Le Vicomte Pourfendu

Couverture du Livre le Vicomte Pourfendu – Pablo Picasso, Homme Assis I

J’ai profité d’un peu de temps libre ce dimanche pour lire un petit livre sympathique, Le Victome Pourfendu d’Italo Calvino. J’avais lu Si par une nuit d’hiver un voyageur il y a plusieurs années, et je l’avais adoré. J’ai trouvé que la différence d’âge entre les deux textes se sent assez clairement. Le style dans le Vicomte est plus jeune, plus clair, plus tranché, même si la narration est faite par un adolescent candide, le texte a une dimension morale et satirique claire.

L’histoire à proprement parler est assez simple : dans une Europe où se jouxtent le capitaine Cook, les Huguenots et les croisades, un jeune vicomte est gravement blessé, et ce n’est littéralement que la moitié d’un homme qui revient. Hors c’est moitié est mauvaise, et sème peur et destruction dans le domaine. Finalement, l’autre moitié, la bonne revient, mais elle ne fait qu’empirer la situation. Il faudra attendre que les moitiés soient jointes à nouveau pour la paix revienne. Naturellement, on réalise que c’est tout l’univers autours des deux demi-victomtes est tout aussi polarisé que eux.

Le Vicomte Pourfendu

Livre de Poche
ISBN : 978-2-253-02985-4

En conclusion, avec 120 pages, c’est une lecture sympathique pour un dimanche au bord du lac, et peut-être une inspiration fantastique.

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Bünz.li 2010 – Biolite

Biolite in Game Screen Shoot

One event I never missed while living in Zürich is the Bünzli in Winterthur. This is the only demo-party in Switzerland, and always fun. This year was a little bit special, as it was the last time at this particular location, the Kirchgemeindehaus in Winterthur. As usual, the most awaited demos where the overhead project (OHP) ones, with lots of complicated moire effects, chemistry and flames. This year the most exciting thing for me was that Angel from Calodox released a game: Biolite. This is basically a rewrite of the 96K game released at the 2006 breakpoint, this time with nice 3D graphics.

Biolite Screenshot – Planet Design

The game features a 3D planet where plants fight for dominance. The goal of the game is to expand on the surface of the planet, tree with many leafs collect the sun’s energy, while plants with fruits let you store it. Killing the opponent’s plant requires energy, and so does planting need seeds. The game also lets you customise the planet’s structure and appearance. The game uses the irrlicht library and runs on Windows, Mac OS X and Linux. I will put a link to the various binary files once the final version is released. The files for the released version can be downloaded from the bünzli site.

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Sex@mour

Jean Claude Kaufman 
 Sex@amours 
 Armand Colin

Le livre suivant dans ma pile de lecture était sex@mour de Jean Claude-Kaufmann, qui traite, comme son titre peut le laisser soupçonner, d’amour et de sexe sur internet. Si le sujet est intéressant, j’ai trouvé le style d’écriture assez lourd, avec un style académique et ronflant, sans pour autant que le texte soit étayé par des faits, des statistiques ; dans ce livre, on trouve surtout des anecdotes. L’auteur ne semble pas visiblement réellement impliqué dans la problé­matique, mais ne se prive pas pour autant de juger.

Même si le texte est court (200 pages, écrit gros), j’ai quand même eu largement le temps de m’ennuyer, entre le va et vient de l’auteur entre le contexte historique et le monde actuel, ses répétitions, et le fait que j’ai eu pas mal de peine à accorder de l’autorité à l’auteur sur les deux sujets qui semblent être le centre du livre, les jeunes femmes et internet.

Sur ce dernier sujet, Jean Claude Kaufmann semble être peu au clair, il utilise parfois blogs, forums, site de rencontres de manière interchangeable. Il ne semble pas non plus avoir décidé si internet offre un anonymat ou non, vu qu’il semble affirmer les deux hypothèses en parallèle, selon les besoin du chapitre. Je peux comprendre qu’il ne fait que narrer une perception sociale de la chose, mais j’ai trouvé qu’il n’a pas fait le moindre effort pour lever l’ambiguité. Peut-être que je ne comprend juste pas la sociologie…

La thèse centrale du livre c’est qu’il existe une tension entre le sexe et l’amour, et qu’entre internet et la révolution sexuelle des années 60, la situation a été passablement chamboulée. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est qu’au sein même des sites de rencontres, deux tendances anciennes s’affrontent, d’un côté les partisans de la sensation, de l’autre, ceux qui veulent des règles, des rituels, permettant de civiliser le processus. Les premiers se retrouvent enferrés dans une course à la sensation, les seconds n’ayant ni consensus ni autorité, ne parviennent jamais à s’entendre sur la portée et le sens des codes, qui se retrouvent réduit à deux points fixes : le premier et le dernier verre.

Le premier chapitre m’a frappé, principalement à cause du fait que la problématique centrale pouvait se résumer à un acronyme : IRL (In Real Life. Le texte explique de manière assez ardue la transition entre des interactions virtuelles et le contact réel, le fait que les attentes sont toujours faussées, et qu’il faut un rituel, un consensus social pour recommencer la relation dans le nouveau mode. Si on enlève la question sexe/amour de l’équation, c’est quelque chose qu’ont toujours dû gérer les groupes dispersés qu’ils soient hackers, ou correspondants épistolaires. Visiblement cette transi­tion pose à présent problème à une population plus grande.

Une question qui n’est d’ailleurs pas du tout abordé dans le livre est celles des jeux de rôle massivement en ligne (plus communément appelés Morpeug) qui sont des réseaux sociaux et aussi des terrains de chasse très grands. Si des sitcoms grand public comme Plus belle la vie traitent du sujet, je pense qu’on peut considérer qu’il est du domaine de la sociologique. Si le livre était paru il y a quelques années, je n’aurais pas tiqué, mais pour un ouvrage sorti en 2010, cela me semble une omission ennuyante, car la distanciation virtuel-réel est encore plus grande.

Sex@amour

Armand Colin
ISBN : 978-2-200-24841-3

En conclusion, je dirais que c’est un recueil de témoignages intéressant qui aurait gagné à être mieux synthétisé, et qui laisse une impression d’anecdotes superficielles. J’ai regretté que l’auteur ne soit pas allé plus loin dans les mécanismes, les tendances, plutôt que de porter des jugements qui ne sont pas particulièrement intéressants.

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Trip hop TracksMorceaux Trip hop

Recently I am increasingly listening to trip-hop music. While I did some entries about some of the albums I bought, I realize I often buy only a few tracks I like, and writing about a single track seems like a waste of time, so instead of trying to explain why I like various tunes, I created, as an experiment, an iTunes iMix called 夢 (dream) with various tunes I like. Normally, this should let people listen to the previews of the tracks easily.


J’écoute de plus en plus de la musique trip-hop. Si j’ai déjà écrit des billets sur divers albums que j’ai acquis, je réalise que j’achète de plus en plus des morceaux isolés, et écrire un billet par morceau me semble une perte de temps. Plutôt que d’essayer d’expliquer divers morceaux que j’aime, j’ai créé à titre expérimental, un iMix iTunes appelé 夢 (rêve) avec différent morceaux que j’aime bien. Normalement cela devrait permettre aux gens de se faire une idée facilement.

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Swiss Cards Cartes Suisses スイスの切り札

Swiss Jass Cards

スイスでは一番湯名切り札遊戯はヤーッスです。米国のピノクルの原型だかもしれません。国の東でヨーロッパより違う切り札で遊びます。女王がなくてもジャックは二冊あります:上ジャックと下ジャック。切り札の色も違だ:スペードとかハートとかない。四つ色は:鐘、花、複、団栗です。この切り札はとても奇麗と思います。

Jass is the most famous card-playing game in Switzerland. Some say it could be the ancestor of the US game of Pinochle. In the east part of the country, people play with cards that are different from those of the rest of Europa. There is no queen, but two jacks: a knave and a squire. The colors are also different, there a no hearts or spades, instead the four families are bells, flowers, shields and acorn. I find those cards beautiful.

Le Jass est le jeu de carte le plus populaire en Suisse. Les règles sont proches de celle de la Belote. Dans la partie est du pays, le jeu est pratiqué avec des cartes différentes du reste de l’Europe. Il n’y a pas de reine, mais deux valets, celui du haut et celui du bas (proche des cavalier et pages du jeu du tarot), les couleurs ne sont pas cœur ou pique, mais clochette, fleur, blason et gland. Je trouve ces cartes très belles.

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Street Parade 2010

The media presence at the this year was quite strong, after all the attention of the accident at the love parade, but there was not major accident, one guy fell of a love mobile, and a two other got into a fight. Compared to the size of the event (650’000 people this year), things went quite smoothly. On the other hand, the gods of weather did not, this year again, smile on the parade. Somewhere after the 10th love mobile drove by bellevue, the clouds stopped being threatening, and it rained.

Energy 2010 Logo

Besides the weather, you could feel that the city tried to constrain the party to the parade’s path: there was no scene inside the railway station, and all activity stopped at midnight. This year, I went to one after: Energy at Hallenstadion. This is a huge party that takes place inside a large hall designed by Bruno Giacometti. This year, there were around 10’000 people at the party. We arrived just in time for Tiësto, sadly we missed David Guetta. Two things struck me, first 8 bit sounds are definitely fashionable, second, the demo-scene had a visible influence on the VJ work. Some of VJ elements reminded me of the Mylène Farmer concert I went some time ago. In fact, Tiësto played one track of her. The party was nice, but I think going to the parade and then to an after is just beyond my energy levels after a week of work.

Gallery of (bad) iPhone pictures of the parade.

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Mac OS X 10.6 trackpad kanji input

Draw Kanji with your fingers / Dessiner des Kanji avec les doigts / 指で漢字を書く

Mac OS X 10.6 trackpad kanji input

Mac OS X 10.6で行われるノートパソコンはタッチパッドに指で漢字を書くことができます。「System Preferences」で中国語の「Trackpad Writing」を作動させて、ピン音のキーボードを選抜して、「Shift + Control」押せば書くのinterfaceを現れます。

On a laptop running Mac OS X 10.6, you can draw kanji with your fingers. In system preferences, activate the “trackpad writing” for chinese, select the pinyin keyboard and press ”Shift + Control” and the drawing interface appears.

Trackpad Input System Preferences

Sur un portable qui tourne Mac OS X 10.6, on peut dessiner les kanji avec les doigts. Dans les préférences système, activez l’option « Écriture sur le Trackpad » du chinois traditionnel, sélectionner le clavier « Pinyin » et enfoncez les touches « Shift + Control », l’interface d’écriture apparaît.

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La densité du cygne

Ce matin, en nageant dans le lac, j’ai été frappé par une chose: les oiseaux et mammifères nagent de manière fondamentalement différente. Un cygne est passé à côté de moi, lui nageait sur l’eau, je nageait dans l’eau. Si je ne fais pas l’idiot, je peux nager sans me mouiller les cheveux – ce qui quand on y pense, expliquerait l’absence de fourrure ailleurs – je ne suis pas tant un navire qu’un sous-marin avec ma tête en guise de périscope. Au contraire, le cygne nage en gardant non seulement sa tête, mais aussi son dos et même son croupion au sec. Même dans l’eau, on sent la différence entre créatures terrestres et créatures aériennes.

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Cover for Outliers –€“ The Story Of Success

Outliers

Outliers 
€“ The Story of Success 
 Malcom Gladwell

Outliers is one of those books I kept hearing praise of in the most varied circumstances, from colleagues to the newsletter I get from the Aikidō club, so it was time that I read it to figure out what it was all about. I’m usually wary of books that have “#1 international bestseller” written on the cover, but in this case, I think the praise is deserved, and I hope this was not only a book that was sold a lot, but also a book that was read a lot.

The catch phrase of the book is “the story of success” which is somehow misleading, because this is not a historical book. It is basically an essay about the circumstances of success. The author asserts that each time somebody is successful, the same story is told: the person was very gifted, worked hard, and the context beyond the direct family circle is ignored. This books looks into the context behind successes and shows two things: first that being gifted is not enough, a lot of work is necessary for reaching mastery, the author mentions 10’000 hours of work; secondly, the book shows many factors play a huge role in a success story, some of them circumstantial, some social, some cultural.

Outliers – The Story of Success
Malcolm Gladwell
Back bay Books
ISBN : 978-0-316-05628-1

out•li•er \-, lī(-ə)r\ noun

  1. something that is situated away from or classed differently from a main or related body
  2. a statistical observation that is markedly different in value from the others of the sample

While claiming that cultural background has an impact on the way people work might not be exactly politically correct, at the same time if you ever worked abroad or in an international company, it is quite obvious. I found the book refreshing because it tried to look at the issue in a constructive way. He also argues that being from a certain culture can be both and advantage and a handicap, depending on the circumstance.

One reason I like this book is that it has a good, broad overview, of many ideas on success, with a few practical examples. It also structured some thoughts, some observations I had made in my own life. When I lived in Japan, I was struck about the complexity of rice paddies, and it made sense that such a form of agriculture requires more cooperation, better structure than what is needed in western fields. The book goes into that exact subject, but with other conclusions. The 10’000 hours ideas also jives with my experience with computer programming, there is no such thing as a genius, but there are people with a lot of experience.

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Voir passer la mode

Givenchy over-the-knee boots Ⓒ Imaxtree

En tant qu’informaticien, mes interactions avec le mode sont assez similaires de celles des vaches avec les trains qui passent : je la vois passer, mais je n’ai pas d’envie particulière de la suivre. Si je ne peux pas affirmer que j’ai plus qu’une perception superficielle du phénomène, cela ne m’a pas empêché de développer une théorie sur la direction suivie. Comme je n’y comprends pas grand chose, je suppose qu’on peut dire que je suis parfaitement objectif.

Mon idée est que les créateurs de mode, ne créent pas réellement la mode, ils synthétisent des idées issues de communautés qui peuvent se permettre d’explorer la mode plus librement, n’étant pas contraint par ce qui a été acceptable dans les cinquante dernières années. Ces communautés sont un peu comme les gisements de pétrole, elles se développent de manière relativement indépendantes, ont leur propre culture (romans, bande-dessinées, films), et sont, à un moment, découvertes par les créateurs de mode qui en exploitent les idées et les injectent lentement dans la mode en les rendant plus acceptables socialement.

Le premier gisement qui a été exploité de mon vivant est le monde fétichiste/cyberpunk. De nombreux vêtements de cette mode sont à présent devenues mainstream : les adolescentes portent des pantalons en latex, les collections des grand créateurs parisiens contiennent des bottes cuissardes, un magasin de corset à ouvert pas loin du boulot. Bref, ce gisement est presque épuisé : les talons ne peuvent pas raisonnablement monter plus haut.

Harajuku Styles

Le second gisement est Harajuku. Ce quartier de Tōkyō est le centre de la mode jeune de la ville et un endroit où il est acceptable et traditionnel pour les jeunes gens d’apparaître dans le tenues les plus variées: loli-goths, cosplay, une mine d’idées vestimentaires dont on retrouve les éléments dans les clips de Gwen Stefani ou même Lady Gaga. La mode des jambières de ballet tricotée portées en dehors du contexte de la danse est typiquement une idée issue de Harajuku. Au fur et à mesure que le poids économique de la mode se déplace vers une population jeune et asiatique, je pense que ce gisement gagnera en importance.

Steampunk USB Key

Basé sur ces observations, je me suis demandé ce que serait le prochain gisement. Quelle communauté est en train de faire des costumes, des vêtements avec énergie ? De ce que je vois sur les différents flux RSS que je suis (notamment boing-boing) la mouvance Steampunk me semble un bon candidat. Comme dans les deux cas précédents une mouvance littéraire s’accompagne d’une esthétique propre, avec en corollaire des costumes. Il y a naturellement une continuité, Harajuku a repris des éléments fétichistes, et le Steampunk reprend des éléments victoriens des Loligoths.

Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est que la mouvance cyber-fétichiste a donné ses lettres de noblesses au étoffes synthétiques, la mouvance steampunk intègre la technologie (dans une forme romantisée) : notamment des clefs USB magnifiques.

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