Disque de stationnement de zone bleue

Place de Visiteur à Zürich

Disque de stationnement de zone bleue

Depuis que je vis à Zürich, je n’ai pas de voiture, et je m’en passe pour l’instant très bien : la ville dispose d’un bon système de transport public, et même si le réseau de pistes cyclables est quelque peu baroque, la ville est moins pentue que Lausanne, et les auto­mobilistes mettent moins d’entrain à me tuer qu’à Genève. De fait, la ville n’est pas exactement hospi­talière pour les auto­mobilistes, et les places de station­nement sont rares. Cela pose un problème lorsque j’ai des visiteurs qui viennent quelques jours me rendre visite : autours de chez moi il n’y que des .

J’ai découvert durant la période des fêtes que l’on peut acheter des auto­risations temporaires d’une journée. Le prix est de 15 francs par jour, ce qui n’est pas donné, mais pas très cher comparé aux tarifs des parking en ville. Le plus intéres­sant, c’est que l’on peut les acheter en ligne et les imprimer chez soi, il suffit d’avoir une carte de crédit et le numéro d’immatri­culation de la voiture. Je dois avouer que le fait de pouvoir obtenir une auto­risation de l’état, le soir, depuis mon salon est une sensation nouvelle pour moi, mais plutôt bienvenue.

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Soirée de Nouvel an – Battlestar Galactica

Comme chaque année, Angel et moi même avons organisé une murder pour la soirée de nouvel an. Cette année, le thème était la série : les joueurs incarnaient différents person­nages notables du vaisseau, avec comme but d’amener l’humanité à bon port. Comme dans le jeu de plateau, il y avait parmi les humains des Cylons infiltrés, donc le but était au contraire la destruction de l’humanité. Une partie des joueurs découvrait leur identité de cylon au début de soirée, une autre partie en cours de soirée. Le principe est similaire à celui de jeux comme Mafia ou Loup Garous.

La soirée était découpée en tours d’environ 30 minutes. Au début de chaque tour, chaque personnage récupère des cartes d’actions politiques, puis il discute, négocie, échange ses cartes et effectue certaines actions particulières. Au terme du tour une décision doit être prise par les différents personnages, en votant avec ses cartes. Parfois il s’agit d’élections, parfois de décisions stratégiques (route à suivre), parfois il s’agit simplement de réunir assez de ressources politiques ou techniques pour résoudre une crise ponctuelle. L’état de la flotte (et de l’humanité) est représentée par deux unités: la population et les consommables (carburant et matériaux), si l’une de ses unités atteint zéro, les humains ont perdu.

Angel a fait la grande majorité du travail cette année. Il a préparé des transparents qui contiennent les règles, ainsi que les différents états. Cela permet d’afficher sur un grand écran ou bien une télévision les règles avant le début du jeu, et la situation du tour en cours ensuite. Les cartes d’actions politique étaient composée des cartes de valeur (0 à 10) de deux jeux de Uno. Nous aurions voulu couper les coins des cartes pour donner aux cartes le look de Battlestar galactica, mais faute de temps et de massicot, cela n’a pas été fait. Cela reste à mon avis une bonne idée, le look rétro-moderne du jeu de Uno s’accorde bien au thème de Battlestar. Les autres cartes du jeu sont utilisées pour déterminer qui est un cylon et qui est un humain.

Le jeu tel qu’il est décrit dans les transparents est conçu pour 13 joueurs et deux organisateurs, qui incarnent l’amiral Adama et le président Gaïus Balthar en début de soirée. Le but est que ces deux personnages soient remplacés par des joueurs durant la soirée. Aucun de ces deux personnages n’intervient dans les votes durant la soirée. Le jeu dure entre 7 et 9 tours soit 3½ – 4½ heures. Avec le temps pour le repas, le briefing initial et un peu de marge, cela signifie qu’une partie commencée vers 19 heures se termine vers minuit.

Voici les différentes ressources pour cette soirée:

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Livres Futurs

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Je suis tombé il y a quelques jours via Facebook sur un article concernant le futur referendum (en Suisse) sur un loi de prix unique pour les livres. Si je n’ai pas d’opinion très forte sur la loi per se, je pense qu’essayer de changer la loi en 2012 n’a aucun sens.

L’auteur justifie la nouvelle loi sur le besoin de protéger les auteurs, les éditeurs, les librairies de la grande distribution qui va casser les prix. Il s’agit peut-être d’une menace actuelle – même si les librairies que je fréquente s’y sont adaptées en étant des lieux plus accueillants qu’un super-marché – mais cela n’est pas réellement important : la réelle menace pour le monde actuel du livre n’est pas la grande distribution, mais le livre électronique.

Je n’ai pas encore de liseuse électronique, mais je sais que c’est une question de temps. Elles ne me satisfont pas encore, mais il y a des hordes d’ingénieurs qui travaillent dur pour les améliorer, et, tôt ou tard, toutes mes objections seront caduques. Les poètes feront des éloges sentimentales du papier, déclareront que le livre électronique ne sera jamais un beau livre, mais il prendra du terrain, le grignotant en partant des ouvrages les plus vulgaires : manuels, dictionnaires, livres de poche et de cuisine. Peu à peu tout la majorité s’y mettra, de la même manière que la majorité s’est mise à la musique, la photo, ou la vidéo numérique.

Le passage au format numérique s’accompagnera des habituels cavaliers du chaos : piratage, transformation de tous les modèles, distribution, vente (pourquoi est-ce que je ne peux pas acheter mon livre au chapitre ?), stockage, partage, archivage. Le problème de la copie sera renforcé par le fait que les informations textuelles sont ridiculement compactes : les Contes Français ne prennent que 400 kilo-octets, moitié moins que la page d’entrée de ce blog. Un téléphone mobile avec 32 giga-octets peut donc stocker 80 millions de livres, la librairie du congrès américain, consi­dérée comme la plus grande au monde, ne contient que 20 millions de livres. À moins d’im­poser un niveau de contrôle qui laisserait même la Corée du Nord coite, il est impossible d’éviter les copies.

Par rapport à la musique la situation sera compliquée par deux faits. D’abord il y a un énorme inventaire de livres gratuits. Pourquoi acheter des romans quand il y en a des très bien dans le domaine public ? Chaque années les écoles font acheter des milliers d’exem­plaires de classiques. Ces piliers de la culture ne devraient-ils pas être gratuits ? Les romans à l’eau de rose d’aujourd’hui sont-ils réellement meil­leurs que ceux d’il y a un siècle ? Ensuite, comme les données textuelles sont compactes et structurées, les ordinateurs peuvent faire des traitements avancés.

En quelques années nous sommes passés de correcteurs ortho­graphiques à la traduction auto­matique. Un article généré par un algorithme a déjà été accepté dans une conférence, et un ordinateur a déjà gagné a un jeu de questions de culture générale. La qualité est discutable, mais c’est un début. Je doute qu’un algo­rithme puisse écrire le prochaine Murakami, mais le prochain Gérard de Villiers ? Un premier algorithme pour changer le style d’écriture a été publié ce Noël. Le but, dans ce cas précis, est de garder l’anonymat de l’auteur, mais on peut imaginer d’autres applications. Peut-être qu’un algorithme pourrait réécrire Proust dans un style moins barbant ? Est-ce que ce texte serait une œuvre dérivée ? Pourquoi ai-je besoin d’un éditeur si un algorithme peut sélectionner un livre pour moi en se basant sur mes préférences au lieu de ses à-prioris.

Je ne pense pas que la grande distribution aura encore beaucoup de temps pour nuire à l’édition. Les changements qui vont venir dans les dix prochaines années vont remettre en cause à peu près toutes les notions du monde littéraire : qu’est ce qu’un livre, un auteur, un éditeur. Je ne sais même plus s’il y a encore des CDs dans mon super-marché, une chose est sûre, ce n’est pas ça qui a mis sans dessus-dessous le monde de la musique…

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