Le canon de Lasselille

Jørn Riel
Le canon de Lasselille
domaine étranger
10/18

Antoine m’a prêté une série de livre de Jørn Riel de la série des racontars arctiques racontant les aventures de trappeurs dans le nord-est du Groenland. J’ai fini de lire un premier d’entre eux, Signalkanonnen og andre srkøner, Le canon de Lasselille en français. La narration, découpée en petites histoires connectées, se concentre sur la vie de ces trappeurs, chacun avec son identité, ses lubies, et une sérieuse réserve d’alcool. La perte d’un chien aimé, le débarquement de touristes envoyés par la compagnie pour renflouer les caisses ou une simple visite de politesse sont autant de déclencheurs dans cet univers rude, où l’on parle peu, mais tenu par un réseau de loyauté très ferme.

Le résultat est une série d’histoire très amusantes, écrites dans un style à l’humour glacé (mais pas sophistiqué), on découvre des personnages très humains et attachants qui se retrouvent invaria­blement dans des situations surréalistes.

Le hurlement de Olsen fut presque aussi fabuleux que la détonation de Lasselille. Il se mêla presque harmonieusement au vacarme roulant, tel un écho dans la montagne. Museau attrapa Bjørken par la manche.
– Voilà qui a dû le surprendre, ce gros cul de lampe à graisse de norvégien.
Bjørken hocha la tête. Il n’avait jamais rien vu de pareil. La corde du harpon s’étirait maintenant comme une corde d’une mandoline entre la gueule du canon et l’arrière train de la yole. Et à peu près à mi-chemin flottait joyeusement le drapeau danois.

Le canon de Lasselille
Jørn Riel
domaine étranger 10/18
ISBN : 2-264-03845-4

J’ai trouvé que la traduction de Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet rendait bien le style un peu sec, ce qui n’est à mon avis pas facile en français. Le découpage en petite histoires fait que c’est un livre que l’on peut facilement lire dans le train ou l’avion. Autant dire que je me réjouis de lire les autres livres de la série que je recommande à quiconque aime les histoires un peu surréalistes.

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La Leçon de choses en un jour

Alain Bagnoud
La Leçon de choses en un jour
L'Aire bleue

Un des avantages des livres en arbre mort sur leur contrepartie électronique c’est que l’hôtesse de l’air ne peut pas vous demander de l’éteindre. J’ai donc profité de mon dernier vol pour lire La Leçon de choses en un jour d’. Comme le suggère le titre, ce texte raconte la journée d’anniversaire d’un jeune valaisan montagnard des années 60. Par ses yeux on découvre un petit village de vignerons, Aulagne, à cheval entre les traditions et une modernité qui aujourd’hui apparaît vieillotte.

L’auteur décrit avec beaucoup de justesse une société à la hiérarchie très stricte, un monde dominé par les traditions, l’église catholique et le non-dit.

Tous les Suisses. Même les Suisse-allemands ! Mêmes les protestants ! Le Seigneur dans ce cas exceptionnel n’avait pas fait de distinction. Les soldats postés aux frontières avaient vu apparaître une grande main dans le ciel c’était la main de Dieu qui protégeait notre Pays.

L’auteur décrit avec beaucoup de couleur cet endroit qu’il connaît bien, paysans, curé, maitresse d’école, rebouteux et étrangers mal acceptés s’y côtoient, chacun suivant son rôle, interagissant à leur manière avec le jeune garçon. Peu à peu celui-ci découvre la complexité du monde, entre-apperçoit certains secrets, et décide ce qu’il va devenir.

Le texte est plutôt bien écrit, avec des beaux morceaux de patois à décrypter dedans. L’histoire est prenante et intéressante. Si j’ai un reproche à faire à ce texte, c’est qu’on sent que c’est écrit par un prof: si les personnages sont très naturels, faire tout tenir dans la journée force un peu la narration, le rythme du texte ne fait pas ressortir le rythme de la journée. Si j’ai bien aimé la mise en abime avec Heidi, elle arrive à un point dans l’histoire où trop d’éléments sont parfaitement enchâssés. La relation entre le patois et le “bon” français est évidemment un élément central du texte, et aussi un des plus intéressants. Avec une demi siècle de recul, toute cette insistance à se débarrasser du patois semble aussi désuète et ridicule que les permanentes.

En fin de compte, c’est un très bon roman, qui m’a rappelé mes souvenirs de jeunesse, et donné une perspective sur le Valais qui par certains aspects n’a pas tant changé… Une lecture que je recommande chaudement…



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Reactivation

Soleil Levant sur les Vignes

Il y a quelques temps, François avait écrit un billet où il se posait des questions intéressantes sur la raison d’être de son blog. Je ne m’étais jamais réel­lement posé ce genre de questions. Une manière de savoir si quelque chose sert à quelque chose, c’est de l’enlever et de regarder ce qui se passe. Le sort à voulu que la machine partagée sur laquelle tourne se blog est partie en éclats de rire à quelques jours du renouvel­lement. Ce blog a donc connu un hiatus de plusieurs jours, ce qui a eu l’avantage de me permettre de mesurer la valeur (pour moi) de ce blog.

Même si je n’en doutais pas, ce blog me permet surtout de faire quelque chose que j’aime : écrire, et durant cet interlude technique, cela m’a manqué. Même si les différents réseaux sociaux me permet­tent aussi d’écrire, ce n’est pas aussi confortable, au delà d’une phrase, il me faut du temps, pouvoir éditer, corriger, bricoler le html brut, ajouter une image.

Dans tous les cas, je suis très content d’avoir à nouveau mon blog, un grand merci à Antoine pour avoir remis sur pattes toute l’installation. Normalement tout devrait être revenu à la normale, mais si quelque chose ne marchait pas correctement, faites le moi savoir.

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Nicole-Lise Bernheim
Saisons japonaises

Saison Japonaise

Nicole-Lise Bernheim
Saisons japonaises

Avant mes vacances au Japon, j’avais discuté avec mon ami Péter de destinations possibles, de lieux à visiter et il avait suggéré , pour illustrer l’endroit il m’a prêté le livre « Saisons Japonaises » de Nicole-Lise Bernheim. Je n’ai, faute de temps, pas pu aller à Kōyasan, et j’ai lu le livre durant le voyage suivant.

Le livre raconte les multiples voyages à Kōyasan d’une européenne, son intégration dans une famille locale de fabricants de tōfu. Par de nombreux aspects ce livre m’est apparu comme le pendant des Chroniques Japonaises de Bouvier : aventurier né dans une famille de huguenots genevois remplacé par une journaliste juive originaire de Mulhouse, le japon des années 60 cède le pas à celui des années 90, la machine à écrire par l’ordinateur portable.

Le résultat est un texte moins explicite, mais plus intime, avec une vision du japon centré sur une famille particulière d’un lieu particulier. Celle qui deviendra la famille adoptive de Nicole-Lise.

J’aime les Imai, ma famille japonaise. Le soir, c’est-à-dire vers dix-sept heures trente, je vais parfois partager leur repas, à la fortune du pot. Petit à petit, j’ai appris à participer à leur intimité, à leur gaieté. Je les vois me regarder goûter à leurs plats délicats, introuvables en ville. Mes réactions sont bonnes, ça va. Ensuite, nous prenons le thé du soir, à l’anglaise, bavardant jusqu’à pas d’heure, au moins jusqu’à vingt et une heures, puisqu’ils se lèvent si tôt. Voyage immobile, dans une très petite ville. Traces de ce périple lent que je fais ici. Un périple est « un voyage d’exploration maritime autour d’un continent ». Dans mon cas, il s’agit d’un parcours, d’une traversée à risques sur cette mer intérieure qu’est Koyasan.

Saisons japonaises

Petite Bibliothèque Payot
ISBN : 978-2228895309

Si l’écriture n’a pas la qualité et la puissance de celle de Nicolas Bouvier, le texte est très agréable à lire, avec une analyse très fine des multiples personnages qui gravitent autours de la petite chambre à l’étage près du puits qui fourni l’eau nécessaire au tōfu : les Imai, les notables de Kōyasan, les différents étrangers. J’ai trouvé très intéressant le fait que l’auteure n’exprime aucun intérêt particulier pour le Bouddhisme, elle garde un garde un regard détaché sur les activités religieuses, les temples, et tous ceux qui viennent sur cette montagne chercher le Bouddhisme. La femme mature a le même regard détaché et sur la vie des filles Imai.

Le résultat est une tranche de vie japonaise fine et subtile, mais qui semble très vraie. Une lecture agréable que je recommande à tous ceux qui veulent une autre vision du Japon.

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Cyber sausage

Cyber Sausage

One part of Tōkyō I often visit is Akihabara, the electric district. This is the place where you can find inter­esting electronic gadgets and new tech­nologies that are difficult to come by in Europe or even California. One thing I bought this time is the red dongle you can see on my iPhone on the photo. Can you guess what this is?

It is basically a stylus for touch screens, but I prefer to think about it as a cyber­netic sausage. You don’t need a stylus to use the touch screen on the iPhone and similar smart­phones, but the sensor does not work if you are wearing gloves. This resulted in a huge sale increase of a certain kind of sausages in Korea, they could be used as a replacement for the finger. Of course having a sausage in your pocket to use on your mobile phone is not very elegant, hence the cybernetic replacement (available in five fashionable colours).

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The speed of light

I lately found an interesting animation on youtube that explains how one can break the speed of light by sweeping a laser beam on the moon’s surface. No particle or photon goes faster than the speed of light, but the red dot on the surface does.

If you ever played with a laser beam, you know that the red dot will eventually be followed by a cat trying to catch it. So the solution to have a physical body that goes faster than the speed of light is to put a cat on the moon and swipe a laser powerful enough to entice the feline. So the only thing science need to tackle is cat that can survive on the surface of the moon. We could also terraform the place. Some people would object that we could put the laser on the moon an swipe it on the surface of the earth. Believe me, you do not want to have a cat breaking the speed of light on your planet.

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