Le florilège du jet prismatique excellent…

Couverture du supplément Dying Earth «Le Florilège du Jet Prismatique Excellent tome 2» ⓒ Oriflam

Dying Earth est un de ces jeux de rôles que j’adore, mais que je doute jamais pouvoir faire jouer, faute de joueurs ayant les bonnes propensions. Néanmoins c’est un jeu pour lequel j’achète volontiers du matériel. À cela plusieurs raisons, d’abord ils sont d’une lecture fort agréable. Ensuite le jeu de rôle et ses suppléments sont une mines d’idées de jeu. Appliquer ces idées à d’autres jeu de rôle surtout lorsqu’ils ont une très forte inspiration Vancienne comme Rêve de Dragon.

J’ai donc acquis les deux premiers tomes du florilège du jet prismatique excellent. Il s’agit de suppléments d’une quarantaine de pages contenant de courte scénarios, généralement accompagné de description de lieux. Les scénarios sont très variés, allant d’intrigues de conseils de magiciens de haut niveau affrontant les périls de dimensions maléfiques jusqu’aux tentatives de se soustraire à la justice d’aventuriers dont le chance à tourné.
J’aime beaucoup ce format car il permet de présenter une bonne demi-douzaine de scénarios par livret, en donnant l’essentiel: intrigue, personnages, description générale du décors. Foin de plans millimétriques, et de fiche détaillées, mais quelques notes de bas de pages amusantes et les inévitables phrases à tenter de caser dans le jeu telles que «D’autres, moins vertueux que moi, pourraient conjecturer que cette situation offre la possibilité de privilèges personnels sans précédent.»

Si j’ai trouvé la lecture du texte moins fluide que le livre de base, elle reste agréable. De plus, tout texte qui me pousse à prendre un dictionnaire pour découvrir des mots dont j’ignorais la signification est une bonne chose.

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De la nourriture dans les sociétés imaginaires.

Un des aspect souvent négligés dans la création d’une société imaginaire est la nourriture, ou plutôt la production de celle-ci. C’est pourtant un aspect capital de toute forme de vie, et quelque chose de non trivial dans un univers médiéval ou post-apocalyptique. C’est aussi quelque chose qui influence profondément la société : plus l’agriculture pratiquée requiert des infrastructures lourdes, comme de l’irrigation et du terrassement, plus la société sera structurée. À l’opposé une société basée sur l’élevage extensif sera beaucoup plus libre et anarchique. De même la capacité à produire beaucoup de nourriture est un facteur de puissance, surtout dans un monde à basse technologie.

Malgré cela c’est un élément qui souvent négligé, voire ignoré. Le jeu Animonde ne contenait pas la moindre mention d’agriculture, ironique dans un univers de basse technologie ou manger de la viande est un crime grave. Ce n’est pas un cas isolé, le jeu de rôle regorge de villes assiégées en permanence sans source de nourriture, de vaste plaines pouvant supporter des hordes de pillards, d’amérindiens ou d’elfes se nourrissant de chasse et de cueillette. Au delà de l’irréalisme qui peut en irritier certains, négliger ce facteur revient à ignorer une source de diversité culturelle qui donne de la richesse à un univers.

Prenons, au hasard, un univers de science-fiction ou la nourriture peut-être générée artificiellement. Admettons que le processus de fabrication requière de la matière organique (bois, herbe, déchets organiques) de l’énergie et produise une matière nutritive. Cette matière nutritive n’imite pas la texture des aliments naturels, mais permet de produire poudres de fausse farines et du faux lait. Admettons que le processus requiert une usine de taille moyenne et que la technologie est rodée et existe sous une forme ou une autre depuis plus d’un siècle dans l’univers, de même l’énergie nécessaire est raisonnable – dès le moment ou on parle de vaisseau hyper-spatial, la plupart des consommation d’énergie deviennent raisonnables…

La première constatation c’est que les campagnes vont être largement vides, vu que la base de la nourriture peut-être produite en ville. Vu que la base de la nutrition peut-être fabriquée en usine, l’agriculture va se concentrer sur les à côtés qui donnent du goût : épices, légumes. Comme les quantités requises sont bien moindres, ces cultures peuvent largement être faite en milieu urbain ou sub-urbain. De même l’élevage de poulets et de cochons requiert relativement peu de place.

Le paysage va donc se retrouver passablement changé. La plupart des campagnes redeviennent des plaines ou des forêts. Ce milieu aurait d’ailleurs tendance a être encouragé, vu qu’il produit plus de matière organique. Le territoire n’est plus une surface, mais une série de centres urbains reliés par des voies de communication.

La seconde constatation c’est qu’il suffit d’une source d’énergie pour vivre de manière autonome. L’énergie est donc la resource centrale. Doté d’une génératrice, une secte peut vivre en isolation, une unité militaire agir indéfiniment. À son tour cela signifie que ces groupes doivent maintenir le savoir faire et le personnel pour maintenir cette source d’énergie. Faute de cela, ils sont à la merci de la première panne.

La disparition de l’agriculture comme source de nourriture représente un profond changement culturel, semblable à au passage de la chasse ou l’élevage à l’agriculture. Elle requiert comme l’agriculture par rapport à la chasse une plus grande infrastructure, et une société plus complexe. Le rapport à la nourriture est probablement en train de changer, dès le moment ou la nourriture est synthétique, elle peut être n’importe quoi, et non plus se limiter à imiter des aliments existants. Ce genre de changements peut se faire relativement rapidement : la pomme de terre a été introduite en 1785, un siècle plus tard elle s’était imposée, et elle se retrouve aujourd’hui dans de nombreux plats traditionnels.

Au niveau plus global, cela signifie que la limite de population de la terre est sérieusement plus élevée. Une éventuelle colonisation extra-planétaire sera donc plutôt motivée par des raisons politiques, ou le besoin d’autres resources, comme par exemple des sources d’énergie.

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L’odeur de la terre après la pluie…

Je suis quelqu’un qui est très sensible aux odeurs. Cela ne veut pas dire que je sois un nez ou que sois facilement dégoûté, simplement que je remarque très facilement les odeurs et que c’est pour moi une information importante. Le grand problème pour discuter d’odeurs est le manque de vocabulaire, comment parler de l’odeur de la terre après l’orage ? Aujourd’hui j’ai appris qu’il existe un mot pour cette odeur : petrichor. J’ai trouvé ce mot par le biais d’un blog sur la langue française, le garde-mot. Il s’agit en fait du nom de la substance libérée par la pluie sur la terre sèche.

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