Soie

Alessandro Baricco – Soie – 絹

Soie, d’ est un petit roman qui m’attendait depuis un bon moment dans la pile de livres à lire. Je l’ai lu d’une traite durant un vol jusqu’en Irlande.

Soie raconte la vie d’un courtier en ver à soie, qui, suite à une épidémie, doit se rendre dans le japon qui vient de s’ouvrir à l’étranger chercher de nouveaux œufs. De fait, ces voyages ne repré­sentent qu’un détail du roman, qui se centre sur les relations du héros, de son patron, qui a établi les filatures dans la ville, de sa femme, et de l’autre côté du monde, des person­nages aux japon. La meilleure manière de décrire ce livre, c’est, en fait, de dire que c’est un roman japonais, ambigu et subtil, écrit par un digne héritier de Calvino. Le résultat est un texte délicatement sensuel relevé qui parle de la vie et des apparences, avec une bonne pointe de cynisme et d’absurde.

En conclusion une petite nouvelle courte et très sympathique que je recommande vivement à tous sauf aux âmes prudes.

Soie
Alessandro Baricco
Traduction depuis l’italien : Françoise Brun
Folio (Gallimard)
ISBN : 978-2070419654
  • Savez-vous ce que c’est ?
  • Affaires de femme
  • Erreur. Affaire d’homme : de l’argent

Le maire le fit jeter dehors. Lui, il construisit une filature, en bas près de la rivière, un hangar pour l’élevage des vers à soie, accolé à la forêt, et une petite église consacrée à saint Agnès, au croisement de la route pour Viviers. Il engagea une dizaine d’ouvriers, fit venir d’Italie une mystérieuse machine en bois, toute en engrenages et en roues, et ne dit plus rien pendant sept mois.
Puis il revient chez le maire et posa sur son bureau bien alignés, trente mille francs en grosses coupures.

  • Savez-vous ce que c’est ?
  • De l’argent.
  • Erreur. C’est la preuve que vous êtes un con.

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Panorama de la Horde de Barbarie X

Convention la Horde de Barbarie Ⅹ

Panorama de la Horde de Barbarie Ⅹ

La convention de la Horde de Barbarie est une de ces petits conventions de jeu de rôle romandes auxquelles je vais volontiers si j’ai le temps et si je suis sur le bon continent. Pour une fois que je me suis inscrit à l’avance, j’ai eu deux tables bien remplies, auxquelles j’ai fait jouer, tradition oblige, deux scénarios de Rêve de Dragon. Ces deux parties m’ont permis de réaliser à quel point mes différentes hypothèses peuvent être remises en question.

La première hypothèse, c’est que les joueurs n’ont pas encore joué le scénario, pour la première partie, vu que certains joueurs voulaient terminer tôt, j’ai fait jouer l’, qui est normalement plutôt rapide. Un des joueurs m’a dit avoir déjà joué avec moi, mais d’après ses explications j’ai cru qu’il avait joué , je me suis trompé. Malgré un joueur qui avait une bonne idée de la nature du scénario, le groupe s’est pas mal embourbé, peut-être en partie à cause du fait que j’improvisais pour changer la structure du scénario.

Pour la deuxième partie, j’ai fait jouer , moi qui croyait que le scénario serait trop long, je l’ai fait jouer avec un bon rythme, et on a donc fini largement en avance. Je pense que j’aurais du ajouter un combat effectif a un des niveaux, j’ai eu l’impression après coup que cela avait manqué. L’autre hypothèse qui a été remise en cause, c’est que les joueurs utilisent des dés honnêtement. Après une séquence de critiques plutôt improbables, j’ai fini par échanger mes dés avec ceux d’un des joueurs. Je n’ai pas réellement eu le temps de vérifier s’ils étaient réellement pipés, mais je doute qu’ils avaient une distribution uniforme. C’est le genre de bêtises qui sont réellement ridicules, vu que le hasard est justement une des choses qui rend les histoires intéressantes, et quelque soit la manière dont on biaise la distribution, on viole le contrat implicite avec le MJ et les autres joueurs qui a autre chose à faire que jouer au maître d’école.

Malgré cela les deux parties étaient très sympa, et je suis content de voir que La route de Symptote peut être joué en une séance si on tient un bon rythme. Malgré la petite échelle de la convention, on rencontre toujours des gens intéressants qui sont venus d’ailleurs, comme dans ma seconde partie un couple venu de Chambéry qui m’ont invité à leur convention. Hélas cet endroit est quelque peu inaccessible en transports publics. Alias a lui aussi écrit un compte rendu de la convention.

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Getting to the Lyrics

🎶

As I’m not at native english speaker, the lyrics of music have always been a hit or miss affair. Looking-up those lyrics online has proven to be a frustrating affair, as most popular web-sites try various kinds of stupid tricks to prevent one from just copy-pasting said lyrics, basically screwing around with the selection in javascript and hiding the lyrics’s text within html escape sequences. There are probably numerous tools to solve this issue, but I felt like write a bit of code.

The code is very simple and rough, but gets the job done. On Mac OS X, assuming you have the url of the lyrics web-site in the clipboard, you can invoke it in the following way in the terminal. ./lyrics.py `pbpaste` | pbcopy

#!/usr/bin/python
# -*- coding: utf-8 -*-

import re
import urllib2
import sys

tag_translate = {'br': u'\n', 'span': u'\n' }
escape_translate = {'quot': u'\'',}

funcs = (lambda x: unichr(int(x)), tag_translate.get, escape_translate.get,)

def decode(url):
  handle = urllib2.urlopen(url)
  try:
    content = handle.read()
    for match in re.findall(r'&#(\d*)|<([A-Za-z]+)[^>]*>|&(\w*);', content):
      for key, func in zip(match, funcs):
        if key:
          result = func(key.lower())
          if result:
            yield result
  finally:
    handle.close()


def main(argv):
  result = u''.join(decode(argv[0])).strip()
  sys.stdout.write(result.encode('utf-8'))
  sys.stdout.write('\n')


if __name__ == "__main__":
  main(sys.argv[1:])

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Age of corporations

I read an interesting article pointing out that if life expectancy was going up, the maximum age for hu­mans remains steadily at 114 years. If corporations are people too, and should therefore obtain all the rights that have been granted to the human kind of people, should they not be granted mortality? According to Tolkien, it is a gift.

Looking at the list of the oldest corporations in the world, I realised some are really old: six are more than 1200 years old, the oldest being a Ryōkan in Japan, of course. One interesting fact is that among the very old companies, nearly 90% have less than 300 employees. Clearly obesity is dangerous for your health, even if you are a corporation…

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Extrema – La Route de Symptote

La route de Symptote – nouvelles idées

Le protectorat de la grande pente

Si je n’ai certainement pas l’activité ludique de jadis, je continue à bricoler du matériel pour le jeu Rêve de Dragon. Un scénario sur lequel je travaille ces temps est , vient de me livrer un nouveau lot d’illustrations pour celui-ci, et j’ai fait jouer la version complétée à mon groupe de joueurs de Zürich hier soir.

La bonne nouvelle c’est que la nouvelle version semble bien fonctionner, notamment un PNJ qui a pris de l’importance dans un des rêves intermédiaires. La mauvaise nouvelle c’est que le scénario commence à être long et s’approche de la limite de ce qui peut être joué en une session raisonnable, je n’aime pas couper des scénarios en plusieurs tranches. Cela fait aussi que j’hésite à faire jouer ce scénario à la convention de la horde de Barbarie. On verra bien. Il faudrait que je fasse une nouvelle mise en page avec les illustrations additionnelles.

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Cat Haiku

Deborah Coates
Cat Haiku
The Ancient Art of Japanese Poetry – Cat-Style

Cat Haiku by is a cute coffee-table book I received during the holidays. The underlying idea: around 100 haiku about cats in english. The booklet is illustrated by very elegant drawings by Sandra Bruce. The haiku are funny and witty and the book is fun to read, but I had the nagging feelings that they are not really haiku. This made me think, why did I feel this? The versification certainly follows the form, and all of them talking about cat, you could even argue they all have nature as their thema, so what was my issue?

A cat getting your
Tongue is impossible; you
Guys are way too tall

Then it hit me: those poems are witty, which is something to expect of a english-speaking author. Haiku are more about a feeling, a precise sensation, that hits the reader during a short instant, an insightful flash. This is one form where, in my opinion, wits are not a good idea, the witty interaction between cat and human prevents from evoking sensations.

Cat Haiku
The Ancient Art of Japanese Poetry – Cat-Style

Deborah Coates
Random House
ISBN : 0-09-946328-8

Nosing around a bit on the internet, I found this page that contains a few haiku that are more rough, but try more often to get the sensation flash part right. Still Cat Haiku is a funny read, which made me smile a lot, and deepen my understanding of haiku.


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Les Boissonnas

Nicolas Bouvier&#13Les Boissonnas
Quai de la Poste 4, Genève
La maison n'est pas à l'angle, l'entrée est sur le quai.
Éditions Héros-Limite

Une chose intéressante avec , c’est qu’il semble avoir écrit sur des sujets qui ont touché ma vie d’une manière où d’une. Avec Les Boissonnas, il retrace l’histoire d’une dynastie de photo­graphes célèbres de Genève, et au travers de celle-ci l’histoire de la petite république entre 1864 et 1983.

Comparé au livres de voyage comme l’l’usage du monde, le poisson scorpion, ou les chroniques japonaises on sent une plus grande distance, la nar­ration ne sent pas le fait vécu, mais plutôt une forte empathie pour des carnets de note, des photographies anciennes.

C’est un livre passionnant, qui m’a beaucoup appris sur une période de l’histoire que je connais mal, même concernant la ville où j’ai grandi : la période entre le Sonderbund et la seconde guerre mondiale a toujours été un peu nébuleuse pour moi. Une époque où des éléments que je connais existent, mais pas dans le rôle que je leur ai connu. Le Journal de genève est un journal satirique, le parti radical est d’extrême gauche. De même si je savais qu’on avait affaire à des prestigieux photo­graphes, je n’avais pas réalisé à quel point leur influence s’étendait.

Cette lecture a aussi éclairci un élément de ma vie – les vieilles familles genevoises – dont j’ai régulièrement partagé l’espace, sans réellement les comprendre. Le texte donne, depuis l’intérieur, quelques clef pour les comprendre. Comme sur les photos argentiques développées dans un bac, on passe, peu à peu, d’une masse d’éléments inconnus à un paysage ou un visage familier, on glisse d’une passé historique à une période que j’ai vécu, dont je reconnais certains éléments: j’ai été à l’école primaire avec les enfants de Gad Borel et Ninon Boissonnas, j’ai même été quelques fois à la résidence à Mornex, où je me souviens avoir joué à la grenouille. Une portrait de famille que j’ai récupéré à la mort de ma grande mère, à présent suspendu dans mon salon, a été fait par Gad Borel. C’était il y a très longtemps, avant que ces photos ne reçoivent le terme argentique.

La ville de Genève a finalement reconnu l’importance de la collection photographique Boissonnas : la Proposition 852 Acqui­sition du fonds photo­graphique Boissonnas par le Centre d’icono­graphie genevoise a été acceptée le 23 mai 2011. La bonne nouvelle c’est que l’infor­matisation des collec­tions est en cours.

Si j’ai beaucoup aimé ce livre, je ne sais pas s’il serait aussi passionant pour quelqu’un qui ne connaît pas la ville. Si j’aime beaucoup le style de Bouvier, je l’ai trouvé moins impressionnant ici que dans les romans de voyage, peut-être que son style s’accorde mieux aux contrées exotiques qu’à l’historique d’une ville protestante. Peut-être est-ce aussi un effet de l’âge, l’évocation du pays natal, mais j’ai trouvé le style plus émoussé, plus complaisant. L’enthousiasme de l’auteur pour les personnages principaux est sans limites, et par moment je me suis dit qu’il en faisait trop. Je n’ai pas non plus été complètement convaincu par la structure : certains retours dans le passé me font plus penser à des digressions de vieil homme qu’à une véritable narration, la parenthèse des pages 153 – 154 est émouvante, mais m’a quand-même laissé passablement perplexe.

Au final, même s’il ne m’a pas laissé une impression aussi intense que les livres de voyage, cela reste un ouvrage très intéressant pour qui désire en savoir plus sur l’histoire de Genève.


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Transports

Alain Bagnoud
Transports
L'Aire

Il y a un certain paradoxe à lire d’ durant un voyage. Avion, train, je passe beaucoup de temps dans les moyens de transport, il y a donc une certaine mise en abîme à lire les notes de quelqu’un qui se trouve dans la même situation, surtout lorsque l’on connaît certains des trajets évoqués, pour les avoir soi-même fréquenté. C’est probablement la publication que j’ai lu jusqu’à présent qui évoque les choses les plus proches de ma propre vie.

Transports
Alain Bagnoud
L’Aire
ISBN : 978-2-940-478040

La lecture est très agréable, les impressions évoquées sont bien observées, malgré un point de vue différent, j’ai souvent ressenti un écho dans les courtes notes : situations, gestuelle des passagers. Beaucoup de choses me séparent de l’auteur, l’âge d’une part, sa relation avec Genève de l’autre : si c’est la ville où j’ai grandi, je n’y vis plus depuis plusieurs années, enfin la destination de ses voyages, le Valais évoqué dans La Leçon de choses en un jour, néanmoins c’est un texte qui m’a beaucoup touché.

Si j’avais quelques réserves concernant la Leçon de choses, je n’en ai aucune pour Transports, beaucoup moins ambitieux et plus intime. Un petit livre gris que je recommande chaudement en cet hiver glacial.

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