Le site RSA a un petit film sur la renaissance du XXIe qui est très intéressante. Si je ne suis pas entièrement convaincu, je trouve les questions soulevées fascinantes et le style, une voix avec des dessins qui illustrent ses propos me semble très puissant. Une image qui m’a marqué est celle du conscient comme le cavalier de l’inconscient représenté comme un éléphant. Je doute que cette métaphore ait été inventé pour ce film, mais je la trouve très pertinente : le rapport de masse est clairement en défaveur du conscient, l’éléphant est une créature avec son inertie et ses propres motivations.
Une fois l’existence de l’éléphant acquise, on peut ramener beaucoup de nombreuses activités à de la gestion d’éléphant. La gestion d’équipe semble beaucoup tourner autours du fait que les éléphants viennent eux aussi aux meetings et veulent donner leur avis, il est malheureusement impossible de leur faire quitter la réunion. De même une grande partie du travail sur soi me semble pouvoir se résumer à « domestiquer son éléphant » et des exercices comme la méditation prennent leur sens, ce n’est pas en pensant plus qu’un réalise lesquelles de ses pensées viennent de l’éléphant, mais en pensant moins. Si on ne pense plus, seul l’éléphant s’exprime, et il ne peut plus se cacher. Le sport est aussi une manière de découvrir son éléphant, car ce sont des activités où il ne peut rester discret.
En fin de compte l’intérêt de l’aikidō pour moi, c’est que c’est une manière de danser avec mon éléphant et celui de mon partenaire. Avec le paradoxe que l’éléphant est très au clair sur la gestion du corps, mais pas sur le combat efficace. Il faut donc l’écouter pour un aspect, et l’ignorer pour un autre.
The next book in my stack of books to read was “The Teacher’s Briefcase” by Hiromi Kawakami. I read the french translation. I book tells the relationship between a retired teacher and a student that became adult. I really liked the fine style and the gorgeous descriptions. In my opinion the translation work was not good.
Sur ma pile de livres à lire, le suivant était « Les années douces » de Hiromi Kawakami. Ce livre raconte la relation entre un enseignant à la retraite et une étudiante devenue adulte. J’ai beaucoup aimé le style fin et les descriptions magnifiques. À mon avis, la traduction était mauvaise.
J’ai retrouvé dans les années douces, la tension entre le désir et l’acte, le poids des non dits qui semblent être la caractéristique, ce roman est à mon avis celui où la tension est rendue de la manière la plus délicate, même si l’action progresse lentement, le texte n’est jamais ennuyeux. Les descriptions de la vie de tous les jours, des multiples repas qui sous-tendent la relation sont tellement à propos que la lecture m’a donné faim, mais c’est aussi celles qui à mon avis ont le plus souffert de la traduction.
Durant la lecture, je me suis retrouvé plusieurs fois à faire l’exercice de la dé-traduction, essayer de traduire le texte dans mon maigre japonais pour voir si je comprenais mieux. Parfois la traductrice remplace certains termes par une approximation en français (nattes de jonc pour tatami), parfois elle laisse le mot japonais. Dans un cas, la note de bas de page indique qu’elle ne sait pas si un nom de poisson japonais correspond à l’omble en français.
Les années douces Hiromi Kawakami Picquier Poche ISBN : 978-2877307659
Si ces problèmes ne sont pas tragiques – et je suis le premier à admettre que traduire un tel texte est réellement difficile – ils ont quand même taché un texte qui est à mon avis exceptionnel. Malgré cela, je pense que c’est un très bon roman dont je recommande la lecture.
J’ai profité d’un peu de temps libre ce dimanche pour lire un petit livre sympathique, Le Victome Pourfendu d’Italo Calvino. J’avais lu Si par une nuit d’hiver un voyageur il y a plusieurs années, et je l’avais adoré. J’ai trouvé que la différence d’âge entre les deux textes se sent assez clairement. Le style dans le Vicomte est plus jeune, plus clair, plus tranché, même si la narration est faite par un adolescent candide, le texte a une dimension morale et satirique claire.
L’histoire à proprement parler est assez simple : dans une Europe où se jouxtent le capitaine Cook, les Huguenots et les croisades, un jeune vicomte est gravement blessé, et ce n’est littéralement que la moitié d’un homme qui revient. Hors c’est moitié est mauvaise, et sème peur et destruction dans le domaine. Finalement, l’autre moitié, la bonne revient, mais elle ne fait qu’empirer la situation. Il faudra attendre que les moitiés soient jointes à nouveau pour la paix revienne. Naturellement, on réalise que c’est tout l’univers autours des deux demi-victomtes est tout aussi polarisé que eux.
Le Vicomte Pourfendu Italo Calvino Livre de Poche ISBN : 978-2-253-02985-4
En conclusion, avec 120 pages, c’est une lecture sympathique pour un dimanche au bord du lac, et peut-être une inspiration fantastique.
One event I never missed while living in Zürich is the Bünzli in Winterthur. This is the only demo-party in Switzerland, and always fun. This year was a little bit special, as it was the last time at this particular location, the Kirchgemeindehaus in Winterthur. As usual, the most awaited demos where the overhead project (OHP) ones, with lots of complicated moire effects, chemistry and flames. This year the most exciting thing for me was that Angel from Calodox released a game: Biolite. This is basically a rewrite of the 96K game released at the 2006 breakpoint, this time with nice 3D graphics.
The game features a 3D planet where plants fight for dominance. The goal of the game is to expand on the surface of the planet, tree with many leafs collect the sun’s energy, while plants with fruits let you store it. Killing the opponent’s plant requires energy, and so does planting need seeds. The game also lets you customise the planet’s structure and appearance. The game uses the irrlicht library and runs on Windows, Mac OS X and Linux. I will put a link to the various binary files once the final version is released. The files for the released version can be downloaded from the bünzli site.
Le livre suivant dans ma pile de lecture était sex@mour de Jean Claude-Kaufmann, qui traite, comme son titre peut le laisser soupçonner, d’amour et de sexe sur internet. Si le sujet est intéressant, j’ai trouvé le style d’écriture assez lourd, avec un style académique et ronflant, sans pour autant que le texte soit étayé par des faits, des statistiques ; dans ce livre, on trouve surtout des anecdotes. L’auteur ne semble pas visiblement réellement impliqué dans la problématique, mais ne se prive pas pour autant de juger.
Même si le texte est court (200 pages, écrit gros), j’ai quand même eu largement le temps de m’ennuyer, entre le va et vient de l’auteur entre le contexte historique et le monde actuel, ses répétitions, et le fait que j’ai eu pas mal de peine à accorder de l’autorité à l’auteur sur les deux sujets qui semblent être le centre du livre, les jeunes femmes et internet.
Sur ce dernier sujet, Jean Claude Kaufmann semble être peu au clair, il utilise parfois blogs, forums, site de rencontres de manière interchangeable. Il ne semble pas non plus avoir décidé si internet offre un anonymat ou non, vu qu’il semble affirmer les deux hypothèses en parallèle, selon les besoin du chapitre. Je peux comprendre qu’il ne fait que narrer une perception sociale de la chose, mais j’ai trouvé qu’il n’a pas fait le moindre effort pour lever l’ambiguité. Peut-être que je ne comprend juste pas la sociologie…
La thèse centrale du livre c’est qu’il existe une tension entre le sexe et l’amour, et qu’entre internet et la révolution sexuelle des années 60, la situation a été passablement chamboulée. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est qu’au sein même des sites de rencontres, deux tendances anciennes s’affrontent, d’un côté les partisans de la sensation, de l’autre, ceux qui veulent des règles, des rituels, permettant de civiliser le processus. Les premiers se retrouvent enferrés dans une course à la sensation, les seconds n’ayant ni consensus ni autorité, ne parviennent jamais à s’entendre sur la portée et le sens des codes, qui se retrouvent réduit à deux points fixes : le premier et le dernier verre.
Le premier chapitre m’a frappé, principalement à cause du fait que la problématique centrale pouvait se résumer à un acronyme : IRL (In Real Life. Le texte explique de manière assez ardue la transition entre des interactions virtuelles et le contact réel, le fait que les attentes sont toujours faussées, et qu’il faut un rituel, un consensus social pour recommencer la relation dans le nouveau mode. Si on enlève la question sexe/amour de l’équation, c’est quelque chose qu’ont toujours dû gérer les groupes dispersés qu’ils soient hackers, ou correspondants épistolaires. Visiblement cette transition pose à présent problème à une population plus grande.
Une question qui n’est d’ailleurs pas du tout abordé dans le livre est celles des jeux de rôle massivement en ligne (plus communément appelés Morpeug) qui sont des réseaux sociaux et aussi des terrains de chasse très grands. Si des sitcoms grand public comme Plus belle la vie traitent du sujet, je pense qu’on peut considérer qu’il est du domaine de la sociologique. Si le livre était paru il y a quelques années, je n’aurais pas tiqué, mais pour un ouvrage sorti en 2010, cela me semble une omission ennuyante, car la distanciation virtuel-réel est encore plus grande.
Sex@amour Jean-Claude Kaufmann Armand Colin ISBN : 978-2-200-24841-3
En conclusion, je dirais que c’est un recueil de témoignages intéressant qui aurait gagné à être mieux synthétisé, et qui laisse une impression d’anecdotes superficielles. J’ai regretté que l’auteur ne soit pas allé plus loin dans les mécanismes, les tendances, plutôt que de porter des jugements qui ne sont pas particulièrement intéressants.
J’écoute de plus en plus de la musique trip-hop. Si j’ai déjà écrit des billets sur divers albums que j’ai acquis, je réalise que j’achète de plus en plus des morceaux isolés, et écrire un billet par morceau me semble une perte de temps. Plutôt que d’essayer d’expliquer divers morceaux que j’aime, j’ai créé à titre expérimental, un iMix iTunes appelé 夢 (rêve) avec différent morceaux que j’aime bien. Normalement cela devrait permettre aux gens de se faire une idée facilement.
Jass is the most famous card-playing game in Switzerland. Some say it could be the ancestor of the US game of Pinochle. In the east part of the country, people play with cards that are different from those of the rest of Europa. There is no queen, but two jacks: a knave and a squire. The colors are also different, there a no hearts or spades, instead the four families are bells, flowers, shields and acorn. I find those cards beautiful.
Le Jass est le jeu de carte le plus populaire en Suisse. Les règles sont proches de celle de la Belote. Dans la partie est du pays, le jeu est pratiqué avec des cartes différentes du reste de l’Europe. Il n’y a pas de reine, mais deux valets, celui du haut et celui du bas (proche des cavalier et pages du jeu du tarot), les couleurs ne sont pas cœur ou pique, mais clochette, fleur, blason et gland. Je trouve ces cartes très belles.
The media presence at the Street Parade this year was quite strong, after all the attention of the accident at the love parade, but there was not major accident, one guy fell of a love mobile, and a two other got into a fight. Compared to the size of the event (650’000 people this year), things went quite smoothly. On the other hand, the gods of weather did not, this year again, smile on the parade. Somewhere after the 10th love mobile drove by bellevue, the clouds stopped being threatening, and it rained.
Besides the weather, you could feel that the city tried to constrain the party to the parade’s path: there was no scene inside the railway station, and all activity stopped at midnight. This year, I went to one after: Energy at Hallenstadion. This is a huge party that takes place inside a large hall designed by Bruno Giacometti. This year, there were around 10’000 people at the party. We arrived just in time for Tiësto, sadly we missed David Guetta. Two things struck me, first 8 bit sounds are definitely fashionable, second, the demo-scene had a visible influence on the VJ work. Some of VJ elements reminded me of the Mylène Farmer concert I went some time ago. In fact, Tiësto played one track of her. The party was nice, but I think going to the parade and then to an after is just beyond my energy levels after a week of work.
Mac OS X 10.6で行われるノートパソコンはタッチパッドに指で漢字を書くことができます。「System Preferences」で中国語の「Trackpad Writing」を作動させて、ピン音のキーボードを選抜して、「Shift + Control」押せば書くのinterfaceを現れます。
On a laptop running Mac OS X 10.6, you can draw kanji with your fingers. In system preferences, activate the “trackpad writing” for chinese, select the pinyin keyboard and press ”Shift + Control » and the drawing interface appears.
Sur un portable qui tourne Mac OS X 10.6, on peut dessiner les kanji avec les doigts. Dans les préférences système, activez l’option « Écriture sur le Trackpad » du chinois traditionnel, sélectionner le clavier « Pinyin » et enfoncez les touches « Shift + Control », l’interface d’écriture apparaît.
Ce matin, en nageant dans le lac, j’ai été frappé par une chose: les oiseaux et mammifères nagent de manière fondamentalement différente. Un cygne est passé à côté de moi, lui nageait sur l’eau, je nageait dans l’eau. Si je ne fais pas l’idiot, je peux nager sans me mouiller les cheveux – ce qui quand on y pense, expliquerait l’absence de fourrure ailleurs – je ne suis pas tant un navire qu’un sous-marin avec ma tête en guise de périscope. Au contraire, le cygne nage en gardant non seulement sa tête, mais aussi son dos et même son croupion au sec. Même dans l’eau, on sent la différence entre créatures terrestres et créatures aériennes.