Grenade Thermale

Grenade Thermale - Première Page ⓒ Le Grümpf

Il y a quelque temps, Alias a fait quelque chose de rare, il a cité un scénario Rêve de Dragon dans son blog. Il s’agit du scénario Grenade Thermale écrit par le Grümpf, ce qui m’a beaucoup intéressé : j’aime beaucoup ce jeu, et le matériel pour celui-ci se fait très rare. Après avoir téléchargé le PDF du scénario, j’ai réalisé deux choses, Alias avait été intéressé que par la structure, et il ne s’agit pas d’un scénario pour Rêve de Dragon cano­nique, mais une version de l’univers qui serait arrivé au cinquième âge (par opposition au troisième du jeu), le scénario est écrit avec le système « Métal » qui si j’ai bien compris est celui de la nouvelle version du jeu Bloodlust.

Ce qui suit est une sorte de critique du texte en question, je suis le premier à admettre qu’il me manque des éléments pour juger. L’univers de jeu est décrit sommairement en début de scénario, et je ne connais pas le système de jeu (j’ai joué une fois à Bloodlust à sa sortie, et c’était il y a longtemps). D’un autre côté, je suppose que si ce scénario est publié, c’est pour être lu et utilisé. La bonne nouvelle, c’est que le scénario peut parfaitement être adapté comme un scénario Rêve de Dragon classique – il suffit simplement de changer l’introduction et d’adapter un peu la fin qui à mon avis implique des machines/magies trop puissantes. Évidemment la question que je me pose, c’est pourquoi présenter une variante d’univers si ça n’a pas l’air d’avoir d’impact majeur sur le scénario, je suppose que c’est une question de style.

Pour résumer, le troisième âge s’est terminé pour les mêmes raisons que le second (haut-rêvants, sauf que dans ce cas ce ne sont que les thanataires) et a été suivi par un âge technologique (l’âge des cités) encouragé par l’absence de magie et de déchirures. Sauf que les haut-rêvants de thanatos avaient survécu entre les rêves (mais pas dans les limbes ?) et finissent par quand même causer un nouveau changement d’âge. Le cinquième âge voit le retour des déchirures et de la magie, mais la technologie et les organisations de l’âge précédent perdurent, l’humanité est menacée par les cyanoférox qui cherchent à la réduire en esclavage.

Je dois dire que j’aime bien l’idée de faire une version steam-punk de Rêve de Dragon, mais je ne suis pas vraiment convaincu par la manière. D’abord je n’aime pas toute la polarisation que les changement d’âge induisent, Rêve de Dragon n’est pas un jeu défini par un affrontement de l’ombre et la lumière. Les haut-rêvant thanataires ne sont pas une force organisée, mais juste une expression d’une manière de faire la magie, les différentes créatures d’outre-rêve suivent leur logique propre. Il y a bien assez de jeu manichéens sur le marché. Je ne suis pas réellement convaincu par les changements d’âge, d’abord parce que du point de vue narratif ils n’apportent rien, on répète l’histoire des âges précédents : méchants haut-rêvants, réveil. À mon avis, les changements nécessaires pour pouvoir jouer dans un univers steam-punk sont les suivants : rien. Pourquoi ne pas simplement dire qu’il existe un coin de rêve qui correspond à la description de l’univers du texte ? La technologique s’est développée et il y a eu un grand chamboulement qui fait que ces rêves sont à présent en chaos et souffrent des assauts des cyanoférox. Lorsque l’univers est infini et la notion de temps élastique, même une part de l’univers est infinie…

Pour en revenir au scénario, les joueurs sont censé faire partir d’une organisation nommée Wagon Rouge, qui est grosso-modo le Trauma Team de Cyberpunk (avec des trauma-cards magiques). Cet aspect n’est important que pour la première scène, où les personnages sauvent le père, et sont chargés de suivre le fils qui s’est enfui à travers une déchirure. À partir de là, on se retrouve en terrain classique pour Rêve de Dragon : les voyageurs débouchent dans une ville à thème, ils y sont traités comme s’ils étaient contagieux, ils ont ensuite un rêve prémonitoire (pas d’archétype) et doivent éviter la destruction du rêve causé par une machine magique. J’ai trouvé la ville originale, mais le scénario un peu simpliste, je regrette un peu que la résolution finale, qui est sympathique, nécessite un gros deus ex-machina, personelement j’ajouterai un PNJ ou des indices (des rêves) pour que le personnages-joueurs puissent arriver par eux-même à cette conclusion.

En conclusion un scénario qui a du potentiel, mais un univers qui est à mon avis superfétatoire, surtout au vu du scénario, tout ce background ne sert qu’un peu pour les deux première scènes et pour le deus ex machina de la scène sept. Quand à la structure, c’est vrai qu’elle rend le scénario facile à lire, mais je trouve qu’elle écrase un peu les liens entre les scènes.

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Communiquer avec la bête

J’ai trouvé récemment une bonne définition pour exprimer ma position religieuse : ignostique. En résumé c’est la position que la question de l’existence de dieu n’est pas posée suffisamment clairement pour qu’on puisse discuter d’une réponse.

Une question que je trouve plus intéressante, c’est celle de l’existence de l’humanité. Les petits malins me feront remarquer qu’on est assez sûr qu’elle existe. Je ne suis pas si sûr. Je ne dispute pas le fait qu’il y a plein d’humains sur terre. L’humanité en tant que concept existe, mais est-ce qu’elle existe en tant qu’entité ?

Le cortex cérébral d’un chat a 300 millions de neurones, celui d’un chimpanzé 6 milliards, celui d’un humain 11. Si on considère chaque humain comme un neurone, l’humanité en tant que réseau est passé de la complexité du cerveau de chat à celle du cerveau d’un grand singe durant les mille dernières années. Le système de communication entre les nœuds s’est lui aussi développé de manière considérable : il y a présent plus de quatre milliards de téléphone mobiles.

L’analogie entre un humain et un neurone est naturellement très problématique. Les deux sont des entités qui reçoivent des informations et en émettent d’autres en réaction. Au delà, les choses deviennent compliquées, le mode de communication est différent, la logique aussi, mais il y a quand même des points communs : les deux réseaux fonctionnent de manière massivement parallèle, et engrangent les informations de manière holographique, c’est à dire que toutes les informations sont distribuées dans le réseau.

La question de savoir si l’humanité possède une certaine intelligence ou même si elle est consciente (en admettant que cette notion ait un sens à cette échelle) pose une question plus pragmatique, comme diable communiquer avec cette entité. Même si mes neurones étaient intelligents ou conscient, je ne serais pas capable de communiquer avec eux.

Pourtant si on y réfléchit, qu’est-ce que la démocratie que le fait de poser une question à la totalité ? La démarche n’a de sens que si on assume que la totalité a une réponse. Le mécanisme me paraît très grossier, dans le sens que la totalité a probablement une position plus complexe et riche que ce que permet d’exprimer un bulletin de vote.

Des projets comme la wikipedia ou même le mécanisme d’Eigenvalue utilisé par les moteur de recherche sur internet suivent ce principe de poser une question à la totalité. Comme ces systèmes permettent des réponses avec beaucoup plus de dimensions, les résultats sont aussi beaucoup plus concluants.

Internet semble être un champ d’expérimentation très fertile dans cette direction : le crowdsourcing, l’émergence de phénomènes distribués comme anonymous sont autant d’indices qu’il se passe quelque chose à ce niveau…

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Une belle salle communale

Salle Communale Bülach

Hier deux de mes amis se sont mariés. La cérémonie a eu lieu dans la salle communale de Bülach, qui a été construite en 1673. La salle ou a eu lieu la cérémonie est resté en l’état original : tous les murs sont couverts de panneaux de bois travaillé, il y a un magnifique poêle en céramique et les fenêtres sont des vitraux représentant les armoiries des conseillers communaux. Ce fut une très belle cérémonie.

Salle Communale Bülach - Buffet

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