieux.

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Boulet en train de dessiner un dinosaure

Borne to be a larve

Le Boulet en train de dessiner une tête de dinosaure.

Si je lis de nombreux web-comics, rares sont ceux qui sont en français. Le est l’exception la plus notable. Avec ce sont les deux bande dessinées qui pour moi capture le mieux le zeitgeist, l’esprit de ce qui se passe autours de moi, mais aussi mes sentiments, mes pensées. Très souvent, en lisant les pages du Boulet, j’ai ce moment de satori où je me dis, c’est exactement ça. Il en faut beaucoup pour établir de nouveaux concepts dans ma tête, mais le Boulet est parvenu a insérer deux idées dans mon esprit : le Formicapunk et le Pixel Quantique.

Comme souvent avec les web-comics, j’ai commandé d’un bloc tous les albums sortis à ce jour. Pourquoi acheter avec de l’argent ce qui est accessible en-ligne ? D’abord parce que je pense que Boulet mérite mon argent, vu le plaisir que j’ai tiré de ses billets, c’est la moindre des choses. Ensuite, parce qu’après le toilettage de ce printemps sur mon blog, j’ai réalisé à quel point les choses ont tendance à disparaître vite sur le web, et je pense que ces billets sont quelque chose que j’aimerais relire dans le futur.

Notes 1 – Born to be a Larve
Boulet
Delcourt, Collection Shampooing
ISBN : 978-2-7560-1454-8

Born to be a larve est le premier volume des notes du boulet, couvrant la période entre juillet 2004 et juillet 2005. Outre les billets à proprement parler, il y a un second niveau de BD où le boulet et une amie à lui discutent et expliquent le contexte des billets. De fait, ce sont des billets que je ne pense jamais avoir lu sur le web, ils étaient sorti avant que je commence à lire le blog, et à l’époque la navigation en flash était pénible, donc je n’ai pas fait de rétrospective.

Ce qui m’a frappé, c’est la grande versatilité du Boulet, les billets sont fait dans une dizaine de styles différents, pourtant on y reconnaît toujours la patte de l’auteur. En un sens c’est l’exact opposé des comics américains où différents dessinateurs se succèdent sur une histoire, sans la moindre cohérence graphique. Comparé aux billets que l’ont voit ces temps, j’ai trouvé que le style graphique a peu changé, par contre la narration est me semble bien plus assurée en 2012, le Boulet s’assume plus, et ose des histoires plus barges, il s’égare plus dans l’imaginaire.

En conclusion un album très sympathique, qui donne de la profondeur et de la résolution aux billets disponibles sur le web, et que je recommande vivement.

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Rodhocetus kasrani, un ancêtre des cétacés actuels en train de nager sous l'eau.

Des dauphins et du design

Rodhocetus kasrani, un ancêtre des cétacés actuels en train de nager sous l'eau.
ⓒ Arthur Weasley Creative Commons

Les dauphins, c’est quand même des bestioles bizarres : une créature dont la structure interne est adaptée à la vie terrestre, qui s’est ré-adapté à la vie marine, si un dieu designer existe réellement, il ne sait pas ce qu’il se veut. Je trouve ce genre d’adaptations intéressantes, car elles montrent qu’il y a une grosse différence entre les raisons initiales d’une caractéristiques, d’une feature et la manière dont elles sont exploitées. Les poumons c’est absolument nécessaire pour vivre en dehors de l’eau, mais vu la rareté relative de l’oxygène dissout dans l’eau, être capable de l’extraire de l’air à la surface n’est pas une mauvaise stratégie.

En informatique, toutes les discussions sur le génie logiciel, le design, cherchent à appliquer les techniques issues des autres branches de l’ingénierie : on prend le cahier des charges, on conçoit quelque chose de logique qui rempli ce cahier, et tout va bien. Sauf que : l’informatique est dans une phase qui ressemble plus à l’explosion cambrienne qu’à la conception d’un pont. Au centre d’un iPhone se trouve un système d’exploitation datant des années 80, basé sur un système datant de la décennie précédente, et destiné à une catégorie d’ordinateurs aujourd’hui disparue (les stations de travail). Toutes les hypothèses sur lesquelles ce système a été conçu ont changé, mais comme les mammifères en milieu marin il ne se débrouille pas trop mal.

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Carte aux alentours Prés Jin

Cartographie Amusante

Carte aux alentours Prés Jin, près de la frontière entre la France et la Suisse.

J’ai toujours eu une fascination pour les cartes, en dessiner en préparation d’une partie est un de mes grand plaisirs. Le fait de pouvoir peu à peu définir, et par-là, découvrir une géographie, un univers, est à mon avis un des attraits de beaucoup de jeux de gestion, que ce soit ou . Sans surprise, le jeu de cette série que j’ai préféré était , où l’on peut même façonner le relief. Je soupçonne que c’est le même satisfaction que de construire des maquettes de train.

Récemment j’ai redécouvert le même plaisir dans quelque chose qui n’est techniquement pas un jeu: Mapmaker. Il s’agit de l’outil pour éditer en-ligne les données des cartes de Google. Cela permet d’ajouter des détails comme le nom des champs, des églises, mais aussi les sentiers qui manquent. Le site n’est pas encore lancé pour la Suisse, mais est il disponible pour la France depuis quelques temps. J’en ai profité pour compléter mon ancien voisinage à Saint Genis-Pouilly, cela a été l’occasion pour moi de rechercher un peu l’histoire de la région.
Ce que j’ai découvert avec intérêt  :

  • La région du Genevois fut annexée en 1536 par les bernois qui détruisirent plusieurs villages et monastères.
  • Outre l’Allondon et le Lion, les rivières de la région ont des noms intéressants  :
    L’Ouaf, le Nant de l’Écra, le Bief de la Janvoin, le petit et le grand Journans, et la Bossenat.
  • Il existe un chemin des Equimoches. Je n’ai pas trouvé le chemin des Equibeaux…
  • L’Église de Chevry a brulé le mois dernier, cette fois-ci, les Bernois n’ont probablement pas été impliqués.

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