(Français) Rue de la Lance

Le soir, quand je rentre après l’aïkidō, la rue qui va de ce cimetière jusqu’à chez moi est étrangement vide. Sous les lampes oranges qui se balancent au gré du vent, il n’y a que des créatures semi-sauvages : renards, chats, qui profitent que les humains sont chez eux pour vaquer à leur affaires. Tous me regardent passer avec une méfiance calme, alors mon vélo file sur la légère descendre de cette rue droite comme une lance. C’est son nom, la rue de la lance.

Of Prometeus, science and women

I have not seen the movie Prometheus, nor do I intend to, but I am grateful to Ridley Scott for creating it, as some of the critiques that it has spawned are very entertaining to read. What is clear is that plot consistency and logic were not deemed important to tell this story with mythological aspirations. In the end this looks like yet another old guy trying to reframe the nice artwork he did in his youth, trying to make a good story in some larger thing, and mostly managing to make a fool of himself.

What struck me with all the critical reviews is how absurd the behaviour of the “scientists” in the movie is. It seems that for hollywood, scientists are not really people, but more plot-devices, a bit like terrorists, I suppose. This is annoying me on a personal level, as I have a scientific background, but in my opinion this is also hurting society, as such stereotypes are not helping attract people into the field

The scientific world is lacking people, in particular women. There are many reasons for this, but having negative stereotypes certainly does not help. Recently the EU tried to address the problem: fixing the underlying problem is way to complicated and probably fraught with political dangers, so they created a movie called “Science: It’s a Girl Thing !”. Maybe they should have written a song, with the movie they basically shot themselves in the foot: it is both sexist and silly, and will certainly not have the expected effect.

Instead of having the EU try to write propaganda films, which they suck at, they should do like the US army: sponsorise movies that go in the direction they would like. The US army gracefully lends its toys to movie makers whose stories align its the propaganda goals. Instead of trying to do painfully pink ads, they should just sponsor movies where the scientists are not complete idiots. But clearly this would be science-fiction.

Carte de la gare de Praille et du port Fluvial

Quand Genève rêvait d’un port

Carte de la gare de Praille et du port Fluvial

Une des choses que l’on apprend à l’école, c’est que la Suisse ne possède qu’un seul port fluvial, à Bâle sur le Rhin. En grandissant, on entend différentes histoires, des légendes presque, sur différents projets pour développer l’infrastructure fluviale en Suisse, notamment le projet du Canal Transhélvétique, qui devait connecter le Rhin au Rhône en passant par le lac Léman et le lac de Neuchâtel.

En me baladant sur l’historique du projet CEVA, je suis tombé sur cette carte datant d’avant la guerre (malheureusement en Flash), qui montre un projet de port fluvial près de la gare de la Praille, là où se trouve à présent la Caserne, la piscine des Vernets et des entreprises comme Rolex. Ce projet de port explique aussi pourquoi les voies de marchandises font une immense boucle en direction de l’Arve. Si le projet réalisé après la guerre est différent de celui projeté en 1912, la voie entre Cornavin et la Praille suit un trajet plus direct, celui en cours de réalisation semble suivre à la lettre cette carte qui date de 70 ans.

Data parsing

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One of the best way to learn things in computer science is failing. This is also one of the things you learn to do the less at school. When teacher talk about hard problems, they mention large complex problems, NP-hard problems, or algorithms where there are very smart solutions. They never mention problems with crappy data. One of the first projects where I was confronted with this was still studying at the university. As a side job, I doing maintenance for some medical lab associated with the university, this was mostly about doing the maintenance of lab’s fleet of Macintoshes.

One day I was asked if I could help them clean up there bibliographical database. The database itself was stored within Filemaker, the problem was that there were multiple formats for names as the data had been entered by hand: one was Surname Family Name, but some records where in reverse format: Family Name, Surname (notice the coma). This seemed simple enough: export the data in CSV, run it through a small program, into another CSV file, re-import the result, voilà.

There were two problems: one the file was big, with many thousands of records, so processing took around ten minutes, two there were many exceptions which would be familiar to anybody doing human name processing: compound names, particles, multiple authors separated with comas, the word and, and sometimes the Oxford comma, sometimes even the ampersand. Some of the data was ill-formed, some used exotic characters, some had broken encodings. Each time I fixed one issue, two others popped-up. In the end, I had a program that fixed most of the names, but I had to warn the good doctors that there were still many issues in the data. There were not really pleased.

Interestingly enough, even today this is still a complex problem. I can now see other way of approaching it, but this mostly would involve crowd-sourcing and data-mining the correct names out of the web. Given the data I had at that time, I’m not sure I would do much better…

chateaux_de_la_colere

Châteaux de la Colère

Une locomotive sur deux rails très courts qui rouille devant un palais en ruines.

Après ma lecture de Soie, plusieurs italophones dans mon entourage m’ont conseillé de lire du même auteur, Alessandro Baricco.

J’ai lu le roman en quelques jours, le style est rapide et l’histoire passionnante. Comparé à Soie, l’histoire est plus complexe, plus chaotique, d’une certaine manière, je ne suis pas certain du thème : une histoire d’amour étrange au centre, certainement, la passion de créer, de construire, sans aucun doute, le fait que ces mêmes créations sont éphémères, que nos rêves sont en constante butte avec la réalité, aussi, une mélancolie pour un temps, un endroit qui n’existe probablement pas, je pense. Il y a aussi une locomotive à vapeur.

Le livre ne m’a pas donné l’impression que l’auteur avait un thèse précise qu’il désirait imposer au lecteur, probablement que d’autres personnes lisant ce même texte en tireront quelque chose de complètement directement. La narration suit deux couples : Monsieur et Madame Reihl, et Pekish et son assistant, Pehnt. Monsieur Reihl et Pekish suivent tous deux une passion. Comme son nom l’indique, Monsieur Reihl veut construire une voie de chemin de fer, et Pekish déplacer du son. On s’en doute l’histoire ne suit pas ses rails, et la musique ne peut-être contrôlée. Autours d’eux une constellation de personnages groupés dans une petit ville qui n’existe peut-être qu’en Rêve, Quinnipak.

Châteaux de la colère

Traduction depuis l’italien : Françoise Brun
Folio (Gallimard)
ISBN : 978-2-07-041959-3

J’ai trouvé que Châteaux de la colère est un livre passionnant et intense, mais qui pourrait rebuter ceux qui ont besoin d’une narration structurée, d’une histoire qui suit ses rails. Pour les rôlistes, je pense que le livre contient beaucoup de matière brute pour faire du steampunk onirique.

(Français) Moi rôliste

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Il y a quelques temps, a lancé une campagne intitulée moi rôliste, beaucoup de rôlistes l’ont suivi, y compris Roboduck, je m’y joins aujourd’hui. Les causes de cette mobilisation m’apparaissent un peu lointaines, d’abord parce que je vis en marge du monde francophone en général, et rôliste en particulier, ensuite parce que j’ai que peu d’attention à consacrer à la Xème attaque des habituels milieux bien-pensants. Ma première réaction à tout l’affaire se résumerait à la phrase tiens, ils sont encore là. La deuxième réaction un vague sentiment rassuré : le monde a pas mal changé depuis les années 80, ma vie a suivi quelques méandres, un peu de stabilité, même si elle est hostile, ce n’est pas si mal.

De fait, ces assauts viennent avec une telle régularité qu’on pourrait parler de tradition. Peut-être même que le processus fait partie des mécanismes internes de telle ou telle organisation religieuse. C’est le projet que l’on peut donner au jeune qui monte, une cible pour qu’il se fasse la main, moins problématique que les jeux vidéos. Ces temps-ci, tout à chacun joue sur son ordinateur, son téléphone, et l’industrie du jeu peut se payer des avocats et des entreprises de relations publiques. On fait les croisades que l’ont peu se permettre, je suppose…

À ce stade je devrais raconter que je suis rôliste et que, quoi que pensent certains, je ne suis pas un psychopathe. J’ai un boulot, je bois des bières avec mes amis, je fait partie d’un club de sport local, je paye mes impôts et je suis apprécié de mes voisins, y compris ceux qui vont à l’église le dimanche matin. Ce serait, à mon avis, un exercice assez futile : je doute que les personnes concernées lisent jamais ce blog, et je doute encore plus de pouvoir les influencer. Le monde est rempli de gens plus charismatiques que moi, d’écrivains plus compétents, ils cherchent à convaincre les religieux et les bien-pensants de choses bien plus importantes, sans grand succès…

Expliquer, c’est quand même un truc de geek – croire qu’il y a une logique là derrière, qu’on peut convaincre les gens avec des arguments structurés, des explications. Est-ce que quelqu’un à jamais reçu une explication claire concernant les championnats de foot, ou les longues discussions politiques ? Ces activités ont probablement aussi été critiquées à un moment, mais le temps a fait son œuvre. Peut-être qu’un jour le jeu de rôle sans assistance informatique aucune sera considéré comme une activité traditionelle, qu’il faut préserver.

Le jeu de rôle a apporté beaucoup de choses dans ma vie : des amis d’abord, mais aussi un terrain fertile pour réfléchir, créer, envisager un problème de différentes manières. Travailler pour un fanzine m’a appris à écrire, à structurer, à construire des arguments, bien plus que l’école dont cela aurait été le rôle officiel. D’un autre côté, le jeu de rôle m’a permis de ne pas perdre certaines choses : l’esprit du jeu, l’amour de la création, et la capacité à m’émerveiller, à considérer ce qui n’est pas, ce qui pourrait être, et d’une manière générale a envisager des choses qui vont à l’encontre du sens commun. Ces capacités ont été importantes pour mon épanouissement personnel, mais aussi ma carrière professionelle.

Plus important pour moi, le jeu de rôle a toujours fait partie des activités de geek, un monde dans lequel faire est plus important que paraître ou consommer. Accessoires, armes, armures, costumes, fanzines, films, fontes, illustrations, livres, programmes, scénarios, autant de choses que j’ai vu produites autours de moi. L’admiration, et non la crainte, l’émulation, et non l’autorité sont les moteurs dans ces communautés, et je pense que ce sont ses biens les plus précieux.

Google Serve 2012

Matthias in front of the plush toy shelf

Each year, I have the opportunity to donate one work day to some good cause. Last year I went to speak in a high-school, the previous, I did a Hike with asylum seekers. This year, I went to help in a Red Cross second-hand shop in Bern.

The shop gets donations of various stuff, mostly second hand clothes, books, and toys, and sells them. I think this year’s plan was the one I like the most – the work was diverse: sorting donated wares, talking with customers, folding bought clothes, setting up new wares for sale. I was the only person helping the young lady that handles the shop, which was a nice change, usually there is always a bunch of googlers for those projects, this time I was really able to forget about work. Also because I was the only helper, I had much more the impression of making a difference.

In short, a really good experience, which I would gladly repeat next year.